‹ Histoire de RoyaumontChapitre 223 sur 263 · LIVRE QUiN^lËMË. m · texte numérisé non relu

LIVRE QUiN^lËMË. m

encore au frontispice les armes des Goneglîaiio uvec une inscription *. De tels voisinages sont une bonne fortune. Le duc (le Concgliano était une glorieuse épée de notre pays, et un beau caractère. Le guerrier qui s'était distingué dans les guerres d'Italie, dans celle d'Espagne de 1808, avait su en i8i5 refuser la présidence du conseil de guerre auquel le maréchal Ney devait être déféré ; sa 1111e, madame la ducbesse de Conegliano, trop tôt enlevén à sa famille et à ses amis, faisait revivre à Bâillon la simplicité affable et les qualités affectueuses de la reine Hortense; maiscetle tradition n'y est pas morte.Fille et arrièrepetite-flUe se sont passé de main en main ce qu'il y avait de solide, de généreux et de bienveillant dans le chef de la maison de Conegliano ; aucun des hôtes du château de Bâillon n'aurait manqué de payer un tribut de regret aux décombres de l'édifice de saint Louis *.

Il n'est pas nécessaire de trop étendre le cercle territorial autour de Royaumonl pour s'apercevoir que plus on avançait dans le cœur du dix-neuviéme siècle, plus Tesprit public se modifiait. Précy, Coye, Boran, Luzarclies, Beaumonl, etc., rejetaient chaque jour les idées étroites de la fin du dix-huitième siècle. On renonçait à ce crétinisme politique qui n'avait voulu rien voir dans le passé

* IjCî) armes de Conegliano (duché créé eu 1809) sont : d'aiur a une tnain tTor, mmitfûnte ^tme aUe émargent et tenant une épie du même. (Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse, année 1858, p. &1)

* On lit au haut de la façade ces mots " f ch;>tp^u de Bâillon a été donné par l'empereur I^apoléon au maréclial duc de Conegliano. »

* Les eaux du canal» qui jouent un si grand rftle dans le domaine deBail- Ion, sont celles de lanouTelle Thèvc, venant artiOciellement des étangs de Comelle; ce sont ces mômes eaux qui, depuis le temps de la reine Blanche, vont do Raillon à Royaumont. Les eaux ne touchent le cliàieau (lue latéralement au midi el au nord. On comprend combien, dans ses vieux jours, le maréchal M oncey, devenu gouverneur des Invalides, devait aimer, surtout pendant les chaleurs d'été , ce frais séjour de BaiUon, où des eaux limpides, apro'; s'être séparées en d^nx branches ranaux à l'est du château, viennent se rapprocher à l'ouest derrière l habitation, pour lormer trois îles et confondre enfin leurs flots rapides et bruyants, qu'aimait et aiUonnent d'intrépides nageurs, ees prosaïques canards poétisés par Toepfer.

UISTOIRE DE ROYâUHOMT.

delà France, rien avant 1789 « qui élevât le cœur^ qui raflermit l'âme, qui rattachât à Tœuvre de sa grande émancipation Pinfatigable effort desf esprits pendant

pîusieni s siècles, » comme si avant 1789 la France n'avait pas d'aïeux dans ses magistrats, dans ses soldats, dans ses prêtres , dans ses écrivains, dans ses poëtes, dans ses ouvriers, dans ses novateurs, dans ses inventeurs ; comme si la royauté française n'était pas née des entrailles mêmes du sol français ; « comme si le clergé, les parlements, les écrivains, les bourgeois, le peuple entier ne s'élait occupe pendant des siècles qu'à construire et à réparer une Babel de la tyrannie ^ » On revenait de ces stupidités injustes; les états de service de Faucienne France étaient avoués; et l'on voyait le vieux Royaumont acquérir d'année en aiinée plus de prestige, et ses ruines exciter de plus en plus les sympathies, à mesure que la figure de saint Louis était iilus dégagée par les investigations iiisloriques.

Chantilly avait retrouvé ses Condé La seigneurie de Précy s'était émiettée pour renaître sous de nou. velles formes Greil montrait ses ruines * ; Gouvieux \

* Vag. d'exactes réflexions de M. CaTÎlUer-Fleary sur le lÎTrede M. jQoiiiel

relatif à la révolution.

* Le prince de Condé, chef de l'ariaée des émigrés, rentra eu France, le 3 mai 1814, et, par là môme, en poi>:>c$sion du domaine délabré de ses pères ; il y reçut la visite du csar Alexandre. La pluie, pénélraDt à traders la galerie, il fallut apporter des parapluies. Louis XVIII le nomma colonel général de l'infanterie. Il mourut on 181S. — ].o du Unurhon. nô du mariage tlu prince Louis-^osepii et de la princesse de HoliaiHbonbise, se montra, à son retour «i France, avec sa sature indolente, ne s'occupant que de chasse. La baronne de Fouchère tut paissante sur son cœur. Il mourut après la révolution de juilU t . Chnntilly passa au duc d'Aumalo. Il fut acheté, en 1852, par deux banquiers de Londres. La pelouse de ClianUlly sert aujourd'hui poui' les courses de dievaux.

* La seigneorie de Prèey fut vendue, en 178S, à M. d'Atrange d'Haugeranville. Les créanciers de celui-ci l'ont aliénée, par petites portions, dans les dernières annécis de la Restauration.

* La forteresse de Creil, devenue la propriété du prince de Condé, fut vendue, peu avant la révolution, à charge de démolition, et démolie effeclivement en i7S0. Il n'en reste qu'une tour tronquée et un pan de muraille.

* Gouvieux occupe une grande partie du plateau inférieur et sablonnent sur lequel est assise la forêt du Lys. On parle ici de son territoire (Gonviar

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