‹ Histoire de RoyaumontChapitre 239 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

portés à se répandre dans les niissions àPétranger, point de contact qu'ils avaient avec saint Louis qu'embrasa le feu de la croisade ; ta centralisation était la nécessité d'à* * voir dans le voisinage de la capilale la pépinière pour les recrues et la formation des nouveaux soldats ràdamés par Pœuvre collective.

Si l'on admet que quelques ordres religieux devaient renaître dans le dix-neuvième siècle * et que Royaumont devait se relever de ses ruines, on trouvera que la société naissante avait en elle-même, dans son organisation, dans ses tendances, et dans quelques particularités historiques de sa jeune vie, des sip^nes de prédesliiialion à recueillir Thérita^e de l'abbaye créée par saint Louis. Ce n'est pas le lieu de discuter la question qui partage les hommes d'État, les évéques, les théologiens et les penseurs sérieux, à savoir si la France moderne a besoin de moines si

* Assurément les institutions religieuses et monastiques ne sont pas nécessaircf?, d'tino nécessité absolue, à l'existence môme de la l olifrion calholique : l'une ne dépend pas des autres; néanmoins, un apologiste rend, par une image cbarmante, 1^ rapports intimes et délicats qui unissent le grand corps chrétien avec les corporations religieuses; les fleurs et les fruits peuvent tombor, dit Balmës, snns qiic pour cela le tronc robuste de l'arbre tombe lui-même ; néanmoins» tant q^ue l'arbre subsiste, on lui voit donner des Ûeui-s et des li uits.

* Ce n'ei>t point un év6que catholique, c'est H. Ernest Renan qui doiAiait naguère la raison d'être du monacliisme dans nos âges nouveaux ; il maintient que a l'esprit moderne s'est montré fort sévère à l'égard du cénobilisme, i> que «i des institutions purement politiques et civiles ne suffisent pas, » que « les aspirations sociales et religieuses ont droit aussi à une légitime satisfaction. » Descendant à la racine même de la Tie monastique, récrivain incrédule prétend que o le couvent est la conséquence néet"-saire de l'esprit chrétien, )> « qu'il n'y a pas de christianisnio fî;u km

•sans couvent. « « 11 y a des âmes, ajoule-l-il, qui trouvoiiL pius doux de s'aimer ft cinq cents que de s'aimer à cinq ou six, pour lesquelles lafiunille dans ses conditions ordinaires paraîtrait insuffisante, froide, ennuyeuse- Pourqu'M étendre à tous les exigences de nos sociétés ternes et médiocres? La famiilo temporelle ne suffit pas à l'homme. Il lui faut des frères et des sœurs en dehors de la diair. »

De là, la prophétie de M. Renan : c Quand l'individualisme moderne aura porté ses «lerniers fruits ; quand riuinianilô rapetissée, attristée, devenue impuissante, reviendra aux ^'raudes institutions et ;in\ fortes disciplines, quand noire mesquine société liourgeoisc, je di> luul, uott% monde de pygmées, aura été cbané à coup de fouet par les )>arties hé-

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les institutions monastiques ne sont pas le complément

obligé du service des paroisses, si le vieiiA moine des vieux âges ne se prépare pas une place im|)urtaiite dans la société, de l'avenir , par la nécessité de tempérer le mouvement qui emporte les sociétés. actuellea dans le ma* térîaiisme, dans le scepticisme et dans le doute.

Les oblats ne venaient-ils pas continuer les cisterciens, dans ce qui devait vivre à Royaiimont de leur passé, par la vie commune^ par le lever matinal par une vie de rè^\e et de mortiricatioQf par la prière, par une vie de spiritualisme et de dévouement, par le soin à faire refleurir parmi eux les observances les plusédifiantes des anèiens ordres religieux, les divers exercices communs de la vie religieuse? Il n'était plus démontré qu'on eût besoin, comme au moyen âge, de maîtres dans la science agricole, d'inventeurs de drainages et de méthodes d'irrigation. Les oblats qui se séparaient des cisterciens, à cet endroit, se montraient dignes de leur succéder, en répondant aux exigences modernes par le travail intellectuel substitué au ti avail iiiauuel, pai la rayonnement de la parole évangt lique,parla prédication au sein des populalions rurales, par Féducation scienlilique des nouvelles générations sacerdotales. Ëst-ce que l'aptitude des oblats à recueillir Phéritage cistercien de Royaumont ne se révélait pas sous toutes les formes, par la large part accordée à la vie intérieure et recueillie dans leurs statuts, par 1 iiabitueile méditation des vérités saintes dans l'exercice

roiques et idéalistes de l'humanité, alors la vie commune reprendra tout

son prix. Une foule de grandes choses, lellcs (|ntj la science, s'organiseront sous forme monasliquei avec liéi'édité en deiiors du sang. » {l^es Apvtres, p. 132.)

Il y aurait à discuter les idées de M. Renan sur la famille.

* « Voir lever le soleil, dit Topffer, dans son Voyage en zigzags, c'est un a goût que tout le monde n'a pas; plusieurs prélèrewt que le soleil les % voie lever. i> On était de ce dernier avis, à Uoy^uiiiuul, depuis boixauleqoatorze ans* Mais les oblats vont faire revivre l'habitude, qu'on avail, depuis sis cents ans, de devancer le jour.

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