LIVRE ONZIÈME. i
quillllé intérieure el de la bonne adminislration du royaume? car TafTaire de Tordre cistercien avait pris alors, en France, les proportions d'une afçiialion nationale. Cette explicalion de l'inj^^crcnce de Richelieu ne serait pas dénuée de légitimité. On en adonné imeautre, qui ne sourit pas autant,et qu'on tire de Tambition peu médiocre de Richelieu. Ce prince de TÉglise, au-dessus du roi qu'il tenait en tutelle, aspirait encore, dit-on, à devenir en France plus puissant que le pape. Quelques historiens ont prétendu que ce ministre rêvait le patriarchat. On n'est pas tenu de croire à ce rèvc, mais il paraît que le cardinal en fut accusé, et qu'il chargea un jésuite de son apologie ^ Par suite de sa gigantesque ambition du côté de la prépondérance dans le monde ecclésiastique, le cardinalministre aurait rêvé également de se faire nommer légat apostolique; et n'ayant pu en venir à bout, malgré son influence, il aurait cherché, pour se venger de cet échec, h mettre sous sa dépendance les ordres monastiques. Faire la loi dans ces grands corps de religieux, répandus sur tout le sol de la France, aurait séduit le cardinal; et il marchait progressivement à la conquête de cette influence, en se faisant élire, au fur cL à mesure, abbé de différents monastères, comme de Cluny, dePréroontré, de Saint-Martin des Champs de Paris.
Gomme Thistoire ne peut s'arrêter à des hypothèses, il faut revenir à Tordonnance du 27 juillet 1634, donnée parle cardinal de la Rochoroucauld, et qui énuit si vivement rancieiiue observance. Les premiers abbés cisterciens ne pouvaient pointue pas protester contre cette ordonnance révolutionnaire et spoliatrice; ils en appelèrent au saint-siége d'almrd; ils crurent aussi devoir se pourvoir devant le roi ; enfin, ils eurent également l'idée de
* la doctrine de uc jésuite ne (ut pas approuvée par ses collègues de France; elle fut hautement bUmée par 'ceux de Aome, de rAUenugne et de la Péninsule.
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m HISTOIRE Dfi ROTiUMONT.
8*adresser au cardinal de Richelieu, pour le faire juge du grand différend; il semblait qu'on eût besoin de cet homme extraordinaire pour terminer toute grande que^
relie.
L'histoire du temps présent avait, en effet, unesignificativeéioquence. Richelieuavai t su venir à bout des huguenots qu'on avait épargnés sous la régence de Marie de MédiciS et durant la minorité de Louis XIII, mais que Tintelligent et vigoureux cardinal ne ménagea plus, lorsqu'il crut qu'une paix durable était à peu près impossible avec les calvinistes de cette époque, toujours mécontents, toujours menaçants. On sait qu'ils étaient, en ce moment, plus irrités que jamais de ce que le roi épousait une infante d'Ës* pagne, et restituait aux catholiques du Béarn les églises qu'on leur avait enlevées. Richelieu, par la prise hardie de la Rochelle, dernier renipat l du < ni vin ib me, avait abattu entièrement ce parti souslcrapport politique \ Voilà pourquoi la commune observance s'adressa à lui ; il s'était montré énergique et d'ailleurs partisan de l'unité ; il avait terminé la longue et sanglante lutte de soixante-dîrc ans. On considéra Richelieu connue un ailjUre qui iiuposaiL a tous les partis, et qui scnil)lait un rediesseur de tous les torts. 11 serait téméraire et calomnieux d'affirmer que les mitigés n'avaient que le puéril dessein d'opposer un cardinal à un cardinal, ou bien de lutter avec lui de diplomatie. Il serait coupable d'expliquer le recours des mitigés à l'émineuUssiaie cardinal, en re qu'ils pensaient engager cet illustre personnage « par des intérêts qui étaient infmiment au-dessous de lui^ » Respectons-nous, en respectant les autres*
Il fut conrvenu que des conférences auraient lieu, où
« Ea 1628.
* Le furibond auteur de YBittaire dé la Mf^me 4e CUémiXt dom Ger-
vaise, l'un des successeurs de Ilancc, n'a pas craint d^insérerj dans son livre, ou plutôt dans son pampliet, cette insinuaiion^