‹ Histoire de RoyaumontChapitre 212 sur 263 · LIVRE QULNZIÈMli · texte numérisé non relu

LIVRE QULNZIÈMli

(il y en avait neuf) du château; 2"* M.Piébaud, que Ton - conduisit en 1795 en élégant cabriolet, à Chantilly, pour la guillotine, et qui fut ensuite épargné; 5^ les dames de

Boiui rain qui occupèrent le royal manoir vers l'annéo 1816; 4** M. Joseph-Etienne de Jony, littérateur très-connu, académicien, publiciste, défenseur des idées libérales et des opinions voltairiennes sous la restauration, dont les succès avaient commencé avec les opéras de la Vestale^des Amazones, et de Gmllamie Tell, qu'il donna avec la musique de Spontini, de Chérubini, et do Rossini. Jeu capricieux du temps, qui transférait le domaine d'un prince plein de foi, à l'auteur sceptique de VUrmiie de la chaussée d^Antin , de ces légères et spirituelles esquisses de mœurs parisiennes, qui excitèrent en leur temps d'une manière si vive la curiosité publique; S*» après M. de Jouy, c'est M. (i'Adhénmr qui posséda le chàlcau de h Reine-Blanche ; ^ 0° enfin il est passé de nos jours à madame la baronne Molitor , qui en est le propriétaire actuel.

Il était justç que ce château historique eût la bonne fortune d'attirer des habitants ayant le goât du noble et le respect des pieux souvenirs. Ne serait-il pas triste de voir végéter sous lo toil qui abrita saint Louis et Blanche de Caslille, de triviales natures, des mœurs médiocres ou des âmes n'ayant plus ce sens délicat et profond de la vieille foi de nos pères? Nous devons tous applaudir k cet 'effort universel qui élève la condition de tous et tend ù réaliser l'égalité des droits dans toutes les classes de la société. Nous devons nous réjouir de voir grandir le nombre des citoyens plus instruits, mieux vêtus, mieux nourris. Mais que, de toute part, s'élève une voix disant que résoudre les questions économiques et sociales^ ce n'est pas tout résoudre I II faut que la population des ateliers et des chaumières, en voyant la population des châteaux

* Madame de Jouy moin lU vors 183'2. Sa tombe est dansrancien cimelièrct prés de Tune des portes de l'église d'Asnières-sur-Oise.

HfSTOÎBE DE BOYAUMONT.

s'envelopper de réserve mystique, s'imposer certains respects de la conscience, vénérer certaines traditions du passé, se disent : Il ne suffît pas de féconder le principe de rassociation et de la couronner par la coopération, il ne suffît pas de s'élever matériellement et socialement, si on doit s'abaisser dans Tordre supérieur de l'exislence, si on doit oublier ce qui fait ia grandeur de l'individualité humaine. Aussi Tentente des progrès modernes, la tolérance, le goût des choses intellectuelles jointes au sens chrétien se sont réfugiés aujourd'hui dans le château de la Reine-Blanche. L'esprit y est en lioiuicur, comme du temps de. M. de Jouy, alors que M. deNorvins, l'auteur de V Histoire de Napoléon, venait y partager l'hospitalité de son spirituel ami. Le château, qui n'a plus sa sombre physionomie féodale, a gagné en élégance. La vue y est splendide. En regardant successivement dans la direction de rabbayc on du cùlé de i Oibi% tin l'oi ( niix-Anglnis et des plaines de lioran, on y est comme enveloppé de suaves émanations du treizième siècle et de saint Louis.

Le fief qui était l'ancien hôtel seigneurial d'Asnières, qu'on appeUaît le peîU Royaumont^ est situé à peu de dislance du château de la Reiiic-Blanclic. L'hôtel seigneurial est aujourd'hui a un membre distingué du corps législatif, au beau -père de M. Emile Pereire fils, au IVère de l'économiste, M. Michel Chevalier. Les habitudes de l'antique hospitalité du treizième siècle y fleurissent encore* avec une grâce nouvelle. Avant M. Auguste Chevalier, riiôtel seigneuiial était l'habitation de campagne d'un grand seigneur rus^e, du prince Labanoff, amateur passionné, paraît-il, de recherches et de notes inédites sur le compte de l'infortunée Marie Stuart. Si le prince Labanoff qui a mis tant de patience à consulter les bibliothèques de l'Europe en vue de la reine d'Écosse S est celui-là même

* M. Philarcte Cliasîes dit un mot des i echerches du prince Libanofl, dans ses Eiude* ik critique historique et liltéraîre.

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