‹ Histoire de Russie, d'après les chroniques nationalesChapitre 15 sur 24 · RËGNE. —(De 1730 à · texte numérisé non relu

RËGNE. —(De 1730 à

A la mort de Pierre II , le haut-conseil, le se-. nat et les états-généraux ne s*arrétant point aux dispositions du testament de Catherine I^ , qui, ainsi que nous l'avons dit, à défaut de Pierre , appelaient au trône la duchesse de Holstein, résolurent de faire rentrer la couronne dans la branche aînée, et de l'offrir à Tune des filles d'Ivan V, frère de Pierre 1". Des députés partirent eu conséquence pour la Gourlande, gouvernée alors par Anne, duchesse douairière, et firent ratifier à cette princesse les conditions auxquelles elle devait occuper le trône.

Ces promesses , qu'Anne fit alors, tendaient à restreindre extrêmement l'autorité souveraine et à créer un gouvernement purement aristocratique. Arrivée à Moskou , cette princesse ne tarda pas à déchirer la convention de

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MitUu» et à se faire déclarer antocratrioe de toutes les Russies.

Dominée par Biren , indigne faTori de basse extraction, et qui ne s^en disait pas moins issu de rillustre famille des Biron de France» rimpératrice Anne, quoique d'un naturel doux et humain, fit détester son règne en tolérant les cruautés, les exactions et la tyrannie dePodieux Biren. Les Dolgorouki et les amis de cette célèbre famille furent ses premières victimes. 11 fit périr dans les supplices près de douze mille personnes, et en exila plus de vingt mille.

Pourvu du titre de comte, il fut bientôt imposé comme duc à la Gonrlande (1737), dont quelques années auparavant la noblesse avait refusé de le reconnaître gentilhomme.

Après la mort du roi de Pologne en 1733, rimpératrice, qui avait promis de respecter la liberté des délibérations pour la nomination d*un successeur, apprenant l'appui que la France prétait à Stanislas, fit entrer vingt mille hommes en Pologne, qui s'emparèrent de Varsovie , et contraignirent l'infortuné Stanislas, dont la tête fut mise à prix, à chercher un refuge sur le territoire français , où il finit ses jours. Les armées russes , conduites par le célèbre Munich, placèrent sur le trône de Pologne l'électeur de Saxe, Auguste 111, secoururent l'empereur Charles VI contre les Turcs qu'elles

▼aki^renty et dispensèrent les tktàrs de Grimée.

Anne» sans cesse obsédée par Birea, à rasocBdant duquel elle ne put se soustraire » n*ttT«t pas songé à se donner un époux. Privée d'enfans» elle adopta sa njèce, la fille de sa scevir aînée, Catherine , duchesse de MecUembourf * Cette jeune princesse, mariée en 1739 ati prince de Brunswick-Lunébourg, mit au jour.

Tannée suivante, un enfant connu soiis le nom d'Ivan VI : malheureux prince» dont la coutte existence fut semée de tant d^adversités. Anne eu mourant le nomma son successeur, quoi^ qu'il fût enciN*e au berceau, et au pr^udiee du duc et de la duchesse de Brunswick, défligna l'ambitieux Blren pour régenta

Anne, faible et licencieuse princesse, mourut à l'âge de quarante-sept ans, après un règne #e dix ans, le 28 octobre 1740.

IVAN VI, ANTOWOVITCH.

84« RÈGNE. — (De 1740 à 1741.)

Ce priaee, qui passa toute sa vie dans les prisons» ne doit figurer qu'un moment sur le trône de Russie. Biren, généralement détesté, traitait avec insolence et mépris le duc et la duchesse de Brunswick. Le général Munich, dé- ▼wié au parti du père et de la mère de l'empereur, fit arrêter le régent au milieu de la

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nuit, et traça le dessin de la prison où Biren fut enfermé. Là régence fût déférée à la princesse Anne de Mecklehbourg, épouse du duc de Brunswick : mais cette mesure ne put prévenir les complots sous lesquels tombèrent tous ^es membres de cette illustre famille.

Le commencement de rânnée 1741 fut marqué par une célèbre ambassade, que l'usurpateur de la Perse, Thamas-Rouli Khan, envoya à la cour de Kussie , avec des paroles de paix.

La princesse Elisabeth, fille de Pierre-le- Grand, éveillait la sympathie d'un nombreux parti : son goût pour les plaisirs n'avait point éteint chez elle le regret du trône. Elle était surtout excitée dans ses vues ambideuses par l'ambassadeur de France, La Ghétardie, et par un de ses afflclés nommé Lestocq. Ce LestoCq était né daits le Hanovre , de parêns français ; il exerçait en Bussie la profession de chîrurgîétt depuis 1713. B'abord ft>rt bien accueilli de Pierre-le-Grand, puis disgracié, il avait été exilé A Kazan. Rappelé par Catherine t**, et devenu le chirurgien de la princesse Elisabeth, il était ragent des négociations et des intrigues entamées contre le jeune empereur et sa famille.

' Cependant la régente recevait tous les jours des avis sur les complots qui se tramaient contre die r on lui conseillait d^tctôn les yeux sur ÉJisabetli, aur l'ambassadeuc de France, et ffirtABt'Jde fairejaitéter Le raottantUatoof.

La régente, toute coBflante dans Hniioceftce et rélojgnement qu'elle supposait h la pria* cesse pour .le pouvoir, dédaignait ces conseils et s'abandonnait à une entière sécurité.

Un matin, Lestocq impatient se rend cheE Elisabeth; il la sollicite de nouveau pour bâter

Fexécution de leur projet Elisabeth ^ tout

entière anx soins de sa toilette, répond avec préoccupation. Lestocq , tout en causant , tire deux cartes, sur Tune desquelles il dessine une couronne, sur ^a^tre, des roues et le gibet. — a Madame, dit-il, la régente esX sur se» gardes et va prendre ses mesures. Tenez, il n'y a pas de milieu , ajoute-t-il en présentant les deux cart,es: Tune pour vous,, ou l'autre pour. moi. »

Elisabeth, ainsi pressée, se laisse conduire à la caserne des gardes, et le 6 décembre 1741, àfDinuit, la duchesse, son jépoux, le jeune Ivaii^ le maréchal Munich et les principaux Ij^isans de Brunsvrick, sont arrêtés et envoyés en exil.

Le malheureux Ivan, tombé du trône sans en avoir goûté les douceurs, fut enfermé dans la forteresse de Schlusselbourg , où nous verrons bientôt quelle fut sa triste fin.

ÉUSABETH PÉTROVNA.

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