‹ Histoire de RoyaumontChapitre 47 sur 263 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

« et ay appris que la plupart des religieux le désirent, <t reconnaissant le peu de satisfaction qu'ils ont de vivre « en cette confusion contre leurs vœux ^ » \

El cependant, Richelieu le réformateur, ne pensait jamais, pas plus que le cardinal de la Rochefoucauld, qu'il y avait surtout à démolir une institution surajoutée à l'organisation monastique, advenue par une sorte d'aUuvion de la monarchie, et qui nuisait beaucoup à la régularité des ahl avLs; le cardinal n'avait pas même 1 air de soupçonner ce qu'il y avait de fâcheux dans les commendes et dans Paccumulation des bénéfices. Étant encore évêque de Luçon, voici ce quM) disait en 1622, de M. de Bakae; quUl regardait comme un homme rare : « M'ayant un jour prié à diner, raconte Ralzac lui-même, Richelieu dit à force gens dequalilé quiétaientà table : «Voilà nnhommc « à qui il faudra faire du bien quand nous le pourrons. Il « faudra commencer avec lui, par une abbaye de 10,000 li* <f vres de rente. » Il est vrai que les promesses de l'évéque furent oubliées par le cardinal ; que Ralzac ne toucha jamais rien de ces rentes d'une abbaye m Espagne; et qu'il ne suivit pas la carrière de TÉglise ; mats on voit aussi les idées dominantes auxquelles Richelieu cédait. Chose étrange I on songeait à réformer les abus qui affaiblissaient la vie cistercienne, et on n^ipercevait pas une énor- . mile qui était immédiatement sous les yeux, c'est-à-dire la triste habitude de disposer des abbâyes sous, lia. nom de eammende^ et de les transformer en faveur du gouvernement. Est-ce que Richelieu n'était pas le premier à solliciter des abbayes pour lui et pour les siens? Il écrivait un jour à Louis Xlll une lettre de rcmcrciment : « Votre Majesté me pardonnera, dit-il, si je prends la iiardiessede la remercier de Thonneur qu'il luy a pieu me faire, en ac* cordant à mon neveu une abbaye, dont l'air et lieu

* U'ttres (ia cardinal, Icltrc xxxi, t. II, p. 50.

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