LIVRE ONZIÈME. m
rables, des prairies et des vignes. C'est à Salomon Prévost, bourgeois de Paris, que ce bail était fait pour neuf années; les conditions et les charges du bail consistaient à payer seize mille livres de loyer par an, à acquitter tous les droits et redevances que pouvait .devoir la seigneurie, même le gros au curé, et autres charges, ainsi que la quantité de cire qui devait être employée au luminaire de l'église de Boyaumont *.
Mazarin paraît être également resté étranger à la grande affaire de la réforme monastique; et ce n'est que du temps de Mgr Alphonse de Lorraine, abbé de Boyaumont, dés l'année 1651, que la grande controverse qui se prolongeait au sein des maisons cisterciennes put enfin arriver à la crise finale qui concilia toutes les idées à la condition de les tempérer toutes. Les deux fractions de l'étroite et de la commune observance se fondirent à la longue l'une dans l'autre, pour ne retenir de celte liilfe opiiiiàlrc de (.iiiqiianle années qu'une impulsion durable à la régularité. Voici les dernières péripéties de celte bataille d'ordre intollortuol et moral, qui offrit un incident considérable, à l'époque de la mort de Richelieu, en 1645, pour amener vingt ans plus tard la solution dernière. Comme Richelieu, après avoir ;u'cei)té l administration de tout l'ordie de Citeanx, avait tait exécuter la plupart des règlements du cardinal de la Hochefoucauld, tes religieux de l'étroite observance étaient demeurés par cela même maîtres du collège des bernardins; on les in* troduisit à Cîtcaux au nombre de vingt-six, pour y tenir le corps conventuel, ('etto abbaye devait servir de noviciat général pour tous les monastères de Tordre, avec défense de recevoir des novices dans aucun autre, à Texception de ceux qu'on désignerait pour noviciats communs. Pour les anciens religieux de Citeaux, on les transféra en d'au*
Voir aax archives de Seine-cUOise, Vlfwentaire de la Meatê vonven- 11,
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très maisons, exceplé dix qui consentirent à rester auprès des réformés et vécurent en paix avec eux tout en suivant
la miligalioii, privés, d'ailleurs, de toute change, ainsi que de voix active et passiv(i dans les élections. Mais on ne doit pas oublier que le souverain pontife avait refusé les bulles de confirmation au cardinal-ministre, en sorte qu'aux yeux de Rome, Richelieu n ayant pas le droit d'administrer les congrégations cisterciennes, tous les actes du cai tliiial avaient dii être considérés comme nuls de plein droit, en tant qu'émanant d uu intrus. Aussi, à la mort de RichelicSu, les anciens religieux se présentèrent-ils en masse pour rentrer à Giteaux, recommencer tout à nouveau et choisir un nouvel abbé. Mais les réformés le trouvèrent fort mauvais et leur formèrent les portes. Qu'airiva-t-il? Forces de se retirer, les mitigés se réunis- sent à l'hôtel de Cîteaux, à Dijon, le 2 janvier 1645, et élisent dom Claude Yaussin d'une voix unanime. Louis Xlll, qui avait ordonné d'élire un réformé, casse cette élection et renvoie rallaifc au Pape, qui délégua l'archevêque de Sens et les évèques d'Uzès et d'/Vuxerre, pour la terminer sur les lieux, selon Pusage de l'Église gallicane. Ces prélats portèrent, le 15 juin 1644, une sentence qui rendait aux mitigés voix active dans l'élection ; mais, comme elle ne leur permettait pas (rèlre élus, il y cul nouvel appel comme d'abus, de la part de ces derniers, devant le con- ' seil du roi, qui leur donna entin raison, déclara la sen* tence abusive en ce point, et la confirma pour les autres.
On eut donc, à la suite de la dernière décision royale, à se réunir à Cîteaux, le 10 mai 1015, pour la nouvelle élection, malgré les protestations des léforniés, qui, au nombre de quinze seulement, élurent dom Jean Jouaud, abbé de Prières, et refusèrent de reconnaître dom Claude Vaussin, auquel les quarante miiigés avaient unanimement donné leurs suiTrages. Le 26 du même mois, le roi couiirmail rélection de dom Vaussin, auquel Innocent X