‹ Histoire de RoyaumontChapitre 71 sur 263 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

venirsde leur première jeunesse; il semblerait comme ài rinstincl de la vie qu^on va perdre les reportait à la portion la plus y\yacé de leur existence. C'est la lam[)e qui, avant de s'éteindre, a des élans, puis dos cessations, puis de nouveaux élans. Ce symptôme de iiii prochaine se manifeste quelquefois par le besoin de mettre en ordre parfait cequ*on a et ce que Ton a été. Jamais les cisterciens n'ont tant écrit qu'au dix-septième siècle. Henriquez, Julîen- Taris, doni Gei vaise, que le duC de Saint-Simon rudoie à bon droit dans ses Mémoires^ mais avec de mauvaises armes, se plaisent à relater dans d'immenses in-quarto soit les annales, soit les constitutions bernardines ^ On dirait le chant du cy^ne et le pressentiment du drame lugubre que devaient éclairer les dernières années du siècle suivant.

Tout l'ordre de Gileaux se réformait partout et les satires de Boileau, n'étaient que des échos routiniers d'une opinion surannée. Boileau qui jouissait d'une abbaye, c'est-à-dii o de ses revenus, ne se faisait pas scrupule, pour aiguiser ses vers, de trancher en plein dans le préjugé' et dans la malignité. C'était l'heure on avait lieu le grand épanouissement cistercien, par la réforme de la Trappe. Rancè s'était jeté à corps perdu dans la pénitence ;

* Annales cistercicnccf!, pnr Ange Manriqué. 4 vol. in-folio; Lynn. ir>i2.— Couronne sacrée^ de la religion cistcrcifnnr, par Chrysostoirtc llonriqucz. Bruxelles, ln-4*. 1624., — fasciculus Sanclorum ord. cislerc.,'par le môme. Cologne, 1631. — Du premier esprit de l'ordre de Ctteaux, Paris. 1661.— yomasticoh ciiterciense, par Julien Paris, abbé de Foiicarmont In-folio, Paris, 1GG4. — Ensai sur l'histoire de CUeMX, par dom Pierre Lenain. ln-12, 9 vol. Paris, 1697. — Etc., rte.

* Boileau avait dormi, quand il dirait : ^

La Mono-;«i\ r> ''fdv'Mv, a choisi snn séjour, ' Les plaiisirs iioiu ti.tiaiis folàtieat aleiUuur.

Ctteaux dormait encore

Aucun soin n'approchait de cet heureux st'jour, On reposait la nuit, on dormait tout le Jour.

11 1 allait rôver, pour écrire ces pages, au temps de ia réforme desxis-'

icrciens.

Quanduquc bonus dormitat Uomerus.

HISTOIRE D£ ROYAUNONT.

il se saluiait (raustérité et de mortifications. Le désert refleurissait partout, et on allait admirer le désert, on enviait le bonheur de voir ce qu'il y avait de plus édifiant dans l'Église et d entendre celui dont Dieu se servait pour établir ce nombre de saints qui ne paraissaien t plus tenir à la terre ^

La réforme disciplinaire favorisait un réveil intellectuel; c'était le temps où Mabillon^ soutenait devant son contradicteur, Tabbé de Rancé, que les moines sont obligés de vaquer k l^étude, que les grands hommes qui ont fleuri parmi les moines sont une preuve que l'on cultivait les lettres chez eux, que les bibliothèques des uionastèi'es sont une autre preuve des études qui s'y faisaient. Les papes elles conciles n'avaient-ils pas obligé les moines à Tétude? Il ne faut pour la conviction de la France, que l'autorité de Charlemagne et de saint Louis*. Royaumont avait pris feu pour les goûts studieux et pour les travaux scientifiques et historiques. En ce temps, Royaumont, qualifié, dans le carlulaire» d'abbaye de VétroUe observmuej comptait, comme personnel, dom Bernard Girard, prieur ; dom Benoît Dauvray, sous-prieur et cellerier ; dom Michel Dureteste, dom Denis Cocharl, iloni Philippe de Monhènault, dom Pierre Dupont, dom iNicolas Prévost, , dom Benoit Gérard, dom Pierre Richard, frère François Courtois \ Le sous-prieur, dom Benoit Dauvray, consacra j les loisirs du cloHre à remonter aux origines de l'abbaye i de Royaumont; fils dévoué du monastère, il eu devenait * l'historiographe; et, quelle incomparable patience d'investigation, quel amour des plus simples détails du passé,

* Lettres de madame de Haintenoa, 39 jotn 160S. Tout s'oocupait de ikancé, depuis le génie jusqu'à la grandeur, depuis LeibDits» jnsqu'A ma* dame de Maintenon. — (Clialeanbrianfl )

* Mabillon écrivit contre Kancé son i>eau Traité de» études mnastiques . ^ Ciiateaubriaiid, Vte de Bancé,

^CttfiMre êt HfigamMiU, t. L — Kous avons pris ces noms à la date derannéeieSl.

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