LIVRE QUiKZlÈMli
Tordre industriel et civil, Pautre dans le domaine spirituel
et ccclésiaslique. Le déclin de Findusti io de Royaumonl devait-il ètreattril)ué à l'incurie personnelle deM. Vander Mersch ? Restait-il stationnaire au milieu des perfectionnements que le temps amène? Fallait-il expliquer la déca* dence uniquement par la concurrence des établissements deGisors, de Ghauffaille, de TAlsace? Mgr de Mazenod n'avait-il pas eu aussi ses angoisses? ne fut-il pas obligé, en 1830, de transférer le noviciat des oblals de France en Suisse? Grégoire XVI, l'ayant fait sacrer évôque d'Icosie, à Rome, en 1852, le chef des oblats n'eut-il point des di£û* cultés considérables avec le gouvernement français? Cependant tout orage s'apaise et finit. La dépouille mortelle de M. Vander Mersch repose à Asnicres-sur-Oisc ; celle de Mgr Mazenod, à Marseille. Leur œuvre était laite. L'aliénation et la destruction de 1 791 étaient purifiées dans la réparation etle rachat de 1804. L'un de ces deux hommes, dans l'ordre temporel, laissait aux siens un remarquable esprit de famille ; l'autre, dans Tordre ecclésiastique, se survivait dans une société d'hommes apostoliques, liés par une vigoureuse et sainte organisation.
I! fut donc décidé que le vieux Royaumont allait renaître. L'idée très-arrôtée des nouveaux possesseurs paraît être de restaurer Fabbaye dans le goût du treizième siècle, par conséquent de remettre les choses comme au temps de saint Louis. Grâces leur soient rendues par tous les amis des antiques et saintes choses, par tous ceux qui tiennent aux vieilles et chrétiennes gloires de la France! Ou ne leur demande que de maintenir Royaumont dans la pureté» dans Fampleur et dans la poésie de son vieux style.
L'acquisition de l'abbaye de Royaumont n'est pas seulement un événement heureux au uoiiil de vue delà conservatioii d'un monument matériel du moyen âge, d'une véritable importance ; elle mérite surtout de frapper les
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esprits, à titre de renaissance d'une idée. Derrière les murs de pierre et à travers les columiettes gothiques, il faut parvenir jusqu'à l'endroit intellectuel de Royaumont. Dans la pensée du royal fondateur, il était entendu qu'en élevant ces murailles on élevait en feveur des populations d'atentour un centre lumineux, un foyer de chaleur et de force morale. Il était entendu qu'on fondait une colonie qui serait la glorification permanente du travail; c'est ce que se proposent aussi de faire revivre les récents acquéreurs du monument chéri de saint Louis. Les ohlats veulent convertir Royaumont en un lieu de travail, d'étude et de prière ; ce sera une agglomération de jeunes hommes qui viendront y étudier dans le silence, y prier dans le repos, y méditer dans le calme fécond dos campagnes, s'y préparer aux nobles fatigues de l'apostolat et de Tévangélisation des races non encore civilisées : et ceux qui ont le sentiment des choses chrétiennes, comprendront qu'on he pouvait pas revenir d'une manière plus totale aux grandes et pieuses intentions, à l'idée préâtrice du
. royal fonda tour de Royaumont.
Ce ne sont pas les oblats qui viseront h la théocratie ; ils sont de leur temps ; ils veulent faire le bien dans les conditions où la Providence permet à chaque époque de faire le bien. SaintLouis, qui avaitle regard fixé sur Tidèal biblique de la royauté, n'entendit joimais, avec son ferme bon sens, qu'en France on rlablîl de confusion entre le spirituel elle temporel. Ainsi les oblats se trouvaient naturellement organisés pour entrer dans une maison où l'esprit de saint Louis s'était incarné. Ce ne seront point les fils
^ spirituels de Mgr de Mazenod qui feront jamais opposition à Félément progressif des sociétés ; et l'on comprendrait mal le catholicisme si Ton ignorait que, tout en restant dans l'enceinte de Forlhodoxie, il y a place pour toutes . les dilatations politiques et sociales, par la raison que, dans l'esprit catholique, il y a place pour tout ce qui est