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sibiement sur la poitrine une ^ande croix en métal, longue de 25 centimètres.
Ce n*est pas qu'en 1791 le rôle d*Asnières-sur-Oise eût été profanateur ou hostile pour les saintes reliques de la basilique de Royaumont. Âu contraire, le rôle d'Asnièreasur-Oise fut éminemment conservateur envers Tantique abbaye, comme s'il eût été impossible à la vieille cité d'oublier que la gloire de Royaumont rejaillissait sur elle. On fit, le 48 mai 1791, la translation de ces reliques avec une grande pompe ; on se présenta à l'abbaye à la suite de la délibération prise par le conseil de la commune d'Asnières, annexée au procès^Terbal delà vente deRoyaiunont; les odiciers municipaux d'Asnières, de Viarmes, et de Noisy-sur-^îse, lés notables de ces communes, la garde nationale de Luzarches, le clergé des mêmes paroisses, les officiers ayant à leur tôte les drapeaux des trois localités et avec musique militaire, tous se rendirent processionnellemeni avec une grande quantité de peuple des deux sexes à l'église de Royaumont. Le pèreCanonne, que le directoire de Gonesse avait établi gardien de l'abbaye, ayant été invité par D. Dumont, procureur du district, à faire la remise des reliques de Royaumont, les céda, à titre de dépôt, ainsi que leurs précieux reliquaires, jgages de la piété des papes et des princes pendant les quatre premiers siècles de l'abbaye. Elles furent placées immédiatement sur Fautel du chœur et ensuite sur des civières disposées aux marches de l'autel. Le curé d'Asnières prononça un discours analogue à la cnconslance. On chanta les répons et les prières d'usage. Ënfin les reliques furent transportées processionnellement de Royaumont à l'église d'Asnières, « aux acclamations du peuple, » dit l'acte de remise dressé en 1 791 *. La bannière marchait en tête du cortège ; puis
* L'acte constatant cette cérémonie fut signé par les noms qui suivent : Lanott, prêtre, ci-dev9nt curé d'Asnières; Beaugrand, aumônier de Mon-
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venait le guidogi porté par uiie jeune ûMe que suivaient les demoiselles d'Asniëres, vêtues en blanc. On chanta une
messe solennelle, et la muiiicipalitè d'Asiiières offrit le pain à bénir.
Bien qu'on ne puisse expliquer aujourd'hui ce que sont devenues les nombreuses reliques qui furent portées en 1791 de Royaumont â Asnlères, toutefois on pouvait se dire, à la cérémonie de i865, que l'église d^Asnîéres avait
sauvé du naufrage de 4793 l'importante relique de la vraie croix, que le roi saint Louis avait donnée lors de la bénédiction de 1 église abbatiale en 1235. Le père Canonne l'avait mise en sûreté au moment de l'ouragan révolutionnaire ; et après sa mort, la personne qui le servait remit cette relique, en 1854, entre les mains de M. le cupè (M. Babourdin), qui en fit reconnaître l'authenticité. On voit aujourdliui cette vénérable relique dansunsplendide reliquaii*e, donné en 1864 par un Espagnol ^
8îeiir;Fr. Canonne; Montier, curé de Noisj^OF-Oisc ; Millet, commandant d'Asnièrcs; Le Comte, major; Fournipr, officier; Boulangé; de la Borde; Giraux, capitaine; Imbcrt, capitaine de Luzarchcs;. Fontaine, capitaine; Déguars, de Beaumont; Schleger, capitaine àe la garde de Viames ; Bessoiir sous-lieu tenant; Despieuv, capitaine; Bert, sergent des grenadiers de L11zarches ; Pntnrcl ; Lucas, capitaine de la prarde de Noisy; Petit, maire de Vianiii's; Dclaiond, lieutenant de la garde nationale cte Noisy; Fouquet, officier, etc.
Nalheiireiisement, A8nières-sur4)ise, qui était fier de recevoir les reU>
ques de Royaumont, ne sut pas les défendre complètement pendant les desordres de la Terreur; par on chercherait en vain aujourd'hui, dans 1 église d'Âsnières, toutes les reliques énumérées dans l'acte de remise, fait en 4791. Voici ce que regut la municipalité d'Asnières, à Royatiment même : 1» la main de saint Solplce, en vermeil ; 2" le bras de sainte Agnès, en forme de main, en vermeil; 5" inie épine de la couronne de Nolrc- Seigneur, avec mio pierre du sépulrrc de sainte (-ntlierine, en forme de soleil, en vermeil; 4*" un os,de saint Louis, dans une boite ronde, en vermeil ; 5» une autre boite ronde, en vermeil, renfermant ptlusieurs autres reliques; 0" une boite d'étoffe, en argent, contehanldes reli«iucs de sainte Concorde; 1" un reliquaire do fer et un reliquaire en bois doré, carré, ayant la lorme d'une église, où se ti'ouvaient des reliques des compagnons de saint Maurice ; 8* des reliques de sainte Berge et de saint Bamabé; 9* enfin une croix d'argent oû était enfermée une relique de la vraie croix. (Archives de Srine-et-Oise.) * N. Edouard Gonxal^s. — Ce reliquaire^ offert spontanément, qui renferme
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Enfin, lo paclc rompu en 1791 se renouait de loute l'açon, et on ne sait à quoi comparer celle entrée des oblals à Royanmont, précédés par les reliques de saint Louis. Les citoyens Daioz et Velarde^qui défendirent si longtemps, à Madrid, en 1808, Tarsenal de la capitale espagnole contre les attaques de Murât, et moururent au lieu de se rendre, devinrent, eu \ ^\ le 2 mai, après la nouvelle de Fabdication de Napoléon, l'occasion de grandes démonstrations populaires. Leurs ossements, tirés de leurs cercueils et déposés dans un sarcophage, avaient été portés processionnellement par des ofKiciers d'artillerie, leurs anciens compagnons d'armes, et on entendait la foule s'écrier : «Honneur aux braves, morts pour l'Espagne !» Il y eut de cet enthousiasme à Royanmont, mais sous une forme plus intime ; on voyait rentrer les ossements d'un grand aini de la France, de la religion et de l'humanité. Gomment donc dépeindre l'entrée des oblats en 1865? L'enthousiasme des royalistes qui virent etitrer Louis XVIII à Paris, en 1814, précédé du comte d'Artois; l'émotion qui s'empara du cu'ur des vieux soldats, le 20 mars 1 815, lorsque Napoléon, de rctoui* de File d'Ëlbc, rentr-aii à Paris, précédé de ces drapeaux que la victoire avait promenés dans toute l'Europe; ces faits, empruntés delà région agitée du monde politique, ne peuvent donner que faiblement l'idée de la reprise du possession, le 25 août 1805, de l'abbaye que saint Louis avait consacrée à une idée religieuse, que l'Assemblée constituante avait sécularisée, et qui retrouvait après soixante-quatorze années sa destination primitive. Dans les relations de province à province, il semblait que la Provence ei)t uné mission àTégard du Nord. On voit, par exemple, au douzième siècle, que si l'exemple des municipes du midi de la France n'a pas déterminé rafl'ranchissement des communes du nord, il
les morceaux de la Yraie croix, est lui-niême en forme de croix ; le grand bras a 5 centimètres de'lon^, et le petit 2 et demi,
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Ta cependant secondé puissamment pendant le moyen âge. Nous trouvons dans Thistoire de la commune de Vezelay, au début delà révolution communale, un homme
de patriotisme, Hugues de Saint -Pierre; cet homme venait du Midi, où il avait apprécié les idées du ^gouvernement municipal ; il les transporta du sol de la Provence pour les faire fructifier sur les bords de la Loire. Les oblats ne viennent pas inaugurer dans le Nord le régime municipal romain, ni tempérer la civilisation germanique par la civilisation romaine : cet ouvrage n^est plus à faire ; mais fils de leur siècle, comme ils sont les enfants dévoués de l'Église^ ils viennent, comme un essaim de Provence, ressusciter dans le Nord la partie impérissable des anciennes institutions, et marier, par un dévouement continu aux grands intérêts du prochain, le trait d'union qui, en rii oinine-Diou, N.-S.-J.-C, rapproche le passé et les générations niodeiiies.
Comme on était entré à Koyaumont en 1228 sur les pas de saint Louis,c'était donc saint Louis encore,du moins une portion matérielle de sa personnne, qui introduisit le cortège des oblats dans le vieux manoir des bernardins. Les oblats, à cette prise de possession officielle de Koyaumont, chantaient dans leur cœur, ce qu'on put surprendre sur les lèvres de plus d'un de leurs religieux; ils rendaient l'élau de leur joie, en redisant le passage du prophète Isaïeu « ExultabitsolMhido, et /l0r€^tl^ » La solitude deRoyaumont va tressaillhr ; elle va refleurir comme au temps de son rojal f uiiilateur. Ce seront les mêmes psaumes, les mêmes hymnes, et les mêmes cantiques qu'autrefois. C'est le même sacrifice qui se-célèbrera sur les autels relevés*.
Il avait fallu, pour que saint Louis inaugurât Royaumont,
* ftme, 35, I.
' On croit avoir retrouvé le tabemule qui était sur Tautel principal de
Royaumont en 1789. Le bois en est n^^-oz fo lilîi' ; tonie \-\ flovnrc n'a pas disparu. I^e travail en parait âtrc du commenceiueiu du dix-liuilièiue siècle.
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en 15^38, tout un concours de ces circonstances compliquées qu'amène le développement liistoiiqiio du monde; il avnit fallu l'avènemenl des idéo^ (iof^maliques du chns- Uanisme et de sa morale, F institution des tribus cénobitiques, rassimilation de la France par le christianisme à Pépoque de sainte Glotilde,- l'éclat jeté dans le monde par saint Bernard, une particularité spéciale dans le testament de Louis VIII, cl les préférences de Blanche de Castille pour le cliàleau d'Âsnières-sui-Oise et pour les champs de lioyaumont. Mais il ne fallait pas moins, pour la reprise de possession de 1865, une^réunion étonnante de circonstances imprévues; une succession de propriétaires de l'abbaye, dépourvus de fixité ; la préservation du monument contre le vandalisme d'un (oi ccné qui, par un motii de sot calcul, eût pu en abattre le dernier mur ; la migration des oblats des rives de la Méditéranaéevers les bords de la Seine; le choix du quartier de la rue Saint- Pétersbourg et d'Amsterdam, prés des BatignoUes ; la possession des reliques de saint Louis ; le prestige exercé par cette ande mémoire à la nouvelle du projet de vente de Royauuiont, ... et il se trouve que cette réunion de circonstances s'était rencontrée providentiellement.
Que si quelqu'un demandait : A quoi bon les oblats viennent-ils sHnstaller à Royaumont? Pourquoi, lorsque le pays s'était habitué à voir des manufactures, va-t-on rouvrir un asile de prière et d'étude, auquel la population comprendra peu de choses? A ceux qui iéniient ces questions, on devrait se borner à rappeler certains courants d'idées, qui, au sein de notre civilisation, mèneraient la France, si on n'y prenait garde, là où elle ne veut pas aller. 11 est vrai, l'on calomnie beaucoup noire temps ; on dit tous ses vilains côtés, mais on omet de raconter ce qu'il y a aussi de beau et de bon. Néanmoins, nous conviendrons, avec tous, du courant dominant qui eniraiiie notre siècle vers les seules préoccupations de la
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richesse et des jouiasaiieesr msténeUes, et, à ce titre, les habitants d'Asmères^sar-Oise, deVianves, B(»m, Luiar-
ches, Chantilly, Beaumont, cloivent, entre autres raisons, applaudir à la renaissance deRoyaumont, une des vieilles gloires de la contrée. Une abbaye, une maison religieuse, est un drapeau de spiritualisme, planté au sein des campagnes. Les habitants qui pensent, et tous se glorifient de penser,' apprécieront, à. ce pràit de^e, la résurrection de la fondation de saint Louis. — Un auteur parlant d'autrefois, dit : « Les coeurs étaient plus enthousiastes; on aimait le bien, on s'écliauffait au mal ; l'on vil aujourd'hui parmi des hommes plus rat'fmés, mais d'une semence plus gdtée, et qui riront quand on leur dira que, durant deux mille ans,, on s*est entre-tué au nom delà vérité; ils n'auront souci que de leurs aises et de leur vanité, et leur cœur ne se haussera point au delà de l'envie du iucrc de leur voisin. » Bien qu'il y ait du vrai dans cette assertion, nous n'admettons pas que nous valions si peu, quand nos pères étaient si parfaits. U ne faut pas excuser les tristesses du temps présent, mais on doit se garder de canoniser tous les personnages d'autrefois, et pour ne pas remonter plus haut que le dix-septième siècle, il y avait à la cour de Louis XIV une masse de grands seigneurs qui auraient tout simplement mérité les galères. Ce qui n^empéche pas également de reconnaître que notre dix* neuvième siècle, coixm^ tendance actuelle, penche d*une manière déplorablement exagérée vers les appétits matériels et vers le en lie de la richesse. Voir renaître, voir s'élever une abbaye à Royaumont, c'est pi*oleslcr cl déclarer, sur un point du territoire, que le matérialisme n'est pas plus Pesprit de la France, que la vie animale de ce monde n'est la barrière absolue de l'existence et de la destinée de l'homme^ Il ne faut pas chercher d'autre signili-
' Les inondations de la Drance, en 181S, déTatitèront, dan? Icf; Alpes, un couvent de chartreux, a Ce n'est point le mouastèi e que l'on vu rétablir»..