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Parvenue au trône par une révolntion , Elisabeth pouvait craindre dte être chaasée par
une contre -rérolation. Le duc de Holstein, fll8 de sa sœur atnée , ayait droit de régner avant elle : pour assurer sa couronne et la paix du pays, die appela son neveu près d'elle , en 1742, et le désigna pour son successeur.
Cependant on découvrit bientôt une conspiration ourdie par l'envoyé de la reine de Hongrie, dans le but de rétablir la maison de Brunswick. Les principaux conjurés, parmi lesquels figuraient mesdames Bestuscbef et Lapoukin, eurent la langue coupée , subirent la peine du knout, et furent exilés en Sibérie. Elisabeth, en montant sur le trône , avait fait vœu de ne faire mourir personne : clémence digne du plus barbare tyran , puisque les supplices les plus cruels furent substitués à ce genre de peine.
Tout en punissant les hommes qu'elle regardait comme ses ennemis, Elisabeth comblait de faveurs ceux qui l'avaient aidée à s'emparer du trône. — Lestocq ne fut pas le dernier à se ressentir de sa munificence. Toutefois, avec le ton de franchise qui lui était naturel , il se plaignait souvent à l'impératrice du tort que lui faisaient , dans son esprit , ses nombreux ennemis. Elisabeth, en effet, finit par prêter l'oreille aux discours de la haine, et Lestocq arrêté, fut conduit (1748) à la citadelle de Pétersbourg , condamné A perdre ses char-
ge9.».9ei tilres, 3ea possessions» et à reoeToir le l^noiit. Après un supplice aussi ignomiaîeux, Lestûcq, exilé à Ougletz, sur le Volga, ne fut rappelé qu*en 1762, par Pierre III, dont il ne put toutefois obtenir le moindre dédommagement. Lestocq mourut en 17C7, pensionné par Catherine 11.
(1744.) Elisabeth donna pour épouse à son neveu la fille du prince régnant d'Anhalt-Zerbst, qifl embrassa la religion grecque, sous le nom i^e.C^^herine Alexiévna, et qui depuis impératrice, fut mère de Paul I«.
£n 1756, les Français et les Anglais étant en. guerre, FEurope entière prit parti pour Tune ou l'autre puissance. Elisabeth, par haine poi^r le roi de Prusse, qui s'était déclaré pour l'Anglçterre , embrassa les intérêts de la France, et resta, durant toute cette guerre, sa constante alliée , malgré les efforts du grand-duc , son neveu , dont le dévouement au roi de Prusse était illimité..
Elisabeth mourut le 29 décembre 1761 , à l'âge de cinquante-deux ans, après un règne de vingt-un ans. C'est à elle que Moscou est redevable de son université, et Pétersbourg de son académie des beaux-arts. — D'un caractère doux et clément, Elisabeth , trop indolente, ne pouvait se livrer au travail. L'amour était son penchant dominant : elle avait la prétention de passer pour la plus belle femme de son siècle ,
et madame Lapoukin expia craellement le tort de lui être comparée pour la beauté.
PIERRE III, PHÉODOROVITGH.
66* BÈGNE. — ( De 1761 à 1762.)
Pierre III, né en 1728 d'Anne Pétroyna^ fille aînée de Pierre-le-Grand et dé Gharle^Frédéric^ duc de HolsteinpGottorp, déclaré vgrand-diic de Russie en 1742, fut, à la mort d'Elisabeth , proclamé empereur de. Russie. MaltRMté sous le despotisme des faToris de sa tante , le jeune Pierre avait juré de tirer vengeance de ses persécuteurs. Au jour do sa puissance , il oublia les injures du grand^due, «t répandit de nou- Telles faveurs sur sesennc&ilB. Admirateur passionné du grand Frédéric, il voulut prussitau' ser la Russie; et ces innovations, dans un pays si amoureux du s^tu quo ^ lui créèrent de nombreux ennemis. Au nombre des services qu'il rendit A son pays, il faut compter raboUtion de l'odieuse inquisition , la èhanoellerie seerète, établie sous le règne d'Alexis Mikhailovitch.
Malgré ses bonnes qualités et le bien que fit son administration, Pierre III avait des défauts, et n'inspirait que du dégoût A son épouse, dont il n'ignorait pas d'ailleurs le caractère et les menées •ecrèles.r U se préparait même à des actes rigourei» contre elle; et ^ii^li|U6»
autears ont écrit qu'au détriment du tsaré- ▼itch Paul y il avait dessein de reconnaître pour son héritier le jeune Ivan qui languissait dans les prisons de Schlusselbourg.
Quoi qu'il en soit, Catherine conçut de vives inquiétudes, et parvint à associer à sa fortune beaucoup d'hommes puissans dans le sénat , dans Tarmée, et jusque parmi les ambassadeurs des cours étrangères. Le jour choisi pour exé» cuterle complot fut celui de la fête de Tempereur. Enfermé dans son palais d'Orienbaum, où il recevait les félicitations de ses courtisans et de jeunes femmes dont il s'entourait sans cesse, Pierre 111 apprit tout à coup le triomphe de Ca» therineà Pétersbourg^ccablé de cette nouvelle il ne sut prendre aucun parti. livré sans défense à la générosité de celle qui le détrônait, cet infortuné monarque devint l'objet des insultes et des outrages d'une ignoble soldatesque. Vainement flt-ii une abdication solennelle en faveur de son épouse, il fut enfermé , et le sixième jour on le trouva mort dans sa prison: le bruit se répandit qu'il avait cessé de vivre par suite d'une colique hémorrhoîdale.