‹ Histoire de RoyaumontChapitre 35 sur 263 · II. 1S · texte numérisé non relu

II. 1S

point la plus étrange des anomalies, et celle que M. de la Rochefoucauld aurait dû songer a-vant tout à réformer?

I\\tuiail-il pas dû signaler cet odieux séparalisnie comme la source des plus grands désordres?

Nonobstant ces difticultés , le souffle de la rénovation airait fait déjà sentir ses brises dans notre chère abbaye. Pour Henri d'Escoubleau, il n'y aurait fait, en s'en mêlant, qu'attiser le feu de la discorde, les querelles naissant partout sur ses pas; il eut le talent de se faire donner des coups'plusieurs fois en sa vie, en sorte que cet archevêque pouvait se vanter, à bon droit, comme on l'a dit, d'être le prélat du monde qui aVait été le phu htUiu, Le maréchal de Viiry, qui était gouverneur de Provence, donna un jour, dans un démêlé, un cou|) de canne à notre archevêque, à notre abbé de Royaumunt*; le duc d'Espernon, le vieux duc, eu lit autant à Bordeaux ; d'un coup de canne, il fit voler à terre le chapeau et la calotte du prélat, en l'appelant « insolent, brouillon, méchant, igno* rant, » et en lui disant que, sans son caractère, il le mettrait à rinslant a sur le carreau*. » Aussi lujyaiiiauiit, qui n'avait pas à compter sur l'arciicvequc de Bordeaux, s'organisait sans lui ; et, tandis que Henri d'Ëscoubleau engageait des batailles scandaleuses avec maréchaux et gouverneurs, l'abbaye de Saint-Louis entrait sans bruit dans les idées de réforme et de stricte observance, dans les voies iruii perfectionnement sensible. ïl était diflicilede ne pas uu;ttre, à Royaumont, la main à la réforme intérieure, lorsque, dans toute la contrée, Mgr Augustin Potier de Blancménii avait donné le signal du mouvement de rénovation. Ce prélat voulait que la discipline, la piété, les bonnes mœurs, l'austérité antique refleurissent dans les contrées que l'Oise arrose j ou appelait cet cvèque le

* Le marêclial de Vilry, qui irappa l'ai'chcvêque de Bordeaux cndéccm* bre 1036, fut mis, pour cela, à la Bastille, où il demeura longtemps*

* C'est en 1653 qu'arriva ralTaire avec le due d'Épernont

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