LIVRE QUINZIEME
sur-Oise de celte époque, il lui fit offr ir de mettre à sa disposition les trois cercueils, afin de les inhumer dans son église, au pied du mausolée qui les recouvrait avant 1791 . Hais il fallait marcher dans la légalité. M. le curé informa donc à son tour l'évèché de Versailles de la de^ mande exprimée quant ani trois cercueils ; et ces nouvelles démarches n'ayant pas eu plus de réussite pour amener une solution, M. le curé d'Asnières présuma que les lois ou les règlements civils s^opposaient à de semblables inhumations dans les églises \ Ce qui le conduisit à faire les propositions suivantes : M. Yander Mersch ferait lès démarches nécessaires auprès des autorités civiles, pour mettre la légalité de son côté, et se chargerait des frais, soit de translation et de service religieux , soit d^nhumation.
Les négociations s'étant compliquées de lenteurs et de difficultés , et M. Yander Mersch ne pouvant accepter les conditions qui lui étaient faites et s'imposer des charges plus ou moins considérables, relativement aux d( poLulles mortelles de personnes qui lui étaient complètement
* On sait les formalités observées en France pour être autorisé à placer dans une église un monument funèbre. Il lauL l avis de l'évêque, l'arrêté du ■ ministre donnant rautorisation, la dëlibtoition do conseil de Âbiiquef les détails du monument, son plan, et la teneur de l'inscription.
Les saints pontifes seuls ont le privilège d ôtrc ensevelis dans des monuments élevés au-dessus du sol, ainsi que cela se pratique dans la basilique vaticane, où les corps de personnages» de race même royale, tel que celui de Christine» reine de Suède, sont déposés sous terre. On fsit exception néanmoins pour les monuments de riche structure en marbre, adhérents aux murs ou nu.v colonnes, surtout si les cadavres ne sont pas en lieu élevé. On a à ce sujet la réponse de la congrégation des évôques el des réguliers» du 15 octobre 1579» à l'évêque de Hantoue. (Foy. Ferraris» S^Nffl.)
En France, rautorisation donnée par TÊtat de placer dans une église un monument funèbre n'implique pas celle d'y admettre à la sépulture, i Décret du 30 novembre 1809; et avis du comité de législation du 12 février 18it.)
D'après ^vefs décrets des conciles tenus à Mîlan sous saint Charles, les
caveaux où sont déposés les morts doivent être en dehors des marchepieds d'autel, et l'ouverture en doit ôlrc à la distance de 5 coudées. Si un tombeau se trouvait sous un autel ou sous son marchepied, il ne serait pas permis d'y ftire des inhumations.
étrangères, on s'était vu foroè de déposer dans une balle de l'abbaye les trois cercueils abandonnés, qui furent
respectés tant que M. .1. Viinder Mersch exploUd lui-inème son (Mahlissement. Mais loî sijiio le propriétaire de Royaumont eut loué à d'autres rexploitation industrielle de l'abbaye, on ne put répondre de l'exactitude de l'universalité des ouvriers pour observer les convenances envers les cendres des morts, et il y eut h l'égard des cercueils de regreltahles prolanations. Ces inévérouces coupablt;s à tous égards révoltèrent le neveu du propriétaire de Royaumont, M. Charles Vander Mersch , archéologue d'instinct, dévoué comme un 4ils à Royaumont, lequel imagina de tourner ses idées vers Cambrai, où il connais* sait M. Bernard, vicaire général de Mgr Tarchevêque : il Tentretinl desalfairos deRoya\uuoiit, espérant faiic vibrer une corde de re coté. Peut-être un dignitaire de l'Kglise se laisserait-il attendrir, et s' intéresserait-il à Tinhumation convenable des restes d'un évéque de fiayeux, de Mgr François-Armand de Lorraine. I>'aillettr8 on pouvait se persuader jusqu^à un certain point qu'on éveillerait quelque écho à Cambrai, Idisiiuiiu intérêt touchait Royauniont, par la raison qu'un arclievôque de Cambrai du dix-huitiéine siècle avait été abbé commcndataire de Royaumont. Mais Cambrai avait assez d'affaires sur son propre territoire pour ne pouvoir épouser les fardeaux du département de Seine-et-Oise. C'est ainsi que tous les ( I forts échouèrent pendant treize années ; voilà pourquoi le publiciste qui avait réclamé en 1845, pour réitérer ses vœux, reprit la plume en 1856. « Nous avons voulu savoir disait M. Poujoulat, ce que sont devenus les trois cercueils des princes de Lorraine que nous avions laissés à Royaumont ; mademoisellé Georgina Vander Mersch , fille du possesseur (lu lien, dans mic lettre où respirent le goût des vieux souvenu s et le respect des saintes l'uines, nous apprend que les trois cercueils sont toujours à la même