‹ Histoire de RoyaumontChapitre 22 sur 263 · LIVRE iNEUVIÊME · texte numérisé non relu

LIVRE iNEUVIÊME

de Guillaume de Bruyères, avec la claire vue des difBcultés de son temps !

Viennent ensuite l'imposition des mains, la bénédiction

de ranneau et celle de la mitre, quand l'abbé esl mitré, ce qui était du reste l'essence même de la cérémonie delà bénédiction abbatiale» qui ne dittérait delà consécration d*un évêque qu'en ce qu'elle n'admettait pas comme elle l'onction du saint-chrême; ce qui faisait qu'elle ne conférait pas comme elle un caractère sacramentel. La messe se continuait dtipuis l'évangile jusqu'à la communion, récitée simultanément par l'évéc^ue et par le nouvel abbé ^ La communion était précédée par le baiser de paix, que le pontife donnait à son fils spirituel, et que celui-ci rendait à ses assistants ; ce qui était encore une scène de la primitive Église. L'abbé communiait ensuite de la main de Tévêque; après quoi, solennellement installe au sondes cloches sur le siège abbatial, il recevait par la tradition de ses insignes, parTanneau abbatial, parla mitre quand il était mitré, la plénitude de sa juridiction. Ainsi s'achevait la cérémonie; une nouvelle grandeur du clotlre venait d'être créée ; une de ces grandeurs qui consiste à humilier son fruul dans la poussière et dans la pauvreté, il ne restait que les cérémonies finales. Ce fut le tour du nouvel abbé de bénir Passistance ; de retour à son siège, il admit à Taccolade fraternelle tous les religieux de Royaumpnt. Il remercia le pontife qui venait de lui conférer la bénédiction abbatiale, en répétant, pour remplir

* Un auteur rapporte rincitient curieux qui a lieu à Voffertoire de la messe. L'abbé présente à l'cvêquc deux petits barils, l'un doré et l'autre argenté, remplis de vin, deux pains, également dorés et argentés, et des cierges ; ces objets portaient les armoiries du prélat et du nouvel abb<^, et celtn association héraldique exprimait l'idée des sentiments qui les unissaient. — Cet auteur, H. F. Martin, chanoine honoraire de Belley, curé de Ceyierlat, en décrivant la cérémonie récente de la bénédiction de l'abMdu monastère de la TTappc de Notre-lhmie-des-Dombes, insérée dans les feuille^ publiques, a fait revivre, dans un récit plein de charme, l'antique cérémonial des cisterciens. Ses recherches ont été mises ici à contribution.

lllSTOfRE DK ftOYAUMONT.

ce devoir^ la célèbre acclamation ; Ad muUos annêê! (pour de longues années)!

A peine sorti de la cérémonie de la bénédiotion abbatiale, Guillaume de Bruyères ne respirait que de rendre

Royauiiioiit llun^ia^l >.(>iis le r;ip[)ort spirituel connue sous ie rapport leiiiporel. Dès suii début, il se trouva en face des diÂicultês'Ies plus pénibles, celles qui tiennent aux divergences d'idées, aux manières de voir et d'entendre la régénération du corps social. Bien ne pouvait lui élre plus douloureux que de pressentir, dans la masse des chefs de l'ordie cistercien, de ces tiraillements, de ces dissidences toujours funestes, alors qu'il faudrait non éparpiller, mnis concentrer tous les efforts pour rappeler là séve de la primitive ferveur. Il y avait eu des plaintes, en 1463, contre le monastère d'igny, si bien que l'abbé de Uoyaiinionl, à cette époque, Jenn de Collé, dut rendre une sentence qui suspendait riibbiufl^Miy de ses lunctions pendant huit jours. Quarante ans s'étaient écoulés, lorsque l'abbé de cc^ monastère se vit mêlé, en 1507, à une afTairequi eut quelque retentissement. Les abbés avaient, comme devoir de leur charge, à visiter les monastères qui étaient de leur dépendance, afin d'y surveiller l'exécution • des règles conservatrices. Or, Fabbé d igny se trouvait dans ce cas, par rapport à l'n^baye de Signy. Mais la situation était fausse. L'abbé d'igny étant père immédiat et supérieur de Signy, il s'en fallait beaucoup que la mère fét aussi sage que la 'fille, et le père que ses enfants. Cet abbé avait cédé au torrent; il était dans le camp de ces relâchés, que les événements du quinzième siècle n'avaient aucunement éclairés ; se:» religieux l'imitaient, s'ils ne le surpassaient pas; et il n'y a peut-être pas de témérité, dit<on, à soupçonner, que les moines ne l'avaient élu pour leur abbé qu'à cause du peu d'opposition qu'on remarquait en lui pour la vie molle et effénjjuee. Au con- -traire,l'abbayc de bigny était une de celles qui avaient per-*

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