‹ Histoire de RoyaumontChapitre 251 sur 263 · L1VA£ QUINZIÈME · texte numérisé non relu

L1VA£ QUINZIÈME

cation à révènemeiit qui a 'aoudé la nouvelle branche des

oblats de Marie à l'antique rameau, à l'antique Ix'adilion des bernardins de Royaumont.

S^gr de Mazenod n'était pas à la cérémonie de prise de possession de Royaumont; Mgr de Mazenod avait effectué son passage de la mer Rûuge, comme Moïse; il avait, pendant une carrière de soixante-dixHÎeuf ans consacrée en entier à ses oblats, traversé beaucoup de diHicultcs; sa compagnie était solidement assise : il avait pu chanter son cantique d'actions de grâces , le grain de sénevé étant devenu un grand arbre ; il avait pu dire le Cantenm DominOy l'iiynine du libérateur des Hébreux, chef-d'œuvre poétique dont Rollin a décrit les admirables beautés, rs'avait-il pas triomphé de bien noiabieuses épreuves avant (Pétahlir, d'étendre et d'affermir sa chère congrégation des oblats? li vit les anxiétés spéciales que la révolution de 1850 suscita à son œuvre; mais il avait déjà franchi la mer Rouge et le désert ; il avait gravi son Sinaî; il avait tiré Teau du rocher d'Horeb ; il arriva avec ses chers eoni[»a^iiOHs jnsquc sur les confins du pays J)as de Clianaan, au pied du mont Nébo. 11 escalada cette montagne, car cette montagne c'était l'établissement des oblats^ dans la cité même d^ Paris. De là il put voir la terre promise de Royaumont, où, comme Moïse, il ne devait pas entrer. 9lf^ de Mazenod s'endormit en Dieu trois ans aupuravanl, le 21 mai 1861.

dit un journaliste : là même où les ( luu treux uni cultive leurs petits jardins, oû ils ont psalmodié les longuo: prières, le bruit des moulins à foulon, des machines à vapeur, des marteaux, \a bientôt retentir. Le couvent se transforme et devient usine ; la prière plntonîque ^•e^a remplacée par la prière active, qui est le travail. » [Maxime du Camp, Journal des Débals, du 10 octobre). Il y aurait des idées erronées à relever dans ce morceau; et Boyaumont n'entend fias ressusciter la prière, dans le sens qu'on est habitué à attacher au mot platonique, l.o c.iiIioliLi^me n'admet pas qu'aucune prière, du itiomenl qu'elle est réelle, soit platonique.

• n fut nomme cvôquc de Marseille, en 1857. 11 succéda à sou oncle vénérc( Charles-Fortuné de Mai enod, qui se démit, en fkvenr de son neveuj do la cbarge pastorale.

768 HISTOIRE DE ROYàUllONT.

Mgr de Mazenod mettait fin, sous le rapport temporel cl du côté de la chair et du sang, à une famille que Louis XIV avait illustrée et anoblie en 1655 % qui avait fourni des membres émioenls à rÉglise» à la magistrature et au parlement*, et qui, par des alliances, avait attiré en elle les maisons des Thomas -la-Gui de, des Grimaldi, des Escalis de Sabran, baïun d'Ansonis, des Lombar-Moutauroux, seigneurs de Malignon, des Mourgues de Galian, des Antoine de Laugier (d'Aix) \ Son grandpère, qui avait servi dans le corps des mousquetaires, et qui devint ensuite président à mortier au parlement, joua, eomme on l'a vu plus haut, un rôle considérable parmise'seoncitoycnsdans des moments d'émeutes, faisant ^ servir au bien de ses concitoyens la considération qu'ils lui avaient accordée. Mais si la famille des Mazenod s'éteignait dans la personne du fondateur des oblats, il laissait dans ce monde une postérité spirituelle qui devait s'attacher à servir la France et TÉglise par des services et des illuslralions d'un autre ordre, celles de Tordre moral. Ce n'est point abdiquer la fécondité, cela ! G'est se perpétuer dans son pays par les bienfaits»'

Le R. P. loseph Fabre, second supérieur général des oblats ^, tenait la place de Mgr de Mazenod à la cérémonie d'inauguration de Royaumont. L'histoire est fière de le voir rattacher le présent au passé, renouer la chaîne interrompue de ces abbés de l'abbaye royale de Notre-Dame de Royaumont, dont plus d'un édifièrent le monde par

' Charles Mazenod, de la ville de Lyon, eu Provence et s étaLlit a Maraeille. Louis XIV lui accorda des leUres de lioUesse, en i653, enregistrées le 25 mai 1654, et confirmées en 16C7.

» Vu Ijisaïeul de Charles-Eugène de Mazenod était chanoine et vicaire général de Marseille. Son oncle mourut en 1840, après avoir 6iô évèque de Narseille. Son grand-père était président i la cour des coiupies; son père siégea également au parlement de Provence.

^ Voy. Histoire hérmque de la noblesse de Provence, t. II, p 123, — et * Diclionnaire de la mblesse, par la Chesnaye de s Dois, t. IX, p. Q73.

♦ Né le 14 novembre 1824, IcK. P. i abrc, du diocèse de Marseille, a été vicaire général de H arsdUe et supérieur du séminaire diocésain.

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leur lumière et par leur sainteté. On peut deviner que lorsqu'il priait agenouillé avec ses pieux et apostoliques compagnons devant les reliques du saint roi, le 25 août - 1865, sa pensée n'alla point évoquer pour modèle les abbés dont l'oisiveté et la mondanité, comme celles de Tabbé de Ballivières, marquèrent la décadence de Uabbaye ; sa vaillance dut chercher plus haut les t^pus <lu labeur cl du dévouement. Il n'y a point à foire l'apologie de sa modestie; quand on travaille pour Dieu et qu'on a Tâme élevée, distinguée, la modestie est la forme U plus natu* • relie de l'être. Nais lorsqu'on a été nommé le chef, le supérieur général d*une compagnie à Vunanhtdté*^ des suffrages, on se sent bien fort, et plus à Tabri du péril d'orgueil, pour accepter le poids de la responsabilité qu'entraîne une vaste et délicate administration. On accusait le dernier abbé^ commendataire de Aoyau*

* Après la mort de Mgr de Mazenod, arrivée le 21 mai 186t, onse réunit pour la première fois, dans la nouvelle maison des oblats, rue de Saint-

I^élcrsbourg, 40, le 5 décembre 1861, à l'efTet de nommer un supérieur fri'nt'ral. i)our succéder à Mgr de Mazenod. l/nssemblce était nomt reuse; plusieurs cvê(iucs, notamment Mçr Gui})crt. archevêque de Tours, assistaient à celle solennelle élection. 11 arriva, ce qui Ji'eàl peut-être arrivé que pour le successeur de saint Ignace, le R. P. Fabre fût nommé supéneur général des oblats, à l'unanimité des voix (vingt et une voix).

* L'abbé de Balliviôrcs, né vers 1750, avait quarante ans au moment de la révolution. La marquise de Ballivières, sa belle-sœur, était une demoiselle Prioto, femitte italienne établie en France. Lemanpiisde BalliTières était, avons-nous dit, dans l'armée; il n'eut qu'une seule punition ctans sa longue carrière, et encore, quand il avait soixante ans ; il fut mis aux arrêts, par

!e duc d Enghicn, pendant l'émigration, pour un simple malentendu; le prince reconnut ensuite son erreur. Le juarquis de Ballivières rentra en France en 1799. Il fut fait lieutenant général sous Louis XTIII. —C'était un homme de bien, s'occupant desiwuvres; il mourut sous la restauration.

Son fils, qui l'avait accompagné dans l'émigration, et qui suivait aussi la carrière militaire, se maria en 1809, et mourut en 1821. Sa veuve est la seule qui porte encore le nom de Ballivières. Ils n'eurent de leur mariage qu'une fille qui n'a pas vécu. Madame veuve de Ballivières, l\gée d'environ soixante-seize ans, est, depuis longues années, religieuse de la congrégation de Notre-Dame, au boulevard Monceaux, à Paris.

Les armes des le Cornut de Ballivières sont d'a2ur a trois cors de chasse, d'argent oiguichés d'or. {Dktiom. de la Chesnaie.)

Tous les biens des Ballivières furent vendus et mal vendus à la révolution. Quand ils rentrèrent en France, l'indemnité des émigrés ne fut & peu près rien.

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