LIVRE QUINZIÈME
ordi e mai exécuté qui n'arriva ni au maire d'Asnières» ni à M. de Warren.
Le temps pressait. M. Lavau, du château de Touteville alla, la nuit, trouver M. Auguste Chevallier, dont les rapports amicaui avee M. de Persigny étaient connus, pour le pl ier d'intervenii auprès du ministre. Tous les deux se présentèrent à onze heures du ^oir chez M. de Persigny et lui exposèrent la situation d'Asnières-sur-Oise ; ils représenlôr^tau ministre, que toutes les tôtes étaient montées, ^ que l'ébullition allait toujours croissant, qu'on était décidé à s'opposer par la force è l'enlèvement du monument; qu'il y aurait inévitablement des malheurs et du sang versé. La crainte de tels désastres et la question d'humanité firent reculer le ministre. M'. Chevallier et M. Lavau, délégué d'Asnières, obtinrent de M. de Persigny Tordre de tout suspendre; un contre-ordre formel fut envoyé au préfet de Versailles, au sous-préfet de Pontoise et au maire d'Asnières ; en sorte que, le lendemain, M. de Warren, se rendant a Asnières, fut averti à Pontoise, par le souspréfet qui 1 attendait à la station, de la nouvelle physionomie de la question. Bl« de Persigny avait envoyé Tordre de surseoir ; Il fallait laisser se calmer les esprits et remettre en attendant tout en place. Ce qui fut fait^
Les ûblats ignorèrent cette agitation et n'eurent point â se prononcer sur une question contentieuse assez obscure, à Toccasion du démêlé entre la commune d'As* niéres et la députation de Nancy. A qui appartient le mausolée dû au ciseau de Coysevox ? La maison d'Autriche a-t-elle le droi( île le revendiquer? Apparlienl-il à Téglise et à la comnmnc d'Asnières? c'est ce qui était à débattre. Mais l'histoire ne s'attache ici qu'au côté clievalcresque .de la petite émeute dramatique, qui tint en haleine pen-
' Les frais clos ouvriers envoyés do Pons, les frais d'étançoiina^^o, d'écliafauduge, de caiât>et> cuuâUuile:» à Asiiières, etc., sélevèrenl à irimcs.
726 mSTÛia£ û£ ROÏÂUNONT.
dant quinze jours toute la population d'Asnières, parce qu'on la menaçait de iuienlcver le ma^mifirfue mausoléedu dix-seplième siècle. La populalion savait que ce chef-d'œuvre avait été donné librement et volontairement par Tacquéreur deBoyaumont» et il n'est pas étonnant qu'elle ait cru que l'on attentait à son droit de propriété. Toutefois, l'on doit considérer cette opposition au transfert du mausolée d'un point de vue plus élevé, et y retrouver lii manirestalion de Tardent altafbcmcnt des habitants d'Asnières h une richesse artistique et nationale, à une des gloires de leur église, à un grand souvenir de l'abbaye de Àojaumont ; on ne s'ei^pliquerait point, sans cda, la grosseagitation de 1863. En soi, le mausolée n*est point fait pour l'église d Asnières. Celte petite église*, d'une construction ancienne, dont une partie (roman ogival), remonte au commencement du douzième siècle, se com* pose d'une grande nef, et de deux bas cétés assez réguliers, malheuneusemeni privés de leurs voûtes par de mauvaises réparations. Elle suffit aux besoins du culte, moyennant le zèlequ'y déploie son pasteur. Maison chercherait vainement dans ses proportions modestes une relation quelconque avec les dimensions grandioses du mausolée du comte d'Harcourt; l'église d'Asnières étouffe et écrase ceebefd'œuvre, qui demanderait plus d'espace, une plus vaste nef, et qui avait été calculé pour la basilique de Royaumont. 11 ne faut donc pas chercher la raison de l'agitation de 1863, dans la pensée d'empêcher ramoindrissement de Téglise d'Asnières. On ne s'amoindrit pas, en se dépouillant d'un ornement disparate et disproportionné. Le mausolée de Goysevox n'est point harmonique avec l'église
> Voici la liste des curés d'A8nières4a^0ise, depuis 1785 :
Lanou, en 1785, HM. Chiappini» en 1847,
Bouché, en 1800, Masson, en 1852.
rotticr, en IH21. DcLiivIe, on IStiU,
Ménélrier, eu 1830, Lconard, en 1803.
Rabourdin» en 1834,