HÈGNE. — ( De 1762 à
Le règne de Catherine 11 est trop connu pour que nous entrions dans le détail des événe* mens qui l'ont signalé. On sait qu'elle «c-
oueUKt près'd'èUe ceux que la roix pabliiqne désignait comijbe Xes assassins desonépotn, «{u'elle récompensa magnifiquement les hopme» .^i lui ayâieibtconqâis le tréné^et que les partisans de l'infortuné Pierre III furent exilés ou punis. -^Cependant le jeune iTan était IVibjet des craintes de rinrpératrice et des espérances' des méeontens. Détenu à Schlu^selbourg , il y avait d*abord été asset bien traité. Des projet insensé», vrais ou supposés , de le rétablir sur lé' t rêne, bâtèrent la catastrophe «pli mit témie à «ses |ours. Une attaque à main armée, dirigée contre Scbltisselbourg et conduite par Miiiovitch , que quelques-uns crurent logent secret de GatftLerine, devint pour ses gardes un motif de se défaire du jeune prisonnier : désespérant de le .séustraire aux recherebes de Miroritch, ils le poignardèrent, et délivrèrent ainsi l'impératrice d'un prince qui IioHTait par la suite devenir embarrassant. •— itran avait seize ans.
. La Pologne , par la mort d'A^ugnste -H , se trouvait en proie aux factions. I/impératrice , dont les vues politiques tendaient >A Tenvahissemeot de ce royaume , saisit cette occasion pour foire sentir k ce malheureux pays la liaine que lui vouait depuis si long-temps la Russie. Se couvrant du titre de protectrice , Catherine parut d'abord se contenter d'impo- •er aux Polonai» «n roi de sou ciioix. Le
pni^Qt FonUtpVBki, Fan de csê liomni^ mixt quels la nature accorde tout, eaoï^tle «éoie, açcepUi la triste inission de §o«Terner aoii fiajrs aous riafloeikce étrangère, et -de dé^QÛer an instant aux yeux des i|ifortun^ l^tepiûs les Tues ambitieuses de Timpératrioe,
(1769.) Lesautres cours deFEur^ipey effrayées tonteftHs de Taccrpissevient prodigieux que prenait la Russie, étaient parvenues à lu^ aua* dter une guerre aTeo la Jurquie. Vainqueurs sur terre et sur n^r« après- dif ers combats assea meurtriers, les ftusseft^cdntraignirait la Porte à acc<^ter un& paix bonteuse, par la* quelle la Crimée , déclarée indépendante, s»
trouva plus que jamaia à la merci de l^mpéiratrice. ...
Cependant l(i peste.qui désolait Moécou do^ Tint un nouTeau prétexte pour la réatifta^^ tion des projets depuis si l0n^«4cmps noii««^ ris contre la Pologne. Bans le .but aptiarc»| d'arrêter les progrès de ce. fléau, Gatbeaine^ de concert afec la Prusse et VAutrfcbe,fit oocoper ce piiys par ^pfi armée aombreiMi^ Les. effnrts tentés par quelques oonfédéréa potonaisy poofr secouer le joug insupportable des âraoïpcrB^ accéléra 1^ ,pcenuer démembremeat qui, enlev|i d*un seul >coiip.à la Pologne cinq millions' dlu»* bitans.
Les succès et les plans de Catherine né furent; un .instant troublés que par l'entre^
prise hardie d'un célèbre a Yentaiier , fegat-^ cheffy qui, né sur les bords du Don» prenait andacieusement le Dom de Pierre III , Tépoux infortané de l'impératrice, et soalevait» par ta force de son génie et l'espoir d'une liberté prochaine y les mécontens et les esclaves des provinces méridionales. Battues à plusiears reprises par les bandes de ce chef de révoltés» que» par dérision, Catherine surnommait M, It marquis Pugatchefft les troupes russes, sous la conduite du prince GaUitsin, parvinrent à disperser l'arinée insurgée, à s'emparer du fsux Pierre; qui Ait livré aux échafauds.
(1779.) La guerre venût de s'allumer entre f Angleterre et ses colonies d'Aniérique. Dans cette lutte à laquelle la France prit part et d'où Jaillirent tant d'événemens inattendue, Catherine, habile p^tique, adopta le idan d'une neutralité armée. D'ayant rien à craindre des puissances européennes, toutes divisées dlntérét , elle reporta ses vues vers l'Orient. Une armée nombretne^ commandée par le sa* trape Potemkin, s'empara de la Crimée , du Kouban, et fèrça le siritan à ratifier œ nouvel envahissement.
Ces succès qu'interrompit à peine l'expédi*' tion du roi' de Swède, qui , d'abord menaçante , fut bientôt réprimée, inspirèrent à Catherine ridée de chasser entièrement les Turcs de leurs possessions européennes , et d'inciirporer
à ses éUfSf déjà si tastes , le pays d^Alcibiade , de Péridès et d'Alexandre. Battus sur tous les points , les Turcs virent tomber au pouvoir des Russes Otchakoff, Kiébowni, Kotcbim et la malheureuse Ismaïloff, où périrent trente-cinq mille Turcs. C'est alors que le farouche Suva» row écrivit à Potemkin cette lettre laconique et tout à la manière des Spartiates : Le drU' peau russe flotte sur les murs d'Jsmqïl. Expression énergique , et qui n'avait pas besoin de commentaire.
(1793.) Cependant Fanéantissement de. la Pologne, projeté depuis long-temps par le cabinet de Saint-Pétersbourg , fut de nouveau résolu. Une déclaration de guerre signifiée à la diète, et appuyée de cent vingt mille baïonnettes) décida du sort de ce malheureux pays^ Les efforts héroïques de l'intrépide Kosdusko ne retardèrent que de quelques Jours la marche du Spartiate Suvarow. Chacun sait le siège de Varsovie, les malheurs de Praga, et la déplorable destinée du trône des Jagellons.
Catherine, victorieuse de toutes parts et maîtresse de la Gourlande , qu'elle déclarait définitivement réunie à son empire, venait d'entrer dans la ligue formée par l'Europe contre la France, lorsque la mort vint mettro un terme à une vie remplie de tant de faits eitraordio aires.
Catherine accabla de présens et de flatteries
Toltaire , Dîderot , d*Alemb«rt » ' GHmm et tant d'autres geii» de lettres; elle stipendia tes- foUicalaires 'et gàzetiefs de l'époque, ^ur obtemr aux *yeux de FEurope le surnom de SénUramis du nord, qu'elle méritait A beaucoup de* titres, et dont TaTait gratifiée l'auteur de la Vi^de Pierre»le»Grand, Jugé impartiale autant que «évère, Thistoire la proclamera grande «souveh'aine, et flétrira toute» fois les fautes et les faiblesses <!ini souillèrent sa vie. • Elle aTait régné triente-quatre ans.