LIVRE NEUVIÈME. S
de sa réorganisation et du tléveloppemenl de toutes ses forces, c'était natureliement l'heure aussi, où les diverses agglomérations du royaume allaient travailler, dans un ^ commun élan, pour de nouvelles destinées. L^abbaye de Eoyaumont, profitant delà pacification extérieure, libre du voisinage importun des Anglais, ne restera pas en arrière du mouvement général. Après Tabdication de Gilles de Roye, le monastère de Royaumont éleva à la dignité abbatiale Jean lU de Collé. Le gouvernement de Jean 111, dit de Collé ou deSoUé, vingt*deuxième abbé de Royaumont eut une importance relative. Jean III fut pendant trente ans à la tète de Tabbaye; mais, surtout, c*est de son temps, qu'on vil la suprême dignité de l'ordre cistercien, occupée par deux hommes célèbres qui ont joué un rôle dans des circonstances graves : Hymbert Martin, de 1462. à 1476, et après lui, Jean IX de Girey, de Tan 1476 à l'an 1501. L'abbé Jean III laissa, dans la tradition de Royaumont, le souvenir d'un homme actif et doué d'une forte volonté pour la réalisation du bien. Le grade de docteur en théologie attestait son savoir, et les missions . dont ie chargea, à différentes reprises, Tabbé supérieur de Citeaux, témoignent de la haute confiance qu'inspirait sa personnalité. Il commença à diriger Royaumont en 1460 * ; et Tabbaye lui fui redevable de diverses améliorations ^. C'est Jean de Collé qui fut député en 1465, par le chapitre général de Citeaux, pour intervenir dans une affaire concernant l'abbé et le couvent d'Igny, dans le diocèse de Reims. L'abbé de Royaumont eut à sévir contre l'abbé d'Igny en vertu d un mandat du chapitre générai : cet abbé d'Igny s'était mis en opposition 11a-
* Égidtus II de Royc avail quitté Royaumont en 1458. Jean III de Collé lui succéda en Êgidius de Roye mourut en FkittdrCi en 1478 ; il fat
inhurnc à Bruges. GalUa christ., t. IX.
* D'après les notes de Gpignièros.
'> Il illustra et gratilta son église ou son monastère, variis donaruSt dit
HISTOIRE DE ROYADMONT.
grante avec les statuts do l'ordre, il y eut, le vendredi d'après la Pentecôte de l'an 1465, une sentence de Tabhé de Royaumont qui suspendait Tabbé d'igny de toutes ses fonctions pendant huit jours K
Après les lois de pénalité, Jean IK avait à appliquer ce qu'on pourrait appeler le droit civil des monastères. Il recevait, le 17 septembre 1466, une commission de Hymbert, abbé de Citeaux, qui le députait, avec l'abbé de Chaalis, pour une affaire financière pendante avec l'abbé et le couvent de Foucarmont *. Du reste, conciliant et pas étroit dans les idées, il aimait à étudier les caractères dans leurs rapporis avec les conditions de temps et de lieu; il donnait, par exemple, permission à Jean Cobet, religieux de Royaumont, d'aller demeurer au monastère de l'Oratoire pour y faire sa stabilité '*
La circonstance la plus saillante du gouvernement de Jean de Collé, c'est, d'une part, le mouvement très-prononcé qui se manifesta dans rojiinion puliliqtie pour demander une sérieuse réforme intérieure dans l'ordre religieux de Citeaux ; c'est, d'autre part, la forme particulière sous laquelle Hymbert et Jean de Girey, successivement abbés de Ctteaux, comprenaient cette réforme, dans sa pratique la plus efficace. Dès le commencement du quinzième siècle, des voix s'étaient élevées du srin des monastères cisjterciens eux-mêmes, pour porter remède au re-s lâchement qui s'était introduit. Plus tard, quand on fut plus avant dans le quinzième siècle, et que le r^ne du roi Louis XI eut rendu la France puissante et respectée, les esprits s'étaient tournés de nouveau et tout entiers vers cette question de la nouvelle vie, du nouveau principe de beauté à inoculer à ces maisons religieuses, dans les-
* ImenMrê de la mante eenvetOuêUe de Royaumont, p. 57S. *n illiait coiiti aindre le couvent de Foucarmont au payement de douie livres, pour In frère Pierre Hochecorne, qui étudiait au collège de Saint-
Bernai ci, ii Paris. " -
^ La il imii^. y, Inveni. de la mante eonvent.