‹ Histoire de Russie, d'après les chroniques nationalesChapitre 19 sur 24 · RÉGNE. — j;De tSOl à · texte numérisé non relu

RÉGNE. — j;De tSOl à

Alexandre , soutenu de l'Angleterre , aimé des Russe», et fils aîné du malheureux Paul, monta sur un trâne que Tenait de tacher le sang de son père et de son ^euL Les événemens extraordinaires de ce règne tiennent trop à Vhistoire eontemporaine pour que nous nous étendions sur leur nature : ils sont dans la mémoire de tous les lecteurs. Chacuir sait qu*une troisiè» me eoalition formée sous les auspices de l'Angleterre, et à laquelle la Russie prit une part aotite, Tint échouer et se dissoudre dans les plaines d'Austerlitz. Un corps entier de trente mille Russes disparut dans les eaux d'un lac glacé, sur lequel il s'était imprudemment ea gagé. Quoique Taincue, la Russie rentra bient6t en campagne (1806). Le triomphe d'Iéna ne ralentit point le zèle du tzar. Les journées de TzarnoTo, de Pultulsk et de Golynim, insignifiantes dans leurs résultats, amenèrent la bataille d'Eylau, la prise de Dantzick, la Tictoire de Friedland, et bientôt enfin le célèbre traité de Tilsitt. C'est là que, pour le héros qui présidait aux destinées de la France, il fallait pou- Toir s'arrêter.

(1809.) En paix aTec son redoutable adTersaire, Alexandre Toulut prendre sa rcTanche sur les Turcs. De nombreux succès, baUnoés

par quelques échees , deTaient occuper asaes la Russie pour que son souTcrain ne songeât point à mécontenter le vainqueur d'Austerlitz. Cependant , des infractions , fraies ou supposées, motÎTèrent tout à coup Tincroyable et gigantesque expédition dé 1812. On en sait le sort et les résultats^ Cette guerre, la plu»

politique , la plus européenne de toutes celles de Napoléon, puisqu'elle tendait à frapper»

d*une part, TAngleterre, cette irréconciliable ennemie de la France, et de Fautre, le géant du Nord, aujourdliui la terreur des peuples et des rois , souleva pourtant contre son auteur les nations de l'Europe dont il défendait les droits, et qui ne se séparèrent plus qu'en quittant la capitale de la France.

De retour en Russie, l'empereur Alexandre y reçut le titre glorieux de Père de la patrie, et Toulut justifier l'amour de son pays par de sages réformes dans les. institutions, le gouvernement et l'administration. De nombreux établissemens de bienfaisance et d'éducation publique , des réglemens sur le militaire, le civil, une législation maritime, des monumens, des théAtires, Taffranchissement d'un grand nombre de paysans, en un mot , des améliorations de tout genre contribuèrent à faire de son règne une époque de gloire et de grandeur pour la Russie.

L'émancipation de la Grèce , drame moderne où la Russie était appelée à jouer un si graad

fMe f et dans lequel die a montré pioft qne' de là froideur, est restée, ponr la ménuràre d'Alexandre, ane taelie qae ses historiens anront peine à dissimuler. 11 ne leur restera, pour excuser le héros, qo'à s'ca prendre à la mort qui Tint inopinément frapper l'emperear (1825) dans son voyage en Crimée, à une époque où tonte FEurope avait les yeux fixés sur lui , et semblait attendre de ce prince une demièpe* et glorieuse interrentlon.

NICOLAS l*, PaVLOVITCH.

70'BÉGlfB.— (Del825à )

Alexandre mourut sans enfans: le trône, par conséquent semblait devoir être occupé par Constantin , Talpé des fils de Paul , vice-roi de Pologne, par suite des traités de 1815 ; mai» une renonciation de celui-ci, confirmée par Alexandre mourant, y appelait le grand<duc Nicolas.

On sait que Taurore du règne de ce prince fut signalée par la manifestation d'un projet qui n'allait pas A moins , dit-on , qu'à changer la forme du gouvernement et les institutions de la Russie. On a publié que les conjurés n'avaient d'autre but que d'affranchir la nation , d'émanciper les serfs, et de donner au pays une constitution libérale. 11 faudrait, pour que tels eussent été les plans des conspirateurs que ks Boyards eussent consenti aux seuls sacri'

flces auxqfaels ils n*0Dt jamais Toula songer, la renonciation de leurs droits seigneuriaux , seule base aujourd'hui de leur richesse. — Une chose qui me parait évidente , c'est qu'il n*y a personne en Russie qui désire plu ardemment l'émancipation du peuple que l'empereur Fài»méme. Il en donne la preuve chaque jour en déclarant libres tous les paysans qui dépendent des domaines de la couronne. Aussi ce ne sera pas le peuple, en Russie, qui conspirera iamais contre son souverain : il n'en reçoit que des bienfaits, la liberté, des terres, des hospices et des écoles .-

L'empire de Russie, le plus vaste de la terre, et dont Jamais n'approcha, pour l'étendue, l'empire romain ni celui d'Alexandre, comprend 340,361 milles géographiques^ et s'étend d'Europe en Asie, entre le 19* et le 188* degré de longitude, et entre le 4* et le 7 8* degré de latitude. On Toit que si la population de ce pays, son commerce, sa constitution, le caractère de ses habitans , répondaient à l'étendue de son territoire, l'Europe et le monde entier seraient destinés à devenir sa proie ; mais heureusement il n'en est point ainsi. Sa population ne s'élève pas au-dessus de 50 millions d'habitans, et le peu de goût du peuple pour les innovations est une autre garantie pour l'Europe des intentions pacifiques du gouvernement russe.

le finirai ce petit résumé par transcrire ici le titre complet que prend l'empereur en tète de tous les actes du gouvernement.

Par la grâce de Dieu, nous Nicolas I*, empereor et autocrate de toutes les Russies, de Moscou , Kiew , Vladimir et Novgorod ; tzar de Khazan, tzar d* Astrakan, tzar de Pologne, tzar de Sibérie, tzar de Chersonèse Taurique; seigneur de Pskow, grand-duc de Smolensk , de Lithuanie et Yolhjnie „ de Podolie et de Fialande ; prince d*£stbonie y Livonie , Courlande et Semîgalie, de Samogitie, de Bialistock, de Carélie, Tver, lougorie, Pernie, Yiatka, Bulgarie et autres pays ; seigneur et grand-duc de Novgorod d*Ga bas » de Tchernigoff » Biazan , Polotsk, Rostof, Karslaw, Bclo-Osero, Oudoric, ObdoriCy Kondie, Yitepsk , Mstislaw, et dominateur de toute la région septentrionale ; seigneur du pays Ibérien, Kartalinien, Grusinien et Karbadinien ; seigneur suzerain, héréditaire des princes Tcherkarricns , des montagnes et autres; héritier de la Norwége, duc de Sleavick-Holstein , Stomarie , Ditmarr et Oldenbourg, etc., etc.

Page 1