LIVRE ONZIÈME m
des autres, s'édiûant les uns les autres, tempérant la fougue des plus jeunes par la maturité des anciens, et
empêchant les anciens, an moyen des exemples de vive et ardente piélé i[iie l'on donne nu temps de la jeunesse, de tomber dans une molle routine.
Ajoutons que les nouveaux abbés qui, sur la fm des grandes controverses du dix-septième siècle, devinrent les conlmendataires de Royanmont, apporlèrenlàTabbaye le lustre de leur maison ; de même que Royanmont attira aussi les regards par sa nouvelle eéléljrité, et })ar le bruil des conférences où Ton vit présider le cardinal de Richelieu, ce politique qui dirigea si brillamment la France, et influa sur les affaires européennes. Des princes de la maison de Lorraine devinrent abbés de Royauiiionl, et il est indispensable d'expliquer comment : car il y eut, de i650 à Tan 1728, une sorte de dynastie tout entière d'abbés de Royaumont, sortis de cetfe grande et antique maison.
On parlait beaucoup, à cette époque, d'un des plus grands capitaines du dix-septième siècle, de Henri de Lorraine, comte d'Uarcourt, dit Cadet-la-Periej parce qu'il était cadet de la maison de Lorraine, e( quil portait une perle à Toreille. Le comte d'Harcourt avait une grande réputation de soldat; il la méritait; il était le fils de ses œuvres : il s'était élevé par son courage et par ses talents* L'éclat de ses succès militaires avait effacé presque l'éclat de son origine. Il était second fils de Charles de Lorraine, premier du nom, duc d'Elbeuf, grand écuyer de France, selon les uns, ou de Henri de Lorraine, selon d'autres historiens et de Marguerite Chabot, comtesse de Charny.
^ n était frère cadet de Charles U de Lorraine, due d^Slbeuf. Charles l*'de
I/)f l aine, que Henri IH créa duc d'Elbeuf en 1581, laissa, pour son héritier, Henri de Ijorraine. Ce serait ce Henri de I.orraine, mort le 18 octobre 1605, Hui aurait laisse à sou loui-, de Marie ou Mar^crite Cliabot, deux ûls en
m HTSTOIRE m ROYAUNONT.
La carrière militaire, qui semblait une habitude traditionnelle pour l'ancienne noblesse, fui une vocation trèsprononcée dans le jeune d'Harcourt. Né le 20 mars 1604,
on le vit sous les drapeaux dès Tàge do dix-neuf nns, et sa vie ne fut plus ensuite qu'une longue série de campagnes navales et continentales. 11 avait fait d'abord ses premières armes, en 1620, à la bataille de Prague, où il commença à se faire connaître. A son retour en France, il servit comme volontaire dans les guerres de 1621, 1()'27, 1628, contre les huguenots, et se trouva aux sièges de Sainl-Jeand'Angely, de Montauban, de l'île de Rhé et de la Rochelle. Les historiens du dix-septième siècle, qui ont l'air de trouver étrange qu'un' gentilhomme, comme Henri de Lorraine, ait suivi sa carrière de soldat avec le zèle ardent qu'il V mil, nous élonaenl et nous inspirent de la compassion, ( omme il n'avait pas de l'orlune, on se croit autorisé à insinuer que, dans sa jeunesse, il fit une « espèce de vie de filou ou du moins de goinfre. » Il est certain que Henri de Lorraine élait un reproche vivant pour cette portion de Taristocratie qui se drapait stupidement dans rindolence d'une vie oisive, conseillère de 1 immoralité.
. On ne peut que féliciter le comte d'Harcourt d'avoir pris au sérieux sa carrière de soldat, d'en avoir adopté les fatigues, les équipées chevaleresques, commeil devait en moissonner aussi la gloire. 11 se signala, en 1629, h Tatlaquc du pas de Suze, et Louis XUl lui donna le . collier de ses ordres en 1655. Les campagnes auxquelles il assista
bas âge, qui, tous deux, suivirent la carrière des armes. L'aîné, Chartes H
de Lorraine, prit le titre de duc d'Elheuf ; sur la fin de sa carrière, il obtint le gouvernement de Picardie, et mourut m 10f>7. l e t adel est celui dont il s'agit ici; c'était Henri de Ijorraine, surnommé Ladet-la-Pcrl^' Marie Chabot, leur mère, eut la tutelle de ses enfants ; ce fut elle qui
abattre, en Normandie, le château de la Carneille, dépendant du cointé
d'Ilrircourt, et qui fu ffa certain? hrrit;ipc's à .îean Do>;Iiayn?, en IHOfi. ^He étiiit fillode Léoiior, comte (le Chaniy, grand écuyer de France, et de Jeanne de Kyes, sa seconde leiiime.