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avait été, après lui, pourva de l'abbaye de Royaumont. Hais, à peine avait-il pris possession de ce nouveau bénéfice, que le ministre d'Anne d'Autriche avait chargé d'ilarcourt de rexpédiUoit de 1 laridre; et c'est alors qu'il songea à se démettre de cette abbaye en faveur de l'un des fils du comte d'Harcourt. Jules Mazarin n'avait pas grand mérite à accomplir ces sacrifices ; ce fin et rusé diplomate avait déjà lévêché de Metz, il était abbé de Saint- Arnoiilt, de Saint-Clément et de Saint-Vincent, abbayes de la méiiie ville de Metz; de Saint-Denis, en Fiance: de Gluny» de Saint-Yictor-lez-Marseille, de Saint-Médard, de Soissons, de Saint*Martin; de Laon, de Saint-Taurin, d'Évreux, de Saint-Michel en l'Erm, de Moissac. En vertu de l;i possession de ces abbayes et de son évèciié, Mnzarin toucbail le modeste revenu annuel de cinq cent niiiic livres. D'ailleurs Mazarîn, pour s'attacher irrévocablement le comte dUarcourt, au milieu des péripéties si critiques de la Fronde, agissait en politique en cédant la commende de l'abbap de Royaumont à Tun des tiLs du comte*, à Mgr Alphonse de Lorraine, à peine encore jeune adolescent, puisque, d'autre part, le cardinal pouvait si aisément pratiquer une brèche au milieu du cumul déplorable de ses abbayes. Et puis, n'était-ce pas de la simple gratitude? Même au point de vue de la guerre, la monarcliie espagnole, quoiqu'elle n'eût plus la puissance de Charles-Quint et de Philippe il, ne laissait pas de créer
sommes de deniers pour ne 1rs pns dcfairo tant ù Gênes qu'à Xarragone} d'avoir donné des ordres contraires au service du roi.
Ces reproches n'étaient pas fondés, et, d'après la lecture des pièces, il faut aUribuer la défaite de Tarragone, non à la négligence de M. deBor- , deaux, mais à la supériorité numérique des ennemis, à un temps forcé> cnûn à la mésinteUigenoe des chefs qui avait déjà nui si souvent au service du roi.
^ La comtesse d Harcourt, dit Saint-Simon, quoique nièce du cardinal de akhelleu, avait depuis longtemps trouvé gr&ce devant .^nne d'Autriche, et les moyens de se mettre intimement avec elle, ce qui a duré jusqu'à sa mort. Après la fin trafique do Cinq-Mars, elle obtint, selon Saint-Simon, la charge de grand écuyer de France à son mari le comte d'ilarcourt.
m HISTOIRE DE ROYAUMONT.
pùUT lu France, des coinplicalions et des dangers, en déployant d'immenses efforts sur trois de nos frontières, en Flandre, aux Pyrénées et dans le Milanais. Le comte
d'ilarcourt ne venait-il point de traiter brillamment sur le principal théâtre de la guerre, qni était la Flandre, les alîaires de la France, et avec elles les ailaires de Mazarin7 Étant admis le système des commendes, il était juste de prendre en haute considération le vainqueur qui venait de relever notre drapeau à la frontière du Nord; et la commendcderabhaye de Ro\auinont,offerleau prince Alphonse de Lorraine, apparaissait comme une sorte de gracieuseté délicate et patriotique à l'adresse de celui qui, pour manquer son arrivée au camp par un coup de main hardi, venait de battre les Espagnols auprès de Valenciennes, avait repris Condé et Maubcuge, et passant l'Escaut, avait pénétré au cœur méiiiodes Pays-Bas. Mazarin récompensa le comte d^ilarcourt dans le prince Alphonse de Lorraine son fils, en l'instituant abbé de Royaumont.
Il est présumable que le cardinal Mazarin \ qui avait été abbé coininendataire de Rovau moi il , de l'année i 647 à 1 OT)!), ne parut jamais à l'abbaye; les agitations de la régente d'Anne d'Autriche l'appelaient ailleurs. Il n'est fait mention de lui à Royaumont que dans une pièce contenant une transaction temporelle. Un- bail à loyer fut passé, le .tuiU 16i7, devant Gilles Roussel, notaire au Cluîtelct (le Paris, par jNicolas Gerbe, receveur général de i abbaye de Royaumont, pour M. ie cardinal Mazarin, abbé coinmendataire de cette abbaye. Ce bail avait pour objet la terre et seigneurie d'Asnières-sur-Oise, qui comprenait un bâtiment appelé le Pcùt-Roijaiimont d'Asnières, une cour, un jardin et les dépendances, avec des terres labou-
* L'une des innombrables pièces qui parurent contre Haiarin est intitulée: Canonisation du bienheureux Jidefi Mnzfirin. C'est une apothéose ironique. On y rappelle les succès du maréchal de laHote, duprincede Condé et du comte d'ilarcourl. Paris, 1649.