LIVRE QUINZIÈME
celui qui voulait rendre à rOrieul cette lumière que l'Ocd* dent en avait reçue.
Là ne se borne pas le dévouement des oblats à l'extérieur; ils ont six vicariats de missions : l**Le vicariat de
la Rivière-Rouge qui comprend toute rélendue du diocèse de Saint-Boniface, et où les oblats exercent leur ministère, soit à Tégarddes colons qui s'y sont établis, soit à Tégard des sauvages ; ^ le vicariat de Mackenziei qui s'étend jusqu'aux limites de l'Amérique russe d'un côté, et de l'autre jusqu'à la mer Glaciale, et qui renferme des régions luimi lises, peuplées de tribus sauvages, dont plusieurs n'ont pu cncpre être visitées ; 3" le vicariat de la Colombie britannique, où les oblats sont en rapport, soit avec les blancs, soit avec les indigènes, et où tout est à créer, au milieu des pauvres sauvages ; 4^ le vicariat du Texas, qui comprend un établissement à Brownsville, et un autre à Matamores, dans le Mexique, mais où tout progrès est suspendu par la guerre , 5" le vicariat de l'île de Ceylan, dont le vicariat apostolique de Jaf&ia, pt la mission du vicariat apostolique de Colombo font partie; le soin des catholiques, disséminés sur de vastes étendues, n'a pas encore permis aux oblats de s'occuper d'une manière (lii eclede la coin t rsion dos infidèles, qui se trouvent au nombre de plus de 1,'200,UU0 ; 6* enfin, le vicariat de Natal, créé en 1 850. Les oblats, outre les missions en faveur des catholiques, abordent une tâche rude et laborieuse auprès des tribus cafres indigènes.
Ce dernier trait, ce zèle intrépide qui emporte les oblats en des terres lointaines, pour s'occuper des étrangers et travailler avec un dévouement incomparable à répandre la lumière évangélique sur le monde, les avait, pour ainsi dire, sacrés à^m dernier sceau de prédestination; il semble quMls avaient comme un droit à recueillir le noble, l'antique héritage de saint Louis, son clici Uoyaumonl ; la transaction de 1864 parait luiiniment naturelle. II. 47
HfSTOlHE DE BOTAUHONT.
On a dit jusqu'ici le besoin de dilatation des oblatsj mais, d'une manière immédiate c'est surtout leur besoin de c^tralisation administrative qui les conduisit à acheter l'abbaye de Royaumont en 4864. En signant ce mémorable conlrat d'acquisition, le 4 août 1864, ils annulaient, quant aux effets, les contrats d'achats conclus par le marquis de Travannet, à la fin de mai 1 791 . Mais comment purent se mettre en rapport une société née en Provence et les représentants d'une ancienne abbaye située dans le nord de la France ? Vers 1859, Mgr de Mazenod et les oblats de Marie, attirés vers Paris, y acquirent une maison, comme une station nécessaire pour leur passage des missions d'Angleterre, de Nancy, de l'Amérique, etc. On connaît ce quartier moderne, élégant, qu'on a vu s'âever dans ces deniiéres années, sur les derniers mamelons de Montmartre, qui meurent à la gare du chemin de fer de rOuest, rive droite. Des rues brillantes, des édifices splendides, occupent ce terrain étendu, où Ton n'apercevait, il y a trente ans, que des espaces vagues et des chan- , tiers de bois. Les oblats ayant construit leur modeste résidence et leur pieuse église dans la rue Saint-Pétersbourg, n" 40, ce quartier n'était pas indifférent, comme le prouve la suite des faits historiques. Là était le graifi de sable dont parle Pascal.
- Gomme il y avait un inconvénient à ce que le scolastîcat général ou maison pépinière^ pour ainsi parler, des oblats, fût loin de Paris, comme on se demandait s'il se*' rait possible d'être moins éloigUié qu'Autun (les provinces et les vicariats des missions lointaines reçoivent leur personnel du scolasticat général; les jeunes profès s'y préparent au sacerdoce en achevant le cours de leurs études philosophiques et théologiques), il arriva que, dans une journée de 1864, alors que le supérieur général des oblats se préoccupait de ce trop grand éloignement du schoiasticat d'Autun, par rapport à Paris, et qu'il peu-
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