‹ Histoire de RoyaumontChapitre 224 sur 263 · LIVRE gUiNZlËMii · texte numérisé non relu

LIVRE gUiNZlËMii

CoyeS se lançaient dans le mouvement industriel, Beaumont modei nisaiL sa physionomie léodalc \ tandis que la vieille et iière cité de Luzarches' abritait a ses portes dans

cum, Gouverium^ ; des pentes escarpées joi^pneut les plaleaux supérieur et inférieur. Voilà pour la commune.

Le bourg considérable de Goimeni, YAm bAti, à rues higes et pavées,

eai assis sur le plateau inréricur, ayant la I^îonelte à droite.

L'église paroissiiile de Gouvieux. refaite vu 1771, offre encore des restes d'architccluro à ojrive. 11 y avait aussi une cliapelle de Saint-Germer, à laquêllé uuiiimail l'abbé de Saint-Denis, et qu'on a démolie. Gouvieux avait en outre une maladrerie.

Au-dessus du hameau des Carrières, ^ur le promontoire élevé qui sépare la Nonelte de l'Oise, est remplacement connu sous le nom de Cam{) de Gèsar, dont la description a t'té insérée, par M. de Fontenu, dans les JMii0iretde l'Académie des inscriptions, t. X, p. 431. Ce camp offre une 8orflM»tria]igiiliire,à bords irréguliers; les cAtésparallèlesanx deux rivières ' sont trf's -escarpés, prolongés d'environ 1.200 mètres; le côté de l'ouest, adoK?f' au village des Carrières, n'a pas plus de GuO mètres de développement. Tuulle périmètre esi garni d'un reiupai t en terre el moellons, élevé de 6 à 8 mètres, géDéralement bien conservé. Le c6ié étroit, où était sans doute la tète du camp» offre trois larges ouvertures ou entrées, représentimf probablement la porte prétorienne et les deux portes principales par lesi|uelies on pénétrait hors de l'enceinte. L'exlréaiité angulaire était coti- Tertepar un fort épaulement dont les restes subsistent encore; le centre du plateau est plus élevé que *le rempart ; un puits très-profond, aujour» d'hui comblé, était percé à cette sommité Selon la tradition locale, Jules César a campé dans ce lieu, lorsqu'il pénétra dans le pays d<*s rH lIovnfpK??!;.

La forêt du Lys occupe presque tout le territoire de ranciennc coniumne du Lys, une partie de la Murlayeet de Gouvieux. Elle fut replantée en 1110.

* Le prince de Condé céda le cMteau, en 1T87, pour le convertir en usine. 11 le vendit au sieur Maïuiron, conspiller au Châlelet. Les sieurs Berge, Collin, .41bert, Uou^'emont et Sagnel en iureul successivement j^iropriétaires. MM. Rougeniûiit et Sagnel le vendirent, en 1820, à M. Ândryane, propriétaire actuel. C'est mie filature de coton ; tisséranderie.

* Beaumont a toujours sa situ:ition pittoresque; ville charmante, dont les pacififiues habitants ne souffrii aient plus cependant qu'on les jetât dans l'Oise, anisi «pie le tirent les bourguignons, en 1417, quand ils s'emparèi^ent de la ville. Sa station de chemin de fer lui «mène nombre de visiteurs. Le château de Nointel, prè n aumont, est am fiéjau. Le comté de Beaumonta l'honneur d'avoir pour lusUNrienun des memlires distingués de l'Éccde des chartes, M. Douet d'Arcq.

* L'bislorit^i de Luzaicties (M. Alexandre Ilahn) nous semble prêt àussi à publier les annales de cette cité intéressante, qui a joué un rôle, que les rois pratiquèrent, qui platt par son site et par ses souvenirs, et dont la camp;i?ne charmait ?i fort .lean-Jacques Rousseau. Les environs de la petite ville de Luzarcbes ont dû être, dans 1 antiquité romaine, couverts de villes et de maisons de campagne. L'une des semaines dedéeeinbrelMO, desla* boureun ont mis à découvert avec leur chamie les débris d'un pot qu'ib venaient de casser, contenant trois cent cinquante médailles en brome,

le tranquille isolement de Tabbaye d'Hérivaux S au fond d'un vallon solitaire, les loisirs de l'un de nos plus grands publîcîstes , de Benjamin Constant. Benjamin Constant

écrivait sur rinnéité du sentiment religieux des morceaux d'une éloquence immortelle. Les poètes venaient s'inspirer aussi dans les lieux oii Benjamin Constant poursuivait ses fortes élucubrations. C'est là qu'Eugène Sue plaçait, au sortir de la forêt, près d'Hérivaux, dans une petite masure isolée, des scènes de ses romans, de ces épisodes qu'il donnait en pâture au sensualisme de son temps *, au moment où Benjamin Constant affirmait le spiritualisme et ridée religieuse. Toutefois, bien qu'on n'ait pas peut-être aujourd'hui pour opposer aux récents matérialistes de plus brillantes et de plus irrésistibles pages que celles de cet écrivain. Benjamin Constant n'a pas servi la cause de l'orthodoxie théologique ou plnlosophique. 11 est resté en chemin à la station inhospitalière du déisme. Mentionnons enfin la localité de Noisy-sur-Oise qui offre encore les ruines de l'établissement qu'y avaient les moines de l'abbaye du Val, prés Pontoise, et les traces d'un port sur l'Oise où ils embarquaient leurs vins (ils avaient un pressoir à Noisy.)

Tel fut le prestige, croissant d'année en année , des ruines de^oyaumont, qu'on pourrait dresser une longue liste des innombrables personnages qui vinrent, par suite d'initiatives bien diverses, payer leur tribut de sympathie

moyen module. On a reconnu parmi ces médaill'» ou monnaies, des Anto-

nins, des Faustine, des Marc Aurèle, des Lucius Yerus, des Lucille, des Commodo, dns Crcspiii'v de Yespasicn, des Alexandre Sévère, des Domilien, etc., ce qui ferait supposer qu'elles ont été enfouies dans les premiers . temps de l'invasion des peuplades du nord de l'Europe dans les Gaules. (Extrait du journal le MmuSe. du 4 janvier i 869.)

* L'abbaye d'Hérivaux était réunie au prieuré d'Ermenonville. Le capitaine de Giranim, vicomte d'Ermenonville, soutînt chaudement, à Senlis, en 1789, les intérêts du tiers-état. Au lieu de prendre rang parmi la noblesse, il avait comparu parmi le lien-état, espérant sans doute être nommé député de ce dernier.

-II s'agit, dit-on, du roman de MaHHIdit dont une scène émouvante se passerait à Tal^baye d'Hérivaux.

LIYAË QUlNZiÈMË. 689

douloureuse à la chute de Tantiquc abLiiyc de siiiiil Louis. Les uns étaient attirés par la beauté du paysage; pour d'autres le bruit de i ancienne célébrité de lioyaumonl était venu jusqu'à eux ; ceux-ci n'avaient voulu que se rendre à une invitation transitoire de ramitié, et passer une saison de campagne dans les charmants cottages établis par M. Vander Mersch; mais bientôt ils y tixaienl leur tente d'une manière prolongée et permanente, obéissant à une attraction dont ils ne se rendaient pas compte. Tous en définitive, d'une manière indirecte, et sans en avoir conscience, protestaient, sinon en parole, du moins parla sympathie de l'âme contre la destruction de Tab* baye de Royaumont, et donnaient du retentissement ii la cause de sa renaissance. Tous se ralliant autour de la i'amilie Vander Mersch aidaient à la transformation progressive de l'établissement de saint Louis ; hommes d'Étal, artistes, maréchaux, savants, chefs de famille, jeunes hommes, jeunes filles, diics, peintres, poètes, musiciens, industriels, tousse sont succédé pendant un demi-siècle comme une procession de pèlerins; lionuiions les ducs de la Trémouiile, de Conegliano, de Massa, de Yalmy, d'Utrante ; les princesses de Béllnine,dclieauffremont; Horace Yernet ; de Triqueti ; Arsène Uoussaye ; Giceri ; Zimmermann; madame Damoreau; Eugène Sue; de Viel-Castel ; ' les demoiselles Rosalès ; la baronne Molitor; les dames Robin, de l'Ile Bourbon ; Casimir Périer, l'un des premiers ministres de Louis-Philippe; ses irèies; son iils, Paul Péi ier; le marquis de Pasloret ; le maréchal Gérard ; la veuve du g4néral de Bracq ; dom Miguel ; le P. Lacordaire ; M. de Montalembert ; M. Thiers ; Ualévy ; les de Maillé, de Périgord ; les princes Soutzo, Labanolî, Galitzin, de Beauvau, de Craon; le duc d'IIarcoui t; M. Emile Percirc iils ; Éinile de (iirardin; M. de la Cour; M. et madame Armand Lcfeb vrc; M. et madame Lavau ; le coin le d'Apponyi ; le comte Paul JBerthier ; madame et M. Ledieu, directeur du mont-

m UISlOiRli; DE ROYÂUMOiNT.

de-piété; M.Poujoulat; lecomtedelaBottiUerie^évéquede Carcassonne ; l'abbé deRoqnefenil, vicaire de Saînt-Roch;

rabbé ilurcl, Fun des éloquents orateurs delà Madeleine; le vicomte d'Arlincourt ; le vicomte Walsh , auteur des LeUres vendéennes ; M. lézard ; le comte de Falloux ; M. de Beaufort d'Hauipoul, qui commanda l'expédition de Syrie; les comtesses César Berthier et Paul Berthier ; le marquis de Villeneuve; madame Paul Périer; M. et madame Pitat; la chanoinessc d'tspiiiola ; k marquise de Barbanlaiie; le piaiiisic Dargenton ; M. et madame de Chabert ; le marquis de Bellissens; la comtesse de Mauléon; M. Camille liobin; le comte deGabriac; madame Taiteau;jM. etmesdamesPognon; madame de PËtang ; madame Stuart ; H. et madame Schlessinger; M. Gisquet, ancien préfet de police; le peintre Chou lire ; M. et madame Langdale ; M. Impey ; M. Masson ; mesdemoiselles Masson ; miss Clarck : MM. Albert et Edouard de Traz; le baron Pierrelot ; M. et madame Ernest ChabrierïM. Froidure ; madameGould ; madame Andryane; Bf. et madame Delchet;M. etmadamedeSancy; lebarqn Molitor ; M. Troyerd'Aufkirchen; H. et madame Gérard; le vicomte de la Noue ; madame Pouyer ; le baron Guvicr ; M. et madame Cliollet; iiiiuldme Getting; M. G. Borda; madame Pesson; mesdames de S. Bresson; le comte A. Berthier, officier aux guides; M. Andryane» compagnon de SilvioPellico; M. Maurice Pouyer, officier de ma* vine; M. et madame Schmid, M. et madame Vallée; M. de Saiiit-Cricq; MM. Charles el Théodon» Robin; M. et madame Cluzeret; la comlesse de Mcsnard : le marquis et la marquise de Conegliano; la marquise de Lagraiige; mesdames Cominet et Va lebled; M* Alex. Uahn; M. Gaillard; M* Guy; M. Lecouturier; madame Brelonville; M. et madame de Bêhaine ; M. ét madame Aug. Chevallier, etc.

Outre le viUaj^e de Rovaumoiit construit avec les débris de la basilique abbatiale, on éleva, pendant la restaura^ tiou et sous Louis-i^iilippe, différents pavillons où, des

ramilles de Paris, îiltirôes par rantiquo [n esligu delloyau-

mont, vinreiil chercher iinr tente pour séjourner d'inie

manière prolongée, et se noumr du souvenir de saint

Louis ^ Des artistes y ont composé des tableaux de genre

qni ont en aux exfiositions un succès mérité. Ët, ce qui

est instructif, c'est que l'agglomération d'une population

élégante amena une conclusion religieuse par la loi des

réactions et des contre-poids. Ainsi , lorsque le goût des

distractions mondaines vint à prédominer dans les villas

construites dans Tenceintedu mur de clôture de Tabbaye,

on put mire, un instant^ que tout souyenir de l'antique

Royaumont allait sWacer et disparaître sous un épais

* Ces {mviUons séiMrâs et isolés, construits dans l'cnccintc du vieux mur, et. comme sous la protwtion de rnhhayc, ont nbi ilL' pciidant une vin^rlaîrie d'aïuéfô, depuis 1840 jusqu en ces derniers temps, d honorables familles dont il suffit de rappeler quelques-uns des noms: le savant orientaliste, M. Troyer d'ÂuFkirchen ; le vicomte de la Noue, la vicomtesse de la Roue, née de de la Baume; la fainille dn comte Paul Berlliier, neveu du prince de Wagram. Nous no pmivons oublier ces fifrures dont qiK Iqucs-unes ont déjà êlc touchées pai^ la mort.. Nul ue pratiquait riio>piialiLé uvec plus de courtoisie que la famille de M. Troyer d'Aufltirclien. Autrichien d'origme, officier d'éiat-iiiajor antrictii* n. h vingt ans. M. Troyer assistait. en 1702. au siège et au knubardemcnt de Mlle avec lo.OOO hommes. Emmené par lord Bentink dans les Indes, il était devenu professeur de fortificai ions à Calculta. Rentré depuis trente ans en France, dont il aimait les idées elle caractère national, il charmait ses amis par des connaissances variées et immenses, dans la philosophie, les langues et les littératures italienne, française, allemande et anglaise; le sanscrit lui fMnit frnuilier. Il ét iil aple à donner des lumières sur les deu\.rédactions de^ écritures l)ouddhiqucs, sur la rédaction (iu nord écrite en sanscrit, origine des traductions thtbétaines, mongoles, et sur la rédiction pins importante du sud« écrite primitivement en pali. Kous nous plaisons à payer un tribut de souvenir 5 .^on excellente compap^ne. femme de vertu, qui taisait briller son christianisme par sa cliarité, et dont la mémoire vil dans le cœur des pauvres, comme elle est impérissable dans le souvenir de ses amis. Cette maison était un centre aimable où, depuis un quart de siècle, des famille anglaises et ftvnqaises avaient Tbabitude de se grouper avec une fidélité qui prouve le savoir-vivre, l;i [;éiiêi'euse cordialité, les ressources d esprit, de coeur et de sociélt' des uiaitres et des maîtresses de la maison. Les relations intimes pratiquée pendant Tbiver, à Paris, se conUniiaient pendant la saison d'été, i la campa^e, grices aux frais ombrages de l'antique abbaye de Royaimiont. Ces centres Je société disparaissent de jour eu jour. On trouvait dans ce.s a^'^'^loinérations , les élégances du monde poli, les faciles communications qui tempèrent les rudes nécessités ' dM rapports officiels toujours refroidis par Tétiquette. Cette vie de bmille, moitié parisienne, moitié rurale: parisienne sans imposer la représentation «

pigitlzed by Goch^lc

693 UiST01A£ D£ ROYAUMOMT.

nuage de lourbillon profane. Le contraire arriva. On

raconte, il est vrai, que Tun des propriétaires de Royauinont recevait, du temps de Louis-riiiiippe, la fleur de l'arislocralie, de la diplouialie, des lettres et des arts ^, 1 qu'il donnait des fêtes splendides el faisait jouer la comédie

dans des locaux de l'abbaye que Von mettait à sa disposition, mais cependant, jamais dans d'anciennes chapelles on lieux saints, comme Timprimèrent quelques feuilleton-* nistes maladroits, qui blessèrent fort les scrupules religieux du noble propriétaire. 11 est certain toutefois qu'il y eut un local où Ton fit un-peu d'architecture et qui devint un théâtre proprement dit ; il était situé à côté de

et les toilettes de la capitale; rurale, mais alliant à la simplicilë de la cam- •

pagne les ros^o'nvps qu'ont nalurcUenT^nt nvcc elles dp*: personnes cnîlivces, * distinguées et façonnées à tout ce qui est raisonnable et vrai dans la civilisation ; celle vie de famille faisait, des six mois de villégiature passes à hoysamont pendant rintâim entre les moines d'autrefois et les nouveaux relîp^icux, une vie parfaiteinoiit ori^Mii:i!e, e! (Vnn cliarine donf il est impo.^sibte de donner l idée, parce qu'il n'existe aucun terme» aucune analogie pour établir une comparaison.

On distinguait encore, h la suite AeseoUages habité par les familles Troyer, de la Noue, les villas ou cottages occupés par les familles Scbmid. Delclid, Froidure, ainsi (\u(i les collages '!n dif o -toni* général du nimt-de-ptéié de Pmris, M. Ledieu, ceux aussi du peintre Sclilessinp-er. de M. Charles Vander Mci'scb, de sa iille, et de la famille de M. Paul l'érier. On ne pourrait designer CCS habitations du nom de cottage, si ce mot anglais ne représentait paa tout à la fois une résidence nù l'on allie le côté poétique de l'existence agreste et toutes les élégances avec les ressources mati^rielîes qu'offrent les habitalions urbaines. Royaumont n'était pas un séjour ressemblant à celui des établissements de bains- de mer ou d'eaux thermales, parce qu'il n'avait pas les assujettissements et la servitude qu'imposent les convenances de la vie en oo nmun; la vie de Royaumont n'était pas la vie publique; chaque famille, tranchis^ant le senrl de son habita» ion, n'avait à traverser ni rue, ni grande route, ni bourg, ni village; on éiail miiuediatement en pleine forêt. Et cependant, bien loin que Royaumont fût l'isolement et le désert, chaque famille, tout en conservant une liberté entière, avec l'indépendance de la vie solitaire, trouvait, quand elle voulait, la compapuif cl la société. Situation unique et incomparable, où la présence de plusieurs personnes, ayant de l'esprit et de l'usage, apportait, au milieu des bois, tous les avan* tages de la civilisation, sans détruire le doux agrément de la vie de campjgne, otr.ans nviirc au religieux repos d'un séjour consacré par saint Louis.

' Il n y a aucune indiscrrlion à livrer à la publicité une lettre, datée de iioyaumonl (1841 ou i5], le 25 septembre; la veuve si spirituelle du général comte C. B., ancien gouverneur de Naples, sons le premier empire, belle sœur du maréchal B., prince de Vf.» traçait, dans une lettre, un aperçu du

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