‹ Histoire de RoyaumontChapitre 249 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

dévouement, honneur, patriotisme, sacrifice de soi aux autres, à la patrie, aux âmes, à rhumanitë, à Dieu* La tâche de l'historien ne nous impose plus main*

tenant, avant de fermer ces pages, que de comhure ce récit jusqu'à la première joiimêe du nouveau Royaumont. La prise de possession de Koyaumont par les oblats n'eut lieu, d'une manière oificielle et solennelle, que le 25 août 1865, jour de la léte de Saint-Louis; et il est à remarquer c{ue cette entrée des nouveaux habitants de rabbaye ne fui, en quelque sorte, qu'une installation des reliques de saint Louis, dont il a été dit que les oblats sont les heureux possesseurs.

En 1^7 0, on avait déposélesentrailles du saint monarque dans la cathédrale de Montréal, une des plus belles églises de la Sicile. En 4865, les oblats, privés de Tantique basilique de Royaumont ^ donnèrent aux reliques de saint Louis la plus somptueuse hospitalité qu'ils purent dans la petite chapelle intérieure qu'ils ont organisée à la hâte. A Montréal, prés Palerme, les entrailles de saint Louis reposent dans une abbaye fondée par les Normands, à côté du tombeau de Guillaume le Bon. A Boyau mont, les reliques du saint roi sont déposées non loin des antiques sépultures de ces anciens ahljés réguliers qui passèrent silencieusemenl de la vie à la mort. Mais i on doit noter les harmonies mystérieuses qui deviennent saisissantes, quand on a cette nUelligence du ecRwr dont parlent les, livres saints , et ce sens délicat qui sait déchiffrer le

* De la grande et mapriiifique ég-lisc gothique, à laquelle on traYailla une trentaine d'atinécs, il ne vv<\o j)lus à Royaumont qnv : 1" ia tour ou l'escalier nord, qui a plus de lUO pieds d'élévation, et i]ui conduisait aux galeries de l'église, aux voûtes de la nef et du transsept; 2* le roaltre-autel en marbre, qui est aujourd'hui à Viarmes, et dont doux colonnes à Asoiëres; S» un cirLrnnt profil de cnlonnettes golhiqnrs !e long du mur de l'un des bas côtés de 1 église; 4* le nmr méridional de l'église longeant un c6té du cloître; 5» un pilier d'arc-boutant; 6» le fond d*une des cliniu lies entourant le choeor; 7* celle oû se trouvait le mausolée du prince Henri de l orraine, comte d'Harcourt; S* une portbn du portail de la principale façade.

rhythmc des consonnanccs entre le passé et le présent. On avait congédié, en 1791, celte corporation des bernardins, qui avait, dès les premiers siècles, fait profession de garder dans sa dévotion générale une prédilection particulière envers la sainte Mère du Christ, et, le 25*a()ûti865, c'étaient les oblats de Marie Immaculée qui reprenaient l'abbaye de Notre-Dame de Royaumont. En 1791, il y avait eu en fait une sorte d'expulbion des reliques sacrées que Tabbaye possédait depuis des siècles ; la reprisa de possession de Royaumont ne s'est accomplie que par une autre rentrée de reliques, par les rdiques du fondateur lui-même de Royaumont. On les porta donc, ces reliques si chères, de Paris à Royaumont, le 25 août môme, et elles demeurèrent exposées toute la journée dans la petite chapelle intérieure de la maison des hôtes, parce que la transformation de rancienne sacristie en chapelle n'était pas, à cette époque, encore achevée. Les reliques étaient accompagnées par les principaux représentants de la congrégation des oblats, houiiucs vénérables, dont le cœur battait haut et fort ce jour-là. On chanta des hymnes d'actions de grâces; le Te Deum et le Magnificat furent dits avec d'autres prières ; le triomphe cl Fallègresse étaient dans les âmes. Ce jour en effet ^it un jour d*émotion, une cérémonie imposante et une féte qui avait les propoi lions d'un événement.

Après les scènes de vente et les scènes de dévastation de 1791 et 1792, on assistait enlîn à une scène de réparation. On marchait à travers les débris et les ruines. C'était saint Louis qui rentrait dans son manoir du treizième siècle. Les oblats n*ont voulu rentrer qu*à sa suite, en faisant cortège à ses saintes reliques. Autrefois on avait vu saint Louis, roi puissant, intrépide truerricr, aujourd'hui on le vénérait grand saint. C'est que les oblats entraient à .Royaumont, en nouveaux crmës; la seule particularité de leur modeste costume est de porteroslen-

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