‹ Histoire de RoyaumontChapitre 233 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME. W · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME. W

trenlf ans ; les succès do son zèle dans la ville d'Aix lui tirent désirer d'opérer le même bien dans les autres cités du diocèse ; il fit appel aux hommes de bonne volonté. Aussitét des âmes ardentes se groupèrent autour de M. l'abbé de Mazenod ; un jeune vicaire d'Arles, plein d'activité et de zèle pour toute bonne œuvre, le R. V. Tempior, devint le preini* i ( ompagnon de M. de Mazenod, le 25 janvier 1816. Les rangs grossirent : c'était la société naissante des oblaU, dont le grand amour sera de s'occuper 4® la jeunesse et des pauvres, de porter rfivangile aux populations rurales, et de franchir les mers, pour (liiiiinuer le cercle delà barbarie et anioindrii- lo iKimbre (le ceux qui ne connaissent pas Jésus-Ciirist. Celle société d'ouvriers évangéliques commençait par les bourgs et les villes de la Provence; elle portera la parole divine aussi dans leDauphiné; ils rayonneront dans la bénédiction céleste de leurs travaux.

On peut dater la période des ()l)laffî à Pioyaumonl, de l'année 1855, dans ce sens que la période Vander Mersch était pour ainsi dire close; l'abbaye deIioyaumont$embiait, à cette date, s'enfoncer de plus en plus dans le vide et le silence, et son établissement industriel qui avait eu de la prospérité pendant vingt ans, n'était plus €[u*une ombre de lui-même ef de sa spieiuleur de, 1820. La tristesse devenait plus grande vers 1863-1864. Tout mouvement industriel avait cessé; les ouvriers s'étaient retirés de l'abbaye. On aurait dit ces scènes désolantes que l'on a quelquefois en mer après un désastre* On rencontre dans les déserts liquides une majestueuse frégate, immobile, sans le moindre balancement de sa masse. Bientôt on s'a- , perçoit que pas un soupir, pas un battement de poUi me • ne sort du gigantesque édifice; tout 1 équipage a péri. M Joseph. Vander Mersch étant décédé (en 1862), il semblai t comme si nul être vivant ne pouvait dire pourquoi ce dé* bris des tempêtes flottait sans gouvernail, en attendant que

m iilSTOlHË DE ROYAUMOI^IT.

Tabiaie acticvât de Tengloutir. Mais les oblats l'empêche-

ront; ils ne souffriront pas que la destruction atteigne les derniers rfstt s de ces murs qui avaient été dans le moyen âge une puissante maison, un grand foyerde piété et d'étude, un rentre de civilisation et de prière, une abbaye célèbre. Effectivement, les événements subséquents vont nous apprendre qu'il était dans la prédestination des oblats de s'opposer à la disparition de rabl)aye de Royaumont ; ils ne toléreront plus f}uc cette église reste encore couchée à terre, que ce beau réiectoire gothique demeure qué et barbouillé I que les cloîtres déseiMs ne voient plus circuler un costume officiel et austère et ,des tètes tonsurées.

Pourquoi, après les écroulements (tel 791 , ceux de i 81 5? et pourquoi après les mécomptes de 1850, les nouvelles ruines de 1864 1 Pourquoi cette série, les Xravannety les Yander Mersch, les Mats f

Si la question était posée à Constantinople, elle obtiendrait pour réponse le fatum^ la destinée, interprétée de la iMiinière la plus souibrc et avec toute exclusion des libertés humaines. Si on î)osait le même problème aux économistes modernes de POccident, ils répondraient que les oblats ne seraient pas venus à Royaumont, si M. Joseph Vander Mersch s'était mis au niveau de certains progrès industriels, et s'il eût adopté certaines méthodes commerciales. Mais que peuvent penser et dire ceux pour qui il existe une loi de l'histoire, pour qui cette pliilns .iiliie de l'histoire n^est pas dépourvue du souflle religieux i 11 ne faut ni l'inflexible fatalisme d'en haut^ ni le heurt capricieux des volontés et àe^ forces d*en bas. Ce n^est pas davantage le cercle de Vico, en vertu duquel l'humanité revient, après des révolutions périodiques, à des institutions abandounées antérieurement. Celui qui a été élevé à la haute , et divine école du christianisme, comprend que, en ce qui concerne le mouvement historique des

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