‹ Histoire de RoyaumontChapitre 66 sur 263 · S' DB TOVTEVILLS. PAGE DV ROY · texte numérisé non relu

S' DB TOVTEVILLS. PAGE DV ROY

LBQVEL EN SB BAIGNAUT PEBDIT LA VIE AGÈ DE 15 AIIS LE 15> lYIN 1647

SOKHKT.

Mortel arreste et lis Fhistoire de mon sort, Le bien que je te veux faict que je t'y convie. Le funeste accident qui me donna la mort» Te rendra plus soigneux de conserver la vie.

En l'avril de mes ans elle me fut ravie. Un peu de volupté nous faict suuvciii ^rand tort, Me laissant emporler par une jeune envie Je trouvay le naufrage où je cherchois le port.

L'inconstance attachée anx choses de ce monde, Secondant en ce jour rinoonsUnoe de Tonde, L humide sein des flots me fît perdre le jour. Adorons le décret de la bonté supresme.

m HISTOIRE DB ROYAUNONT.

J'avois irouvi' ' sa grâce en l'^'aii de mon L;({ti * sme En ce même élément, j'ay mon dernier * sejuur.

Du temps de Mgr Alphonse Louis de Lorrnine où nous sommed arrivé, c'est Henri de Joigny, chevalier, seigneur de Clouy, Beltebrune et Touteville, qui était rhèritîer de

l'antique seigneurie des de la Porte. Les manuscrits mentionnent l'année 1657 comme nne des époques où il ac- * complit son devoir de vassal envers Royaumont. Môme constatation^deux années après. Le 24 janvieri659, messire de Joîgny, seigneur de Placy, La Gave et de Touteville, vint rendre fui et hommage au lieu seigneurial de Royaumont et, selon le cérémonial d'autrefois, étant à la principale porte de l'abbaye, il appela par trois fois :

— Monseigneur 1

— Monseigneur !

— Monseigneur!

Jean Daux, procureur fiscal de la seigneurie de Royaumonl, lit réponse que Mgr l'abbé n'y était pas, niais que Son Altesse Mgr le comte d'Uarcourt, pére de Mgr Tabbé, et administrateur de Fabbaye, était présent. Son Altesse vint; le comte d'Harcourt avait une excellente mine, et des contenipoiains racontent qu'il exerçait une domination secrète sur ceux qui le regardaient. Il n était pas grand, il était plutôt gros et court'; il avait cependant le visage agréable et la mine guerrière,

* Bien qu'on ait reproduit ici l'iiiscriiition nvpc l'orlliograplip dn tonij»»;. 011 a cru devoir ajouter le mot trouvé, qui manque dans l'iuscripUoii sur la pierre, sans doute par un oubli du graveur.

* L'inscription dit :

En ce même élément, j'ey trouvé son séjour.

nous ne pensons pas que l'auteur du sonnet ail, de cette façon, mutilé son vers aleiamirîn : voilà pourquoi, pour rétablir la forme du vers, on s'est

permis un léger changement.

* Un pnn^pyriste tourne Ja difficulié, quant à la taille : « Il n'est pas « petit, dil-il, parce qu'il a une trrandf' Amo h lopor; il n'est pas vaste, € parce que son àme est moins pour i enller que pour le roidir. i> Le Héros firânçais, Paris. 1645.)

LIVBE DOUZIÈME.

comme ralleste le fameux porlrait gravé par >Jasson, et connu sous le nom de Cadel^Peiie, On peut voir encore, dans une toile de l'école française que Versailles possède, le porlrait de ce grand capitaine, qui rivalisa de dévouement et de science militaire avec les Rantzau, les Schomberg, les Gassion, pour faire triompher à 1 étranger la gloire et les intérêts de la France. 11 porte, dans ce portrait, une longue perruque blonde, un baudrier bordé de rouge, une écharpe blanche à glands d'or, et il s'appuie de la main gauche sur une canne. On retrouve une belle gravure de Henri de Lorraine dans les Hommes illustres de Perrault, de l'Académie française^ La perruque, à la mode du siècle, laisse apercevoir une perle à son oreille droite. Malgré les cheveux qui cachaient la largeur du front, malgré cette vie nouvelle et plus sédentaire d'un ancien militaire en retraite, messire de Joigny, seigneur de ToulevîUe, retrouva dans le comte d'Uarcourt cette nature martiale et forte que révélaient encore ses vieilles moustaches grises; il s'inclina devant cet homme de guerre dont la réputation était considérable au delà des Alpes, qu'une ^Mande partie de la t'ologne avait un moment désiré pour souverain, et que Jean de Werlh considérait de son temps comme un des plus grands guerriers. Et, quant au comte d*Harcourt, il déclara avec sa grâce accoutumée accepter la foi et hommage des tiefs de Touleville et (ilboudet, et, après cette brève cérémonie, le droit féodal était satisfait -.

Un dessin de Royaumont, lait au dix-septième siècle et dédié à Son Altesse sérénissime Mgr le prince de Lorraine, abbé de Royaumont, donne une idée de notre splcndide abbaye à celle éjM>([ue : la basilique avait sa magnifique flèche, svelte, remarquable par ses délicates et hardies proportions; les jets d'eau étaient nombreux

' Les iioiniut^s illustres, lu-folio, de Tannée 1697, t. U, p. 23. ^ CaïUdaire de Royaumonl, t. I, p. 529.

m UISTOIRË D£ ROÏAUMOKT.

e? iUiinidants ; on en voyait un d;uis le parc de la résideiice abbatiale; un autre lançait ses gerbes limpides dans la vaste cour d'entrée de l'abbaye, à une petite dislance de la façade principale de la basilique. Le dessin montre également an autre jet d'eau dans le jardin des religieux, au delà des dortoirs de l'abbaye. Outre les eaux de la Thève, on a à Royaumont les fraîches eaux, si potables et si salubres, de la Fontaine de Samt-Loias^ qui se rattache aux sources de Viarmes, et qu'on nomme aussi Fontmne'auX'Momes, 11 fallut, du temps de l'abbè cornmendataire Barnabe de FayoUes, des réparations aux canaux en plomb dans lesquels coulait cette fontaine* ; elle était, comme elle a été jusqu'à nos jours, à Tusage du public et des religieux ; et au dix-septième siècle, elle eut un rôle brillant et utile dans les jets d'eau jaillissants de Royaumont*.

Diverses causes conlribucient à déterminer dllarcourt à quitter la carrière aclive de l'armée : les blessures de la vie sociale lui avaient fait adopter la solitude de Royaumont; mais plusieurs démarcbes antérieures Filvaient

* Copie moderne du Cartulaire, par Gaîgni^i^es. — La Fontaine Saint- ÎA)Uis est à uno dctni-licure, au sud de Royaumont, entre Viarmes et Seugi, à 1 endroit où le terrain terme la naissance des collines. Cette source alimente rabbaye. On fit, au treizième siècle» une construction, ou galerie de grosses pierres, pour recouvrir la source; on peut aisément marcher dans cette galerie souterraine; elle est liaute de près de '2 mètres, et se prolonge pendant 20 mètres environ. La source donne une eau d'une limpidité remarquable; on la voit sortir de terre, sur plusieurs points, à gras bouillons; elle coule à raison de SI) litres par minute. L'eau arrlTe ensuite jusqu'à l'abbaye, par des tuyaux en plomb cachés dans la terre. Saint Louis vint à cette source. Les ouvriers du pays qui boivent de cette eau, même en un étal de transpiration où l'on pouri-ait craindre de déplorables effets, assurent que, de mémoire d'homme, on n'a jamais entendu dire qu'elle ait fait mal à personne. On nous dit que beaucoup de pèlerins ont désiré boire de cette eau, attachant à cette excursion une idée de dévotion à saint Louis.

* Les manuscrits disent : fontes silos ttpud Iluirmes ad àucendam nquam per coHduclium suùterraneum adeamdemabbalimn [iiegaUm'Montem, 1228). Cette fontame au terroir de Viarmes estoit appcllëe vulgairement /«' Fontaine-aaa-M^nei, dans un titre du Si) août 1565. [CmrM. de Bfiamm<mi, fol. 48.)

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