‹ Histoire de RoyaumontChapitre 80 sur 263 · LIVRE DOUZIÈME. m · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. m

et des prélats, ce n'était ni fierté, ni exclusion arîstocra-

tique. On se proposa de reslreindre k nombre des sépultures et d'obvier à des incoiivénienls.

Qoysevox dota Royaumont d'un monument grandiose. On commença par donner unfond harmonieux àl'ensemble du mausolée, en sculptant, à une grande hauteur du mur du 11 ansscpt raéridioiial de TEgliso, une grande draperie ondoyante, que Millin dit de marbre blanc, et qu'il est plus exact de dire de pierre simulant le marbre blanc ; le mausolée devait tout à la fois être appuyé et ombragé par cette draperie, immense manteau ducal, parsemé de croix et de doubles croix de Lorraine en or, que soutenaient aux deux extrémités deux anges ou génies en pierre', et deux algies de même matière, ayant une couronne d'or, et tenant au sommet du manteau ducal les armes des Lorraine-d'Harcourt. On ne se contentera point ici d'une indication purement sommaire d'une œuvre si importante ; disons successivement les détails et l'enseiaJ)le du travail de Coysevox, alin de mieux goûter cette belle œuvre d'un artiste de conscience sévère, auquel Tabbaye doit un de ses plus glorieux ornements.

Sur un socle en marbre veiné rouge, fut élevé un soubassement de marbre blanc; deux volutes de profil et deux de face de marbre blanc soutenaient gracieusement la corniche de marbre veiné rouge ; ces volutes avaient des ornements de bronze*, feuilles d'acanthe au rouleau du bas, guirlandes de laurier au rouleau supérieur. Entre les deux volutes de fdce, l'artiste pla^a un cartouche en forme de carré long, qui reçut un bas-reliel en bronze, représentant le siège et la prise de Turin. Le sujet du bas-relief était expliqué au-dessous du cartouche, par une inscription

* Le mausolée du coinie d'Uarcourt fut transféré vers 1792 à lÉglise ii Âsnières-sui-Oise, où il est encore.

* Ces ornemenis de bronze ne sont plus au mausolée, tel qu'on le voit aujourd'lmi, dan? la petite église d'Asnières-sur-Oise. La translalion qui en fut faite, de Royaumont à AsniéreSi dut les muUler et les foire disparaître.

m • HISTOIRE DE ROYAUMONT.

gravée sur une plaque de bronze^ et mise dans un encadrement de marbre blanc ayant la forme d'une profonde

accolade, dont les branches s'élevaient vers le bas-relief. Cette inscriplioii latine énuiiiùiait les principaux faits (l'armes du comte d'Harcourt, en rappelant la particularité de Turin, où il fut à la fois assiégeant et assiégé. Voici cette inscription :

UIG yiR, HIC EST,

« Qui maximes inter œvi sui bellatores, fide, fortitudine <K prœcellens, Lerinensibus insulîs totoque mari Gallico

« Hispanos exterminavit ; eosdemque Casale circumval- « lentes caslris exuit et fudit; Taurinum obsessortdem et a obsessus céleris ter cœsis^ iacliosis ejectis, legiiimo « principi reslituit; Guerium in Pedemontio ; Laurentiuro « in Catalaunia victoriis insignivit; Normanniam in « officio, Flandriam in melu continuit : in Aquitania de-

nique majestatem regiam strenue ultus; obiit in hoc se- « cessu palmis et annis gravis, aelatis LXVl, ann. Do- « mini M.DG.LXVi. »

Sur ce soubassement» sorte de premier piédestal, fut superposé un sarcophage de marbre noir, qui se trouvait reporté, par une raison ou une lui d'élégance, à cinquante centimètres environ au-dessus de la corniche. Cette masse n'avait pas de lourdeur, étant séparée du soubassement par deux pattes ou griffes de lion qui la supportaient aux deux extrémités, se redressaient le long du sarcophage, et se teî minaient en léle d'aigle, qu'on voyait de profil. Ces deux supports étaient dorés ainsi que le trophée placé sur la corniche entre celle*ci et le sarcophage. Le trophée se composait de tous les attributs des dignités que le comte d'Harcourt avait occupées; c'était un entas- *sement de hache, pi^ue, glaive, bélier de siège, faisceaux

* La plaque avec l'inscripiion a également disparu.

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et proue; on y voydit deux écus, Tun représentanl en

bas-relief une couronne murale, l'aulre un lion debout au repos. Le centre était occupé par nn grand casque impérial ayant pour cimier une tôte d'aigle qu'on voVait de kce. Une grande draperie de marbre blanc se déployait en guise de drap mortuaire sur le sarcophage qui était de marbre porlor, espèce de marbre noir, mêlé de grandes taches de veines métalliques d'un jaune d'or; cette draperie de marbre que le ciseau avait assouplie jusqu'à lui. donner la tendresse et les plis soyeux d'une étoffe, ne laissait voir que les deux extrémités du sombre sarcophage dont elle tempérait le ton austère. En retombe, la draperie formait de légères ondulations jusque sur le casque du trophée, qui la relevait un peu au centre, de manière à laisser voir le casque et son cimier. C'est sur cette dra* perie que l'artiste grava, en grandes lettres noires, Tinscriplion latine suivante, où il désignait et celui à qui était destiné le monument, et celui qui l'avait fait élever.

CIU.S1SSIN0 PRINCIPI HENBIGO AA LOTHARIKGIA «ARCURII CONITI SUMMO REGII STARUU PRiEFECTO LUDOTICUS FILIUS HTULORUN IIjERES laldum xmulus

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