‹ Histoire de RoyaumontChapitre 235 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

employait a celte époque 145 ouvriers, doiit 31 hommes, 56 femmes et enfants. Ce nombre d'ouvriers, beaucoup moins considérable qu'autrefois, donnait par le bénéfice des machines un produit deux fois plus grand. Presque tous les ouvriers travaillaient à leur tâche, et gagnaient selon leur capacité et leur emploi, de i fr. 50 c. à 6 fr., ce qui en pouvait porter le terme niuyen à 3 francs. Les ouvriers étaient fournis par Royaumonl et par cinq communes ou hameaux environnants. Il se trouvait aussi un noyau des ouvriers belges qui avaient suivi M. Vander Mersch. N'était-ce point la prospérité et la sécurité? Cette filature employait environ 65,000 kilogrammes de coton brut; la totalité de son produit était consommée eià France par le tissage, M. Vander Mersch ne iaisnnl plus tisser dans ses ateliers ^ Le produit étant de 120,000 livres de filé, et la main-d'œuvre et consommation pouvant être estimées à 1 franc par livre, l'établissement de la filature de Uoyaumont répandait dans le pays environ 120,000 fr.

i^ourquoi et comment devait donc arriver la décadence industrielle du propriétaire de Royaumont!

Voulant utiliser la totalité des vastes bâtiments de Royaumont, M. Vander Mersch établit aussi, en 1818, une blanchisserie de calicots et basins, avec le concours d'un ingénieur anglais, M. Bradbury. L'établissement de cette blanchisserie exigea l'emploi d'une force d'eau qu'il se procura en divisant celle qui faisait mouvoir la filature; il y ajouta aussi la force d'une seconde machine à vapeur. Le succès était partout. L'établissement blanchissait annuellement 100,000 pièces; il tirait de France tous les produits chimiques qui lui étaient nécessaires ; il employait 80 ouvriers, duiil ol hommes et 21 femmes. Les

* Les conditions n'étant plus, sous la restauration, les mômes qu'à Nenin sous l'empire, M. Vander Merscli reiioncn n smi tijjsnjrc de cnlicots ;u! bout de iiuetques années, pour ne pas Uuvailicr sans pr<>lit, luen qu'il eùl ob-. tenu une médaille à la (ireniiére cx|ioiiiioD sous Loui;* XVill.

UlSTOiRË DE ROYAUMOlfT.

salaires des odTiîers de la blanchisserie étaient à peu

près les mômes que ceux de la filature, et les ouvriers étaient fournis parles mômes communes. On pouvait estimer à 140,000 francs la dépense en manutention et cousommation sur les lièui, ce qui porterait à 260,000 francs les sommes que ce grand établissement répandait dans le canton pendant la restauration.

Pourquoi rola n'a-t-il pas duré? La filature de colon, le tissage des calicots, et la blanchisserie ne prospérèrent à Royaumont que durant tne quinzaine d'années, de 1818 à 1850, 1852. Après une grande vogue, vint la somnolence Devait-on retourner peu à peu d'une représentation des intérêts matériels à une société qui serait la représentation des intérêts d'ordre moral, spirituel?

Cependant à l'époque de ces péripéties du propriétaire de Royaumont, la société des oblats grandissait, recevait ses déveldppements, son organisation, ses statuts, et son approbation canonique. On avait déjà formé des établissements de missionnaires dans quatre diocèses, et évan- •;élisé dans presque toute leur étendue les départements dos i>ouches-du-Rhùne, du Var, du Gard, des Hautes- Alpes et des Basses-Alpes, quand enfm le fondateur jugea que le moment était venu d'obtenir la plus haute approbation, et d'asseoir son œuvre sur la pierre ferme de rËg^lise. Les évêques de Marseille, Digne, Gap , Fréjus, Niiiies, Nice, et l'archevêque d'Aix avaient déjà- approuvé les règles des missionnaires pour leurs diocèses respec-

On sait les eijilieations techniques données tov^jours' après les faits accomplis. La eononn-cncc que firent aux filatures de coton et aux t^ssagc^s

des toiles de coton, l'Alsace et la Normandie, où les vivres et la maindVruvre étaient à meilleur marché, où, peut-ôlre aussi les chefs d'établisseineuts étaient plus écouoines et plus assidus, amena, en plus ou moais de temps, la fermeture, ans environs de Paris^ des filatures de coton élablies : à Liancourt, par le duc de !a Rochefoucauld ; à Coyc, par M. 4n* dryane, père; à Toute-Voie, par Colliau ; à Clianlilly, par Ricliard Lenoir; à lilciuur, par Guulou, ainsi que de celles de lioyaumont, Gliambly, Senlis, etc. Cette industrie, qui a fait la prospéi'ité de l'ALsacc, ne pouvait se maintenir aui environs de Paris.

Page 1