LIVRE OiNZlÈHË
eniFOyait ses huiles le 27 novembre suivant^ en imposant
un silonce perpétuel aux réformés sur leurs prétendus droits'. Après vingt-trois ans de plaidoiries, le procès prit, en 1645, une nuance tranchée et radicalement nouvelle. La lumière et la justice commençaient pour la commune observance^ pour les non-réformés. Toutefois, bien que toute contestation semblât devoir ôtr^ U i imnée nprésune décision si formelle de l'auturitè suprême, dom Claude Yaussin n'en fut pas moins, plus de vingt ans encore, en butte aux tracasseries des abbés de Tétroite observance. Ceux-ci voulaient lui faire passer une année de noviciat parmi eux, on tout au inuiiis l'obliger àcréerune filiation spéciale di monastères de la Réforme, dont l'abbé de Prières serait le supérieur-. Non contents de cette opposition à l'autorité légitime, ils en venaient, sans se rendre compte du fait, à continuer la division dans l'ordre, et à semer le trouble dans les consciences, parce que, dans l entraînement de la polémique, ils ailirmaient et proclamaient partout que Tusage de la viande, comme alimentation, était radicalement illégitime pour un religieuY, et que jamais le saînt-siége n'avait dispensé de l'aLslinencc. En vain, cuiiiine l'observe un écrivain, le pape Innocent X lit-il de nouveau examiner les prétentions, les raisons et les pièces de toutes les parties, par des commissaires députés à cet effet, et confirma-t-il leur décision^ ordonnant, par un bref du i*' février 1647, que les élections des abbés et des oiTiciers publics de Tordre, la réception des novices el ce qui regarde l usage de la viande en certains jours de la semaine, suivant la dispense accordée par le saint-siége et qui se pratiquait dés Tan 1475, se continueraient comme à l'ordinaire et comme avant les sentences et ordonnances du cardinal delaKoclieloucauld,
* Bttlle d'Innocent X, 27 septembre 16fô.
* GalUë ChritliatMt U IV, coL 1015.
228 HISTOIRE D£ HÛYÂUMOMT.
conformément aux institutions de l'Ordre'... En vain,
Alexandre YIl , solennellement consulté sur le cas de conscience louchant 1 usairc de la viande, après avoir fait une fois encore examiner dans la congrégation des évoques et des réguliers cette dispense accordée par les J)ulles de 1475 et de 1498, avait-il déclaré et décidé que les religieux de Gfteaux avaient pu et pouvaient encore, en sûreté de conscience, user de ce privilège, qu'il l'approuvait et accordait tout de nouveau, s'il en était besoin, afin de tranquilliser les esprits et apaiser tous les scrupules*, les réformés se crurent meilleurs théologiens que le pape, cl n'en cuiiliiiuèrcnl pas moins leurs poursuites et leurs réclauiations pour l'éxecution des sentences du cardinal, périmées et annulées par tant de décisions subséquentes^.
Enfin, un nouveau bref de l'an 1661 , accordé par le
môme pape sur les instances des cantons suisses, au nom des abhcs cisterciens de celte contrée qui se plaignaient que ces éternelles disputes missent des entraves au bon gouvernement de Tordre, et empéchâssent la tenue régulière des chapitres généraux, un nouveau bref cassa déiinitivemcnt les sentences du cardinal de la llocheibucauld, et déclara nul tout ce qui avait été fait en France par suite de ce règlement*. Étrange obstination des partis ! Ce bref ne fut pas plus heureux que les précédents. Alexandre VH résolut alors de travailler lui-même à la réforme générale de l'ordre et de la faire de sa propre autorité. ïl ordonna donc à l'abbé de Cîteaux d'envoyer h liouie, de toutes les contrées où Tordre était établi, les personnes de Tune et deTautre observance qu'il jugerait les plus capables pour donner leur avis sur les mesures les plus propres à en
* Bref d Innocent X, février 1G47, PriiùL de Cileaux, p. 210.
* Bref d'Alexandre VII, 1657, Privil. de Cîteaux, p. 228.
* tFAiguebaie, t. II, chap. i.
« Bref d'Alexandre VII, 4661. Priml, deVOrdreieCUemix, p. 830.