LIVRE ONZII^Mi
de Baiague, et de Roses. Le comte d'IIarcourt commanda encore, en 1649, dans la Normandie. On le nomma en-
suile gouverneur el lieutenant général d'Alsace, commandant de l'armée de Flandre, époque à laquelle il s'empara des places de Condé, de âiaubeuge, et du château de l'Ëscleu.
Le cardinal Mazarin, qui avait succédé à Richelieu dans
le poste de premier ministre, devait apprécier, dans quelques circonstances, du moins, les grands services du comte d'iiarcourt ; el une occasion très -opportune se préparait, où le cardinal témoignerait au grand capitaine que la cour n'était pas ingrate. Mazarin n'attendit même pas les bons offices que d'Harcourt rendît à l'armée royale, à la fin des tristes guerres de la Fronde, particulièrement lorsqu'il fut général de l'armée de Guyenne, en 1651, et qu-il arrêta la marche criminelle du prince de Gondé, ré* comment entré en campagne contre l'armée du roi. Un fait delà veille appelait l'attention de Mazarin sur le comte d'ilarcoiu t. On était encore dans cet état indécis et compliqué qu'avait produit le traité élaboré aux conférences de Ruel, entre la cour de Saint-Germain, lé parlement, et les bourgeois.de Paris. Ce traité, sans décider aucune des grandes questions entre la prérogative royale, les droits du parlement et de la bourgeoisie de Paris, laissait tout en suspens; les partis du roi et de la Froudc se regardaient, se craignaient l'un l'autre ; chaque parti étant demeuré dans sa force, sans qu'il y eût des vainqueurs et des vaincus, on n'avait pas encore de solution définitive ; la paix n'était pas sulidc. I.a question donc de pacifier les esprits, de iaire tomber les préventions que les Parisiens avaient contre Mazarin, contre Ânne d'Autriche et le jeune roi, cette question n'était nullement résolue. C'est pourquoi le cardinal pensa, en prudent politique, que, pour calmer d'une manière complète l'irritation des esprits, il serait expédient de recourir à des diversions
m - HISTOiR£ DE ROYÀUMOriT.
militaires par les guerres du dehors, et que quelque victoire, remportée sur les Espagnols, serait ethi iiu.'ilieiii edes réhabilitations pour Mazarin, et, pour le jeune Louis XIY, la plus belle rentrée dans Paris. Or, il s'agissait surtout d'éloigner le prince de Gondé, dont Tunion avec le parlement et la bourgeoisie de Paris pouvait créer de redoutables difficultés. Mazarin proposa à M. le Priace le commandement de l'armée de i^landre, pour s'opposer à l'archiduc Léopold, dont les armées marchaient sur la route d'Amiens. Gondé refusa. Gondé comprenait-il qu'en le jetant dans une guerre étrangère, on Téloignait du gouvernement, pour lequel il éprouvait des voliiioas? Quels que fussent les mollis du refus, Mazarin se tourna vers le comte d'Uarcourt) comme l'un des grands hommes de guerre de la taille de Gondé.
Ge fut peu après celte mission que Mazarin eut un de ces élans degénérosilc qui se reucoutientchez les avares; une parade de prodigalité plaît aux âmes cupides et resserrées. Henri d'Escoubleau de Sourdis, abbé de Royaumpnt, étant décédé le i8 juin 1645*, le cardinal Mazarin
^ Henri de Sourdis nes^occupait guère du aom temporel de cette abbaye. V Inventaire de la }fa use conventuelle contient un Mémoire où les religieux de Royanmont se iilaignent du cuiicurdat fail le 1" mai 1636, avec leur abbé, urclievèque de Uordeaux.
Od retrouve, dans cet Iiwetttairef le marché fait par le B. P. «fe la C/utrité» prieur claustral de Royaumont le 29 août 1644, avec Fianç> is lu Baillj, cliarprntipr, pour rôtablir comble ondomma^ de la chapelle si populaire de SaiiU-Siilpicc, dans i'égiisc de Royaumont.
Ce prélat, d une iiumeur U*ès-bautaine et trds-inipérieuse, avait été député à l'assemblée du dergé de i040. l\ mourut à Anteuil-sur-Seinet le 18 juin 1645. Son cœur fut porté dans l'cglisc de Jouy, prés de Versailles, où on lui éleva un tombeau. Son oraison funèbre fut pnmoncée par Denis de la Barde, évéque de Saint-Brieuc, et imprimée à Taris. < liez Titré, 1t>40, in-S». — Trois volumes in-i" ont été publiés en 1859, par xM. i:iUyène Sue, renfermant la correspondance de 11. de Sourdis, comme chef des conseils du roi et de l'armée navale.
Après la défaite de notre armée navale devnnt Tarragonc, les ndversaires de M. de Sourdis l'accusèrent d'avoir pris la fuite avec l'armée navale du roi, devant larragone^ san.s tiier un coup de canon; d'avoir fait sortir les vaisseaux de leur mouillage pour donner jour & rentrée des ennemis ; d'avoir eu intelligence avec les ennemis du roi et avoir reçu de grandes .