LIVRE ONZIÈME
en i651 par les religieux de Royaumont et les maire, gouverneur et éclmvins de la ville de Compiègne, l'indication du personnel composant l'abbaye à celte époque, avec les nuances qu'y avait introduites la controverse des réformés et de la commune observance. Les religieux exposèrent au conseil de Mgr Alphonse de Lorraine S avec l'autorité de Mgr le comte d'Harcourt, que, par le dernier concordat passé entre défunt rarchevèque de Bordeaux, abbé counnendataire, et les religieux (du 1" niai 1636), il leur avait été accordé entre autres choses une quantité de dix muids de grain à prendre sur le domaine de Corn* piègne ; ils faisaient observer que, d'après l'expérience, somme toute, il leur serait plus utile d'accorder lesdits lieux de Compiègue% très-ruineux, sur le point dépérir, aux maire et échevin de Compiègne, par forme d'emphy* téose perpétuelle, moyennant un revenu annuel d'une certaine quantité de muids de blés. Il était entendu que c'était cependant sous le bon plaisir de Mgr Alphonse de Lorraine. Un contrat fut donc engagé et consenti. Dom Philippe Bouchard ou Blanchard, procureur des anciens religieux du couvent de Fabbaye de Notre-Dame de Royaumont, et dom Joseph Lenain, procureur des religieux réformés de ladite abbaye, étaient présents pour ce contrat, et avaient piucuration des religieux, prieur et couvent, ' tant anciens queréformés^, La procuration, qui était datée du il mai i651, porte que Bénigne Boulanger était alors prieur claustral de Royaumont; il avait succédé à dom Claude Challemot, prieur claustral de Royaumont, en 1048, du temps où le cardinal Mazarin était Vabbé couimendataire. Les noms de quelques autres religieux étaient : dom P. Guiiler, dom L* Massieu, dom Robert Cotta,
it' Le prinœ Alphonse de Ummine, sbbé oonimencbtsira, n'avait, en 4651, guère plus de dix ans.
' Terres, maisons, cours, etc.
^ Cartuiaire de RojfaumiU, t. II, p. 842.
dom A. Boveoi, dom de Belloy, donri François Mandosse, dom Benoit Dauirray» dom Antoine Delahaye, dom Nicolas Maillart, dom Michel Dureteste, dom Philippe Hodfrin,
dom Pierre Estocar, etc. Quant à la Iraiisaclion temporelle, dom Claude Vaussin, abbé de Citeaux, docteur en théologie de la faculté de Paris^ premier écuyer conseiller du roi au parlement de Bourgogne, chef et supérieur général de tout Tordre de Glteaux, approuva, le i4 février et scella de son autorité le contrat passé entre l'abbaye de lioyaumont d'une part, et d'autre part messieurs les bourgeois de la ville et commune de Gompiègne.
L^abhaye de Royaumont avait donc revêtu, pendant la minorité de Loûis XIV-, un tel caractère de renouvellement qu un pourrait appeler celle époque un âge de renaissance intérieure; Tétroite observance y avait pris de fortes racines ; si bien qu'en 1656, les religieux appartenant à la réforme, dans fout Tordre de Citeaux, adressèrent une requête à nos seigneurs de Tassemblée générale du clergé de France, en leur (lédia!it la driense de leur réloniie, et que le prieur clausU al d(' Royaumont, qui était en celte année dom Michel Destroyer \ s'empressa de signer cette requête, avec les abbés réguliers de Foucarmont, de Châtillon, de la Charmoye C'était donc une vie nouvelle, ou une expan* sion de la vie nouvelle (pii regagnai! de toutes parts Tordre de Citeaux', surtout lorsque le bref d'Alexandre Vil, rétablissant la paix et la fusion entre toutes les nuances d'idées, eut réglé les rapports mutuels des deux observances. Tandis que la régularité, reparaissant partout,ravt« vail la ferveur et i cndaiLà l'ordre sa vieille considération, Royaumont revenait aussi aux saints exemples de l époque de saint Louis. Ce n'était pas complètement les austérités
* Cartvlaire de Bogaumont»
* Histoire de la Réforme de Citeaux, par dom Gervaise, p. 4r;5.
C'est alors <|uo naquît la Trappe, illustrée par l'abbé de Rancé; le» trappiste» ^mi des l)eruardin9 de l éti^ite observauee.