‹ Histoire de RoyaumontChapitre 218 sur 263 · LIVRE QUIiNZlKM · texte numérisé non relu

LIVRE QUIiNZlKM

chant à un commencement de démolition^ avait à peine achevé de classer dans Tancien monastère des Pelits- Augustins les statues et les tombeaux piovtMi.iiit de Sainte-Geneviève, de Royaurnonl, de Saint-Germain des Prés, des Cordeliers, etc., lorsqu'une ordonnance du 14 décembre 4816 prescrivit la restitution de ces monuments et de ces tombeaux aux églises qui les avaient possédés. Ainsi revinrent à Saint -Denis les mausolées de Royaumont, auxquels on assigna un asile dans les galeries et dans les chapelles de la crypte. On demeura plus de vingt ans sans remettre les choses en place; et, comme on s*aperçut des ravages >que l'humidité de la crypte exerçait sur la pierre et sur le marbre, un vœu fut exprimé vers 1860 pour empêcher de se consommer la destruction des monuments et pour les rétnhlir dans l'c^ii^r liaule*. Les tombeaux des ertfnnts do saint Louis sont en effet aujourd'hui 4ans Tégiise de Saint-Denis et à la partie haute. On a placé dans. le sanctuaire ( première travée de Tabside) en face du monument de Dagobert, un petit tombeau semblable à celui qu(^ les deux enfants de saint Louis, Jean etlilanclie, avaient dans ré*:lise abbatiale de Royaumonl. Deux niches ogivales en pierre juxtaposées, dont la décoration se complétera plus tard en peinture, abritent les tombes en cuivre émaillé du jeune prince et de sa soeur, précieux exemple de ces œuvres d'émaillerie limousine qui sont devenues si rares depuis qur 1;) révolution a envoyé à la foute les nombreuses plaques luiiérnires du même genre qui existaient en France. La tombe du prince était assez bien conservée; celle de la princesse, au contraire, avait éprouvé de graves mutilations^.

* Yoij. Travaux de Hlf. de Guilhenny et ViolleULeduc.

* On vif'iit de restaurer ces deux tntiibos. Dos gravures représentent la Xùxnha de Jean, telle qu'elle était nvant la ré|>aratîon- Des émaux coulés entre des lllels de cuivre j^une des^ineuL des enroulements de bon style. Les rinceaux, courant sur un'fond bleu, se terminent jiar des fleurs nuancées de vert blanc, de rmi|re, et d'atur. De deux figures accessoires d'anges

C'est dans la chapelle Sainl-Hippolyte qu'on peut voir les beaux mausolées de Philippe, frèrè de saint Louis, de

Louis, fils aillé de saint Louis, et ceux de Louis et Philippe, fils de Pierre, comte d'Alençon, tels qu'ils étaient au treizième siècle dans la belle église de Royaumont. On a exécuté récemment avec soin la restauration de ces monuments coloriés, en se guidant sur des documents au* thentiques.

Lorsque les deux tombeaux en pierre de Philippe et de Louis, fils aîné de saint Louis, Qrnaient réf^lise abbatiale de Royaumont, ils étaient complètement peints, et Milliii vante l'éclat de Toutremer dont Fenlumineur s'était servi pour préparer les bleus et qui avait conservé une frat cheur extraordinaire. On restaura la sculpture de ces tombeaux après leur rétablissement à Saint-Denis; la peinture ancienne eut à disparaître sous une couche nouvelle; mais le revêtement moderne n'avait pus la consis* tance de la peinture du treizième siècle, puisque après une durée de trente ans à peine, on constatait que la pein« ture nouvelle s'en allait déjà par morceaux ^ Heureusement il a été paré en ces tlcrniers temps à un inconvénient considérable. En adossant les luoiiuinents à des murs, on les avait privés d'une partie de leur ornementation ; aujourd'hui ils sont isolés dans la chapelle de

et de quatre figures de rclipcux, il ne restait plus que les silhouettes. L'effifîie du prince, en fort relief, occupe le milieu dçîa plaque. Le cercle, qui forme couronne, est semé de points tileus; les yeux sont incrustés d'émail blanc avec la prunelle en noir; le sceptre est fleurdelisé; la robe est blasonnée de France et de Castille; la chaussure esl décorée de cercles et (le ([uatre feuilles. Un lion, pri^l -i se metlre en mnrche. est sous les pieds de l'enfant. Les leUres de 1 épitaphc sont incrustées en email rouge. La bordure comprend phisiciu's écussons armoriés.

La liMnbe de Blancbe est à peu prés semblable à celle de 9on frère ; mais il a fallu en rétablir à neuf la majeure partie, .^insi. la fipurc principale n'avait plus de tête; il ne restait qu'une des plaques du ioiid ul une portion de l'encadrement. [L Eglixe impériale de Saint-Denis et sex lornbeausc. Paris, 1861.)

* Voy. Monographie àe f église reyate de StlhU- Dénie, par le baron de Guîlhermy. Paris, IStô, p. 240.

LIVJIË QUINZIEME. ' m

Saint-Ilippolyle; les statues du frère et du Iris ainé de saint Louis sont couchées sur des tombeaux revèlus d'une

arcature ogivale, dont les arceaux encadrent des ligures d'aiij^^es, de religieux, de prélats et d'autres personnages. On a donné , dans le livre Y de cette histoire, une description détaillée de ces mausolées , tels qu'on les retrouve à SaînttOenis. On voit encore aujourd'hui à Saint-Denis les figurines du tombeau du prince Louis, représentant le cui tégc funèbre qui le conduisit à RoyaumoiiU 11 a été dit, d'après les anciens écrivains \ comment le cercueil du jeune Louis fut porté par Henri 111, roi d'Angleterre, qui se trouvait alors à Paris, et par les ha* rons des deux royaumes : et Ton peut voir paiement à " Saint-Denis un bas-relief placé aux pieds du défunt, dans son mausolée, pom* rappeler celle circonstance intéressante. Le monarque anglais, couronne en tête, soutient un des côtés dù brancard. La sculpture de ce bas-relief est une imitation, le bas-relief original qui se voyait à Royaumont, n'ayant pas été restitué à Saint-Denis; il fut employé à la décoration d'un des pignons de la chapelle luuoiaii e d lleloïsc et d'Abailard, passée du musée des Pelits-Auguslins au cimetière du Père-La-Chaisc * ; il s'y trouve encore, de sorte que par suite de la bizarrerie des transvasements, l'enterrement du fils de saint Louis est

* « Le corps de Loui.s, ("crit le P. Ans&lme, en son Hisloin' de la maison ie France, fut porlé une partie du chemin, depuii» baiul-Denis, par Henri III, roi d'Angleterre, et ptr les barons de France et d' Angleterre, sar leurs épaales, ccrémonie qui est représentée sur le tombeau, où le prince est couvert d uri drap d'or bordé d'une bande d'étoffe bletie, spmce de fleurs de lis d'or, la tète soutenue par Je roi saint Louis et les pieds par le roi d'Angleterre. »

* C'est M. Al* Lenoîr, de l'Académie des beaux-arts qui, en ornant le tombeau d'Hc'loïse et d'Abailard, y inséra différents débris do sculpture, qui non faisaient point partie. Apres examen, M VioUet-Leduc, rccorniut que ce bas-relief était une provenance de Uoyaumoul. Ou s'est borné à lo copier, pour compléter le mausolée de Saint^Denis.

Les inscriptions écrites en lettre d'or sur les deux tombeaux ne rq^ro* dutsent pas les ancieuDeSi qui étaient fort belles.

HISTOIRE DK liOVAUMOiNT.

maintenant celui du personnage célèbre qui aima Uéloîse^ Saint-Denis possède aussi le mausolée des deux enfants du comte d'Alençon, cinquième fils de saint Louis. Ces

tleux priiices sont sculptés tous deux sur une même tombe, divisée en deux niches, avec une inscription en beaux caractères qui en fait le tour. Ce monument est une reproduction fidèle du tombeau primitif que de . nombreuses mutilations et de maladroites restaurations avaient réduit à Tétat le plus déplorable. Quant à un monument du même genre, élevé dans réjirlise do Hoyauinont à un enfant de Philippe, comte d'Artois, il a bien été transfère à Siiint-Dcnis ; mais il a subi de telles dégradations, qu'on l'a laissé dans les ateliers'.

Le mausolée des princes de Lorraine, qui était une des richesses artistiques de Téglise de Royaumont, ne soulTrit aucun dommage, le marquis de Travannet en ayant fait don à l'église paroissiale d'Âsniéres Ëst-ce au moment de la démolition de l'église» en 1791-1792, est-ce en l'an 111 (1795), que le monument fut transporté à l'église voisine? C'est ce qu'aucune pièce n'établît. Mais l'attention publique fut ramenée sur Royaumonl, à l'occasion des sépultures de rabijaye, des le règne de Charles X : et l'bonorable M. Joseph Vauder Mersch, en faisant en cette circonstance son devoir de gentilhomme, ne soupçonnait pas le rapport existant entre la publicité qu'il donnait aux débris de Pantique abbaye et sa future résurreotiun.

On lit la découverte, le 5 juin 1 b20, d' une boite en plomb,

* « Vous pouvez retrouver, au même monument (d'Héloïse)» un morceau

du sarcophage du prince Philippe^ ot un ange (|Ui porte dans ses bras i unie du jeune Louis à laquelle it présente la palme dies élus. » [MOHogrO'

phie de Saint' Denis, p. 'iio.)

* Voy. la notice *,ur l'Eylixe impériaié de Saint-Denis et iet tomOeaux, par les auteurs de la tionoyrapUieUe SaHU-Denii. Paris, 1807.

^ M. de Travannet cacha d'abord le mausolée du comte d'Ilarcourt sous un monceau de pierres, pour le soustraire à quelques teataUves isolées de Taudalisme.

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