OLGA
4*" RÉGNE. —(D« 045 à 955.)
ta vie entière d*01ga tient du roman : cette princesse joue, dans ces premiers temps de Tbis*' toire russe, le double rôle de notre Clotilde et de notre Frédégonde , l'une de sainte et l'autre d'exécrable mémoire. De basse extraction , Olga s'était ^ait remarquer par ses grâces et sa beauté; Oleg en fit l'épouse de son pupille Igor. A la mort de celui-ci , déclarée régente et tutrice de son fils S?iatoslaw, Olga ne songea plus qu'à punir les meurtriers de son époux.
Elle employa, pour y parvenir, différens stratagèmes qui peignent la férocité de son caractère, et l'extrême simplicité des peuples qui en devinrent les victimes.
Puis^ comme pour expier elle-même les cruautés sans nombre qu'elle exerça sur les malheureux Drevliens, Olga remit à son fils , qui venait d'atteindre sa majorité, les rênes du gouvernement» et partit pour Gonstantinople, avec la résolution d'embrasser la religion chrétienne. Constantin Porphyrogenète , qui occupait alors le trêne, la tint sur les fonts de baptême, et lui donna le nom d'Hélène. Nestor
ajoute que cette princesse remarquable avait conservé tant d'éclat et de beauté, que le vieux empereur voulut Tépouser; ce à quoi la nouvelle convertie s^opposa, en disant : <c Gomment pourriez-vous le faire? vous m'avez tenue sur les fonts de baptême , et vous m'appelez votre fille : ce ne serait nullement conforme à la loi de l'Évangile. » La clionique raconte qu'étant de retour à Kiew,01ga reçut de$ députés de l'empereur qui lui dirent de la part de leur mattre ; « Quand tu étais parmi nous et que |e u te comblais de présens et de faveurs, ne m'as- » tu pas dit que dés ton retour de Kiew, tu » m'enverrais des cadeaux, des esclaves, de la » cire, des fourrures et des soldats pour m'aider » dans mes guerres ?» Ce message ne fut point du goût de la princesse : n Sont-ce bien là, dit- » elle aux députés grecs, les paroles dont votre » mattre vous a chargés pour moi !.. En ce ças^ » allez lui dire de ma part qu'il vienne faire une » station dans les eaux delà Poczaîn comme celle » qu'il m'a fait faire dans les fonts baptismaux, et >» qu'alors je lui ferai les présens qu'il désire. » Cette manière de payer ses dettes fait plus d'honneur à l'esprit de la princesse qu'à la probité de son caractère.
La conversion d'Olga n'assura pourtant point le triomphe de la religion chrétienne en Russie; et cette princesse mourut dans un âge très avancé, vers 969, sans avoir eu la satisfac^
tÎMi de persuader son fils , qui ne toléra les èàiiétiens que par égard pour elle.
yéglise lui donna l'épithètede sainte; mais l%isioire» plus équitable, lui a laissé celle d'artificieuse.
SVIATOSLaW !•'.
â^" RÈGNE. — ( De 955 à 973.)
Bndurei aux fatigues et aux rigueurs des saisons, Sviatoslaw T' fut un héros dans ce siècle de barbarie, où la rudesse et la force tenaient lieu de grandeur d'âme. Braye et belliqueux, dit Nestor, il était léger comme la panthère et ne se plaisait qu'au bruit des camps. Il se nourrissait de la chair de cheval et de ttétes sauvages, et n'avait d'autre toit que lavoûte du ciel.
Ses armes se tournèrent d'abord vers les contrées méridionales comprises entre le Tanaîs et le Borysthène, la Ghersonèse Taurique et la Hongrie. Il s'empara de ces diverses provinces, dont il expulsa les Kosares , peuple autrefois célèbre dans l'histoire, et qui dès - lors disparut de la scène du monde.
Excité par Micéphore Phocas, emperear de Gonstantinople, à déclarer la guerre aux Bulgares , S^atoslaw marche sur Peréiaslaw, leur capitale, et s'en rend maître après avoir défait leur armée. Mais tandis qu'il poursuivait de nouvelle» conquêtes, peu s'en fallut qu'il ne
perdit sa famille et son anoleane eapitale. Les Peteheaègnes prafltant de son éloignement avitoit Aimé le siège de Kiew, oii setronvaient renfennës ses «afaos et leur afenle Olga, Les KJëfieBs, tifrés aux horreurs de la famiBe, se livraieDt au désespoir: «M'ja-t-il doncpersoBoe, s'écriaientîls, qui veuille se dévouer pour le salut commun, et qui se charge d'aller préve* Bn>nos frères de l'autre riTe.»-*aJ'y vaisi s'écrie enfin un adolescent. » Ce jeune iiomme, une hride à la main, sort de la ville et crie aux Petchenègues qui le prennent pour un des leurs { il parlait leur langue ) : « Quelqu'un de vous n'a-t*il pas vu mon cheval qui s'est enfui ? » Ge^ pendant il gagne les bords du fleuve, Jette ses vétemens, se précipite dans le Dnieper et se met à gagner la rfve opposée sous les yenx des ennemis, qui font en vain pleuvoir sur lui une nuée de flèches.... Instruits du danger qui me<naoe leurs frères, les Russes de la rive imposée projettent une attaque.
Le lendemain, an point du jour, Preties, voSé* vode de Sviatoslaw, commande le mouvement, des barques couvrent le fleuve, l'air retentit du son des trompettes, et les Kiéviens, ivres de joie répondent à ce signal par des cris simultanés. Les Petchenègues surpris, quittent les avenues de la ville assiégée et facilitent ainsi la sortie d'Olga, des enfans, du prince et des principaux officiers. Revenus de leur frayeur,
les Fetchenègues le représenteift, ef leur chef apercerant Prêtiez, s'approche et lui dit:
« Quels sont donc ces gens?— Ge'sont, répond le voIéTode, nos frères et nos amis. —Mais toi'méme? — Je sms un des officiers de Syiatoslaw, envoyé par ce prince au secours de Kiew: lui^ même, suivi d'une armée innombrable,*ne tardera pas à paraître. » A ces mots, le Petchenègue effrayé ne sait plus que devenir. « Soyons amiSy dit-il à Prêtiez. — Je lé veux bien, répond le voîévode.» — Et tous deux se tendirent la main. Le Petchenègue donna à Prêtiez son che-. val, son sabre et son arc en échange d'an harnais, d'un bouclier et d'une épée qu'il reçut de celui-ci, et les Petchenègues décampèrent à la hâte et abandonnèrent Kiew et les bords du Lybed.
Sviatoslaw, informé du danger qu'avait couru Kiew en son absence, se hâta de se rendre aux vœux de ses habitans; Cependant son humeur remuante s'arrangeait *peu de la vie inactive. « Le séjour de Kiew m'ennuie, dit-il un jour h » sa mère, je préfère aller demeurer à Peréjas- » lavle près du Danube : ce sera le point central » de mes États, car tous les biens y abondent : » de la Grèce y viennent les étoffes précieuses^ » l'or, le vin et les fruits de toute espèce; du » pays des Bohèmes et des Ougres, des chevaux » et de l'argent; delà Russie, des fourrures, de » la cire, du- miel et des esclaves. » Olga que ce
discours chagrinait» lui répondit: «'Ne yois-tu pas, mon fils, queje sais malade. Voudrais-tu m*abandonner en ce moment?» Elle était réeliement fort souffrante, et elle ajouta : «Ensevelismoi , puis après Ta où bon te semblera. » En effet trois jours après Olga mourut: elle fut inhumée sans aucune pompe ainsi qu'elle Ta- Tait paru désirer , et par un prêtre chrétien qui lui était attaché.
Sviatoslaw, après rla mort de sa mère, se hâta d'exécuter les projets qui lui souriaient tant : mais avant il voulut partager ses États entre ses enfans. Il assigne Kiew à Talné, laropolk; les pays des Drevliens au second, Oleg; et la souveraineté de Novgorod au^troisième , Vladimir, son fils naturel. (Vest ce partage qui fit naître en Russie la funeste coutume des apanages.
On lit dans Nestor un fait qui s^uté aux traits que Tannaliste nous a laissés de Sviatoslaw. L'occupation de la Bulgarie par le prince russe, ayant porté ombrage aux Grecs, de nouveaux démêlés s'ensuivirent et la guerre fut déclarée. Les historiens byzantins s'accordent peu ici avec la chronique russe: suivant les premiers, Sviatoslaw vaincu, défait de toutes parts, se vit obligé de reprendre honteusement la route de ses anciens États, tandis que selon Nestor, il fit trembler Tempereur sur son trône, «t dicta les articles d'un .nouveau traité d'al-
Uance, dont à la yétnlté les termes ne lui «m% posti^ès^avorables. Quoi qiiHl en soit, les Gceos» saÎTant Nestor, effrayés des progrèsdes Rosoes, se décidèrent à lui: offrir la paix... « No«m ne pouvons résister k Stiatoslaw^ disalcat-ils A l'eniperenr , e&royeï-kii des présens f et Yoyea s'ila du goût pour Foret les étoffes* précienses.» Letiar grec adopte cet avis. Il oharge des hommes Kabiles de porter au prince russe de l'or et des étoffes préeieases> et. leur recommande d'oboerrer attentivement son regard, son Tisage et de démèter l'impression que fe* raient sur lui ces présens. - Les députés se présentent donc tant camp des Russes. Amenés devant le prince, ils s'inclinent et déroulent leurs tissus, étalent leur or et leurs bijoux. Sviatoslaw jette sur tout cela un œil de mépris et dit à ses gens : « Prenez cela ! » Lesdé* pûtes revenus prés de leur maître, s'expriment ainsi en présence des boyards et officiers de sa cour. « Eb bien! nous avons offert nos pré^ sens au prinee, mais il les a vus avec le plus grand mépris , et les a abandonnés à ses gens. — Essayons idors , dit un des assistons, de lui envoyer des armes. » Et les mêmes députés portèrent à Sviatoslaw une épée et quelques a»très armes. A leur vue, eelui*ci se lève, saisit ces nouveaux présens, les admire, les porte A ses lèvres et témoigne la plus grande joie. .. 4( Ce doit être un homme bien farouche, se di-
rent «Ion les Grecs ^ iniûqu'il méprise l'or^ et qu'il ne vaut d'antre - tribut qu'on glaive , qu'une éfée! »
Ou Tainqnenr ou vaineii» Sviatoelaw fort wal wacwpagué, reprit le chemin de Kieir.
En vain ses offlcievs lui repvé8entent41s le danger de remonter le fieure.: il s'embarque.
Cependant les PetcboiègMies , aes ennemis oonstans, l'attendaient aux cataractes du. Borystfaène: ils le surprennent et le tuent. Son crftne» orné d'un cercle d'or, servit de çon|ie au prince des- Pctchenègues. -*- Il régna dix» sept ans. Il avait eu pour femmes une religieuse grecque et une suivante de sa mère Olga. Son règne corrospond k celui de Lothaire, rnvant*derBier des Garlovingtcns eu France.
lARQPOULI^'.
6» RÈGNE. — (De 973 à 980.)
'. Mous venons de voir le partage qu'avait fait de la souveraineté le grand^prince SviatosUnr. Le pouvoir ainsi divisé devint bionUki la source de cruelles dissensions. Oleg, à qui le pays des DrevUens était échii, en liit la première vic" time. Attaqué par lacopolk^ bettu, poursuivi , le malheureqx fugitif tombe dans uo fossd, où iL meurt écrasé sous le poids d'une multitude d'hommes et de cbovaux» Yladîmir, effrayé du jsoit de sou frère, abandonne. ses états^etcooi^^t
<;hez les Tarègfues implorer leur assistance. C'est pen de temps après son retour , auquel* le lâche laropolkne chercha pas à mettre obstacle, que les deux frères songèrent à épouser la même fetfrme, la fille de Rogrold, prince de Polotsk. « Veux-tu prendre Vladimir pour époux? » demande le père à sa^fiUe. « Je ne « yeux en aucune manière, répond-elle, tirer les « souliera.du fils d*une esclave; mais je désire » devenir l'épouse de laropolk. » — Vladimir , irrité, s'empare de Polotsk, détruit l'armée de Rogvold qu'il tue , et force la dédaigneuse princesse à recevoir une main odieuse, fo* mante encore du sang de<son père. Après ce triomphe , qui ne .semble qu'irriter la barbarie de Vladimir, il marche vers Kiew, corrompt un des favoris de son frère, nommé Blud. Ce misérable enfermé dans la ville avec laropolk qu'il trahissait, craignant de ne pouvoir assez tôt livrer son maître, lui persuade que les Kiéviens veulent se défaire de lui, et le détermine à se réfugier'dans la citadelle de Rodnia, à l'embouchure du' Réza. Vladimir y poursuit son frère et forme le siège de la forteresse où bicntèt les ressources manquent aux habitans. ' La famine» qu'on y éprouva y fut telle qu'on éll) coi^rva le souvenir eu Russie et qu'on y di%Mop'g-temps encore après, en parlant d'une pénurie de vitres: »C'esi comme /a' famine de Jtoifiiiâ. Enfin, Blud ayant réduit son
maître à telle extrémité, rengagea à rescoarir à la miséricorde de Vladimir. JaropoUt s'y décida. Yareschko son fidèle serviteur lui voulut ouvrir les yeux. «Knés, lui dit-il, n'y va pas, ils t'assassineront. » Jaropolk ne voulut- le croire, et se rendit près de Vladimir. Mais à peine fut-il entré dans la salle où se tenait celui-ci» que deux Varègues se jetèrent sur lui et lui {Songèrent leur épée dans le sein.
N^s n'aurons malheureusement que trop de récits de cette nature à faire dans le courant de rhistoire de Russie. Le lecteur doit se résigner au spectacle de trahisons , de fratricides , et de crimes odieux de tous genres. Les commencemens de tçus les peuples sont semés de tableaux semblables ^ et notre propre histoire n'en est pas exempte.
laropolk avait régné sept ans.
^ YLADIMIR-LE-GRAND.
V RÈGNE. — (De 980 à 1015.)
C'est le prince gigantesque des premiers temps de la monarchie dont nous écrivons rhistoire : les Russes le comparent volontiers à notre Charlemagne , quoique , à mon avis , il ait bien plus de ressemblance avec Clovis , dont il- fut, par la rudesse de sou caractère, par ses victoires et sa conversion , le fréquent imitateur. Son premier soin , en se trouvant
•enl' maître de la Hussie , fut de se dtfaire ^es YarègHes , qu'il avait appelés à son 'se^ eeurs , et dent il se trouvait embarrassé. D leur conseilla d'aller offrir leurs serrices k Tempereur de Gonstantinople, par qui, disaiMl, ils devaient être fort bien aeoUeillis. Cette sol«> datesqoe mercenaire suivit cet avis, et rendit, depuis ce temps, de grands services à Tempire, dans les firéqnens combats qu'il eut à soutenir centre les barbares qui l'assailhdent de toutes parts.
yiadindr, par le bonheur de ses armes conr tre leS'Polonais, les Bulgares, et contre d'autres petits peuples , ses voisins f rendit son nom redoutable'', et de puissans monarques recherchèrent son alliance. On prétend que les députés du pape Jean XV vinrent Rengager à embraS'^ ser la foi de rÉvengile. La vérité est que , cédant au mouvement religieux qui s'opérait alors en Hongrie, eu Pologne, -en Suôde , en Norwège et en Danemarck , il demanda des prêtres chrétiens à Fempereur de Gonstantinople. Le sort quei fliiiut . Golomban , saint Birunon et saint Adalbert «valent précédemment éprouvé dans la Slavonie^ donnait une tropmauvaise opinion des Russes, pour que les prêtres grecs fussent toutes de la périUeuse mission de lesxuitéchiser.' Vladimir^ ne recevant pas de réponse à sa demapuie , résolut d'obtenir à main armée cel qn^on ne voulait pas accorder à ses prières. 11
naasembU donc une armée formidable » estra en. Crimée, et ravagea (oate la Ghersottèse» me> naç ant les empereurs Basile et (iopstantin 4e traiter leur capitale de la mèmt façon » s'ils* ae lui accordaient , snr-te-ciiamp , leur sœur en mariage,, et des prdires chréliens pour éclairer sa nation.
« A la réceptiQ9 du message de Vladimir, dit NesM>r, les tzars Basile et Constwitin fUrent tout ébabis;.cepei4aiit ils répo^idirent : Il n*est nullement permis ides ebrétiens de contracter mariage avec. des inalens. Jais*toi baptiser, adopte notre M y et tu pourras obtenir notre sœur» et avec ellc^ la oouronne céleste.. Vladimir jçxigea que le^ empereurs lui euToyassent drabord leur sœur; mais la.prineessf redisait d'aller parmi des idoll^res. «Non, disait^Ue, j'aime mieux mourir ici. — Mais, répondaient ses frères, peuUétre introdairas-tu leyrai Dieu dans cette Russie qui déjà nous a fait tant de mal. » Enfin, la princesse, après bien des larmes et des soupirs, embrassa ses parens, ses amis et s'embarqua pour Gberson. Or,- en ce tempS'Ià, Vladimir, par un effet de la volonté de Dieu, ayait inopinément perdu la Tue; il se lamentait et ne saurait qnd moyen employer pour la recouvrer» La princesse lui conseilla le baptême. — Si , dit-il , je dois être guéri par totre baptême, c'est que votre Dieu, qui le commande, est vraiment grand. Et il se lit bap-
tiser; puis', tandis que Téréque lui imposait les mains, ses yeux s*ouTrirent, et il revit la lumière. Dès ce moment, ajoute Fannaliste, Vladimir prit le vrai Dieu en grande estime. ^
Immédiatement après sa conversion, qui eut lieu Tan de Jésus-Christ 988 , Vladimir fit cesser, en Russie, le culte deis faux dieux et ren verser les idoles auxquelles précédemment il sacrifiait le sang humain. Comme Péroun était pour les Russes le plus graad des dieux, ce fut aussi celui que Vladimir, après sa conversion , voulut traiter avec le plus d'ignominie. «Il donna l'ordre, dit la chronique, qu'on PattacAiât à la queue d'un cheval et qu'il fût tratné jusqu'au Dnieper; et durant le tri^et, douze hommes, montés dessus, le flagellaient de verges et l'injuriaient de paroles. Un historien reproche à Vladimirce traitement infligé -à l'idole Péroun: Ce trait peint, dit-il, le caractère de Vladimir , également insensé quand il adorait un morceau de bois mal dégrossi , et quand il voulait punir cette masse insensible des adorations que lui-même lui avait prodiguées. »
Nestor cependant avait pris soin de disculper le prince russe de ce reproche de folie. « Vladimir, dit le moine de Kiew, n'en agit point de la sorte, comme aucuns pourraient penser , pour que cette statue faite de bois le ressentit , mais par pur mépris du démon qui avait à ce point égaré les hommes et pour que,
par un tel affironl» il reçût la pdne qt^-H a^ait méritée. »
Vladtmir» après sa contersion , eat de fréquentes guerres à soutenir. Dans un de ses démêlés avec les Petchenègues, les deux armées étaient près de combattre et n'étaient séparées que par les eaux de la Soula. Le chef ennemi s'avance, et propose de yider le» querelles par un combat singulier entre deux champions. Le parti vaincu dans la personne de son tenant, devait s'abstenir, pendant trois ans, de toute hostilité contre l'autre nation.» Vladimir, dit la chronique, fit aussitôt crier parmi les guerriers: Se trouve't'il quelqu'un qui veuille d'un com" bai à outrance avec un PetckenègueP Mais nul n'acceptait. Cependant, dès le matin, les Petchenègues amenèrent leur champion , tandis que de notre côté personne ne bougeait , ce dont Vladimir se trouvait grandement fâché.
A la fin se présente un vieillard qui lui dit : Je suis venu au camp avec quatre de mes fils; mais j'ai laissé à la maison mon plus jeune , qui, depuis son enfance, n*a pas encore trouvé son maître. Un jour qu'il tenait une pejiu de bœuf, et que je le grondais, il se fâcha contre moi, et dans sa colère, il déchira la peau en deux.— A ce rédt, le prince, plein d'espérance, envoya quérir le jeune garçdb, qui confirma par ses discours les paroles de son père. Prinet , dit-il à Vlaldiqiîr, je ne connais pas moh-
même mes forces \ fais-les, moi éprouver, ^uejh vous ici un fort et puissant bosuf ? On iimeafty selon ses 4éBirs, un bœuf d'une force extraordinaire, que le prince fitirriter an moyen dMli fèr rooge, {Miis on le lâcha dans Tarène. Incontinent lebœaf se précipite sor le jeune athlète^ mais celai«ci d'une main le saisît aux cornes', et de Fau^e lai arrache un énonne morceau ùfc chair... A cette vue, Vladimir sf^orie : Allons i tu péwx combattre à outrance. Le lendemain^ les champions s'atancèrent sur la rive du fleuve; le Petclieivègue était, pouv la taille,- un vérita» ble géant, et pour la figure, horrible à voir.— Quand le tenant de Yladimjr parut; le Petchenôgue se prit à rire ; car prés de loi ce n^était Tien. Cependant on ât un*champ clos, et les deux champions marchèrent Tun contre Tautre, s'étreignirent et -s'empoignèrent à bras le corp5. ▲u bout d'an instiint, le jeune Rusèè' aynnt pressé contre sa poitrinele géant, son ennemi, réfottffa et rétendit, raidemortj'sur la plalee... Inconlinenf, lesiPetidienègues se prirent à filir en poussant d'horribles cris. » .
Quoique instruit par «xpérienée dés dangers de partager Fempire en plusieurs branches t>Q apanages, Yladimifp démembra le sien, et en fit dix petites souterainetés , quMl distribua à ses enfansi LadésolAssancedeFun d'eux lui >fltsentirdenoqyeau téut^e queoe système avait de dangereux. laroslaw, à qui il avait donné Nof-
forod» se rëtolta^ (^ilîgé de marclier contre ce fils rebelle , Yladinir mourut en chenûa, après un règne de trenle-daq ans.
Ce prince laissa des regrets , et eut pluS' d'un titre à l'amour de sea- sujets^ à TadmiratioB de ses contemporains^ et à Testime de la postérité. I*ea de mcmarques méritèrent plus que lui d'occuper l'imagination des poètes et des contoui's. Aussi les annales de Bysance ne sont pas les seules qui parlent de ses exph>its. On retrouve son nom dans les chroniques arabes, dans les sagas et les chansons des Scandinayes. En un mot, la renommée aux cent voix se plut à relever la gloire de ce prince, dont l'élise a fait^ un saint y et que l'histoire a surpommé le Grande Son .règne correspond à celui de Hu* gues-Capet et de Robert;
MOEURS ET USAGES DES RUSSES SOUS LES GRANDS PRINCES DE LA PREMIERE PÉRIODE.
Le caractère des peuples, slaves et leurs usages , que nous avonr décrits au commencement de cette histoire^ se maintinrent en grande partie sous les prukces russes de la première, période. GependAAt ,- mêlés avec les Yarègues- Ruases et les antres peuples qui .soumirent les armes d'Oleget deses;«Hcces8^rs, en relationsfréquentes ftviBc Gottstantinople , d'où ils rap-; portaient- de For, de» étoflfes. précieuses', de» fruits délicieum • et conséquemment Lç goût- d»
loxe et des arts, leâ peuples de la Russie durent aussi prendre et retenir quelques-unes des ha^ bitudes des voisins qu'ils fréquentaient. Le grand nombre de lieux habités que Ton troute en Russie à la mort de Vladimir proute d*ail« leurs que Tétat social avait fait quelques pro* grès dans cette contrée. Ces villes , il est vrai , ne ressemblaient point aux magnifiques cités qui font aujourd'hui l'orgueil et Fornement de la Russie ; cependant il faut convenir que des hommes qui se réunissent, bâtissent, ne fût-ce que desimpies bourgades , vivent et combattent ensemble pour la défense du sol qui les vit naître, sont d^à bien loin de la vie des sauvages. Les traités d*01eg et de ses successeurs avec Constantinople prouvent que dès-lors les Russes savaient écrire , qu'ils avaient des lois et des juges, et que Tart de la navigation leur était familier. A la vérité, les barques dont les Russes usaient pour leurs excursions ressemblaient peu aux formidables flottes dont ils couvrent aujourd'hui les mers. Si l'on en croit les chroniques du temps, ils descendaient assez facilement le Dnieper, jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus aux écueils qui embarrassent son cours : alors commençaient les périls, les travaux et les difflc^tés : ils déchargeaient leurs barques, les faisaient glisser sur les rochers, à force de bras et de harpons ; puis il leur fallait porter le bagage au risque d'être attaqués par
lenra esnemis , les Petcfaenè^ea ou le» Grecs. La navigation d*01eg sor le Dméper, dans son expédition contre Gonstantinople, est trop eu* rieuse pour que nous n'en disions pas un mot. « Olegy dit NestWy ordonne à ses gens de construire des roues, et de les adapter aux vaisseaux ; et dès que le yent est faforable, il fait tendre les voiles, et les vaisseaux arrivent» à travers champs , jusqu'aux portes de la ville. » Constantin Forphyrogenète, qui nous a aussi transmis la marche des Russes dans cette guerre, ne parie pas de csctte miraculeuse navigation par terre, à pleines voiles; mais il en dit asses pour donner une gr«ide idée de la constance,, de rindnstrie et de l'intrépidité de ces peuples.
Les lois russes de cette époque, qu'elles fussent écrites ou non ^ reconnaissaient beaucoup de force aux sermens. Les guerriers juraient sur leurs épées, attestaient Peroun, le dieu de la foudre, et Voloss, celui des troupeaux. Ces lois prononçaient la peine de mort contre' le meurtrier. Les femmes avaient une part dans la fortune de leurs époux i des innoeens n'étaient point punis du crime d'un coupable, les enfans pour les fautes de leur père , les épouses pour le crime de leur mari. Le toi était réprimé par des amendes,et la propriété individuelle se trouvait à l'abri des déprédations .et des en- ▼ahissemens : le prince lui-même, l'impôt légal
lefé,'fie.|ioavaittaCto«fllr à enTàlûr.riiéitege'Cle let MMiH Si Mlias'exposer à lA'iié8ÛUIac9ki plus
Le^opky dès' ce tenpsi^là'y ixofaàtmn florders^ aiuL derins» aax pi«fliti||és; Oleg» re* yoDO yictorieux de son expéditiim> de la Grèce, reçat le sarnom de soccicr. Un denaqa*il avait coDâulté aor le genve de mort qui hd était ré> serré, loi a?aiC|inédit que son cheval serait cavse (de sa mort : il .se déit de «et aniasal qui ntearut. Au bout de quelques années, OI«g>alia voirie squelette de son ennemi. « Voilà donc, dit^il y en frapfMint du pied , celui qui devait me^toeri* Arinstantane>vipèresorttrda enâne du cheval, qui lui fit une bleSsni« donfcil nou»rut.
Sous les premiers pmobcea varègnes^^ruases , ainsi appelés Russts du nom d*<uae;!pvoviaBe qu'ils occupaient en «Scandimivie , le» > Slaves epirent peu d'inflnenee dan» radmîniatf ation de» :affaires4 LesrRusses seuls ^«ient e» po^ session de tous les emplois.de confiance; idM il semble résulter que la puissance de eenx*«ci était on usurpée, ou i du moins à. charge aux anclsns maîtres du pays. Aussi .vit^on éclater quelques, germes de: sédition sous Eurik., (Ustg et ses successeurs. Lailttsion> des Slaves et des YarègueB ne se ât bien que sous le règafS-de Vladimir, par J'influence du cbristianisiiie ^ au» * quel Tezemple du pDiice obligea tous le» eu-'
jets. Les Slaves et les Varègaes » contondu^ d^à sous le nom oommuii de Russes , ii*earent plus entre eux d'autre distinction que celle de leur mérite eu de leur bonne fortune. • *
Vladimir, par son mariage avec une princesse de Gonstantinople , ouvrit aux beanx-arté une première entrée en Russie : des artistes , des architectes , ornèrent ce pays nouyeliement converti d'églises et de palais plus ou moins somptueux. La jeune noblesse fut élevée dans d«« établissemens créés par le ^ince, où ses bien^ faits avaient attiré. des Grecs et des étrangers iuattaitS'Ci).
(1) «r Si rordoDnance da 'Wladimir^ relative k l'iostruction d« la jeuneise, et rapportée dans le Livre des degrés (Stflptimy* Kuigi), est authentique, on doit admif er la sagesse de ce prince. Elle est connue en ces termes i « Les » maîtres doivent instruire les jeunes gens avec raison et f avec dëeence^ leur faire comprendre l'^^pi'il àa ce qu'ils y lisent, et leur enseigner à pratiquer la vraie charité' » chrétienne , li tenir une bonne conduite , et ^ se pe'-; » ntftrer do la crainte de Dien , laquelle est le commen* » cernent de la sagesse ; ila doivent , en instrnisant , ne » pas le faire avec emportement , ni avec rudesse , n^ais » avec un visage riant, et d'une manière engageante , » pour ne pas intimider les enfans } ils doivent veiller » avec attention sur eux , n^éter k plusieurs reprises m leurs instructions, donner avec discernemeiit une > tàcfao proportionnée k la forcv de chacun d'ou^ , pour n ne pas décourager les enfans ou les rendre stiijii*
Le clergé , si Ton en croit la chronique , obtint aussi, dès son origine, d'immenses pri^ilë* ges qui lui donnèrent cette haute prépondérance qu'il sut toiyours conserver sur les autres par-
» des , etc. )> Yoyes Bachmeistei, Essai sur la bibliotheque de V Académie de St-Pétersbourg , page 9.
M L'alphabet des Grecs passa chei les Russes aTecUar religion j et cette nation , plus unie et plus puissante du temps de 'Vladimir que la plupart des antres <$tats de l'Europe, entretint dës-lors un commerce lucratif avec lu Grecs , dont elle s'e'tait fait redouter.
» Ala mort de Vladimir, la Knuie comprenait les tutes râlons qui , du nord li l'ouest , s'iJtendent de la mer Glaciale et de l'embouchure de la Dvina au Niémen , au Dniester et au Bug , et en de^ de ce dernier fleare , jusqu'aux monts Krapaks et aux frontières d: la Hongrie et de la Moldavie. La ville de Kiew, sur le Dnieper, tfuit la résidence des grands-ducs et ta capitale de l'empire.»
La note qui pr^ède est extraite du Tableau des rè* solutions de t Europe par KoCH , tome 1*% pages pS et ç/S , de r^ilion de Schoell. — Gomme cet ouvrage e^t reconnu pour classique et recommanda par l'Université » . nous croyons utile de faire sur cette note l'observation stiivante t
k l'an 998, Nestor dit seulement : « Vladimir fit aussi » élever dans les autres villes des «^lises o& il envoya » des prêtres ; et il n'y eut point de ville , de bourg ni » de village' oà le peuple ne fût ameniî & la foi par le n baptême. ' Puis il choisit des jeunes gens bien n^, » qu'il fit instruire, et auxquels on apprit \ écrire. n Mais l'es mbrcs pleuraient sur leurs enfans, comme s'ils
lies de la nation. Mais une des plus grandes fautes de Viadinûr fut de dlTlser son empire eu principautésv^t de les donner en apanage à ses enfanF: exemple funeste , qui fit naître la féodalité et les malheurs sans fin dont la Bussie fut plus tard accablée.
» allai«Dt moarir , car elles n'étaient pas encore afier* n.mies dans la foi. »
On a long» temps confondu la chronique de Nestor avec celle de Nikon , et aussi avec le ZiVre des degrés , cité par Bachmdster. Ces deux ouvrages , composés , l'un ta seisième si^de , et l'autre au dix-septième , et d'après la chronique de Nestor, sont remplis de faits eontrourés, dont le moine de Ki«w ne parle pas* L'ordonnance rapportée par Bachmeister est de ce nom» hre, et ne se trouve pas dan* TAUtion impériale de Pétersbouig. •— En outre, le réritahle titre du livre de» degrés est Stepeimata kniga , du mot stie^^fsn p dsgri » ou plutôt, génération f rang, généalogie.
3ê SECONDE PÉRIODE.
l'empire partagé.
SVIATOPOLK.
8« RÉGNE. — (De 1015 à 1017.)
Nous avons dit que Vladimir avait commis la grande faute de partager l'empire entre ses eufans^ .Voici la part qu'il fit à chacun d'eux. U s'était réservé KieViqui devait écboir A son auoceaseur^ jlovgorod appaitenait k laroslavr ; ^lotsk à Isiasbtw ; Tour^w à Sviatopolk^ qui B'élait que -son fils* adoptif ; Roaitowià^ Boris; Mourom à Gleb ; le pays des Drovliens' à Svia" toslarw*; Vladimir A Vsévolod-; Iteontorokan à Mstislaw' , et Smolensk A Stanislas.
Boris , le favori du peuple et de Vladimir ^ était désigné par la voix publique comme devant succéder à Vladimir-le-Grand. Le féroce Svia» topolk le fit assassiner ainsi que ses deiix frè* res , Gleb et Sviatoslaw , dont il envahit les souverainetés. laroslaw , prince de Novgorod, qui précédemment s'était déclaré indépendant, marche contre lui , et le lâche fratricide abandonne le champ de bataille avant la fin de l'action, pour se réfugier près de son beau-père Boleslas, roi de Pologne.
laroslaw, maitre de Kiew et de l'héritage de ses frères dépossédés , donnait ses soins à Vembeliissement de sa capitale , quand Boleslas f Jaloux de rétablir son gendre , yint of« frir le combat à laroslàw. Les deux années se xencontrèrent sur le Bug. ««/aroslaw, dit la chronique , avait avee fui , Boud , son tienx gou^^ Terneur, lequel a'étant approché du rivage, se pnt-à direien partant de Bolèslas : « Nous percerons bientôt ce gros Tentre.- » Boleslas, en effets était gros , loardaut, et pouvait à grand' peine se tenir à cheval; mai» il était brave et avait gftiwà génie. Aces^mots , «'e prince furieux dit à son armée : «je veux mourir si je n*al vengeance d'un pareil affront.» Lors, il monte à cheval,se jette en plein fleuve^ et met en déroute complète l'armée d'Iaroslaw.Lftprince de Kievr, vaincu, pot à peine se dérober à la poursuite d» vaiaqueup.; Boleslai ^ nuiltt^ dé Klevr, yrétaUift le traître Svf atopolk : mais il ne fut pas longtemps sans* avoir à s'en plaindre». 0ê mons^ tre ^venait; de donner Pordre d'égorger tous les: Polonais auxquels il devait le trOnè , et dont il était fatigué. Boleslas , indigné , quitta Kiewv et laissa l'insensé Svi8to|)0lh en butte aux nouvelles attaques de son enneon .- laroslaw ne tarda pt^ntà venir litiNvrerun nouveau combats l'odieu'frairieideyfut de nouveau battu*. Mais «u milieu de sa fuite « le diable' sVmpara dtt miaérable^y tet il tomba «n tel aflMsement,
qu'il ne pouvait plus se tenir sur sou séant. Il fallut le porter eu chaise et continuer ainsi la fuite ju;»qu*à ce qu'on eût gagné les plaines de PAlta: et durant la fuite il s'écriait: « Ah! Tite, fuyez, fuyez, ils me poursuiTent!... Or, ses gens regardaient derrière pour voir si l'en? nemi suivait ; mais on ne voyait personne qui y songeât. Le malheureux était poursuivi par la colère de Dieu : il gagna cependant les déserts qui se trouvent entre le pays des Polonais et ce* lui de Bohême , et là finit dans les tonrmenssa misérable existence. »
liC règne orageux de Sviatopolk ne dura que deux ans.
UROSIAW I«^ 9« lUÈGNB. — (De 1017 à 1054.)
Dans les premières années du règne de laroslaw , Mstislaw son frère , prince de Tnioutorokan, eut une guerre avec les Kassogues, dont les circonstances assez remarquables , peuvent servir à l'histoire des mœurs de cette époque. Rodédl^ 9 chef des ennemis , s'étant approdié du camp des Russes, demanda Mstislaw, et lui dit: «Pourquoi obliger nos gens A en venir aux mains ? Ne pouvons-nous vuider notre différent à nous deux? Combattons, mais seuls. Si lu restes vainqueur, tu prendras mes trésors, mes femmes, mes eitfans^ et leverji^ tribut sur mon
peuple. Si je te tae , j'en userai de même à l'é* gard des tieus. — Eh bien, dit, Mstislaw, j*y consens , combattons donc, maïs sans armes, ft la lutte , corps à corps , ainsi que font nos mougiks( paysans). » Alors ils commencèrent à lutter opiniâtrement. Mstislaw le premier, sentit sa force faillir, car Rodédia était de haute stature et d*une force extraordinaire. « O sainte mère de Dieu, s*écrie alors Mstislaw, sois-moi secourable,et je te promets d*é!eyer une lîglise en ton saint nom. » A peine a-t-il fait ce vœu, qu*il terrasse son ennemi, tire son poignard et le lui plonge au cœur. Victorieux, suivant les conditions , ir s'empara des biens , des femmes et des enfans de Rodédia , et leva tribut sur les Kassogues. Puis de retour à Tmoutorokan, il jeta les fondemens d'une église qui fut dédiée à la sainte Vierge.
La mésintelligence se mît bientôt entre les deux princes. laroslaw, Yainement aidé des Varègues , fut' obligé d'abandonner un instant Kiew, et de se réfugier à Novgorod. La mort inopinée de Mstislaw mit fin aux débats , et augmenta la puissance de laroslaw , qui réu* nit encore cette portion de Tempire au pays dont il était déjà maître.
1043. — Le grand-prince ayant pacifié Tintérieur, porta ses armes contre les Grecs , dont il avait à se plaindre. Mais cette guerre ne fut
ffoiut heiirease : les Rosses, yaincas^ farent presque' tous massacrés.
C'est encore sotts sonrèguewque se moitCrèrent poitr la première fois les Polovtzi, ces ter» ribles ennemis du nom russe. En 1067 , ils rem« portèrent sur les princes coatisésune yictoire édatante , dont les suites furent fatales au sou. Terain de Kiew. Le peuple^irrité contra le ^and prince qui » au mépris de la foi jurée, avait plongé dans uu -cachot Tua de ses parens, VseslaWy prince de Polotsk, demande des ar*" mes f et ?eut courir venger sur les vainqueurs l'affront fait au nom russe. Isiaslaw s'oppose k cette résoiutiôli, et fait défendre les portes de la ville. A cette nouvelle, le peuple* pousse d'ef-' froyahles cris , prend les armes , ouVre lea^ portes des prisons , délivre t'seslaw et le proclame grand prince^ à la place d'Isiaslaw^ obligé de quitter précipitamment son palais que la populace aussitôt livre au pillage. — Le nouveau souverain ne justifia point la confiance des Kiéviens. Le prince déchu s'étant présenté Tannée suivante, soutenu de Bol estas et d'une armée de Polonais, Yseslaw abandonna lâchement le champ de bataille avant le combat, et laissa Isiaslaw reprendre possession du trône.
laroslaw mourut dans sa soixaute-dix-septiènte année. Les chroniques font le i4«s grtfnd éloge de son caractère. IL enrichit i'é *
glise de SaiBte-Sopbie qu'il aTaît fait bâtir à Kiew; il établit «ne école à IfOTgorod, et paya dea maîtres pour répandre rinstruction panni le peuple. Ses ^audcs qualités lui ^aln* rent Testime des eouferaiiul d'Europe ses centemporaiBS, et leur firent rechercher son al» liance. Le pape , jaloux de soumettre ta Russie au siège de Rome , ménagea entre ce pays et la France des relations qui amenèrent un mariage entre Henri 1*% roi de France, et Anne , seconde fille de laroslaw. C'est ainsi que quel* ques gouttes du sang de Rurik coulèrent dans les yeines de nos rois ; car Anne fut mère de Philippe V% et quadrisafeule de saint Louis , auteur de la maison de Bourbon.
On a de laroslaw un recueil de lois qui passe pour le premier Gode écrit qu'ait en la Russie.
ISIASLAW !•'.
10' H&fiNE. -> <De 1054 à 107^*)
Les princes de Kiew de cette époque ressem* blent assez à quelques-uns de nos rois de Fronce de la deuxième race >, dont toute la puissance se bornait à la souveraineté de Paris, qu'il leur fallait encore disputer à des vassaux ambitieux ^ puissans et peu soumis. Les princes apanages en Russie le cédaient rarement au gralàd*^rtnce> i qai ils if avaient à envier qu'une sorte de supériorité que lui donnait le titre de souverain de Kiew , cette mère des villes russes.
Le règne dlsiaslaw n^oftre qu'une suite d*ad- ▼ersitës. La Russie, en proie aux divisions que les rivaUtés fraternelles faisaient à tout instant naître y^ eut encore à souffrir les atteintes d'horribles iéaux, si ft-équ«ns au moyen-âge, tels que la peste, la famine, les inondations et les froids excessifs.
C'est sous le règne de ce prince qu'eut lieu la fondation du célèbre monastère de PetcherskI (des cavernes ) à Kiew, dont fut moine l'annaliste Nestor.
Détrènéune seconde fois, Isiaslaw eut encore recours à l'assistance de Bolcslas II, roi de Pologne, à qui deux fois il dut son retour à Kiew.
1078. — Ce malheureux prince, auquel l'histoire ne reproche qu'un peu trop de faiblesse , mourut sur le champ de bataille, en allant se* courir l'un de ses frères, Ysévolod, que des princes de sa famille venaient de chasser de Tchernigoff, sa principauté. Son règne avait duré vingt-quatre ans, dont il faut cependant retrancher près de cinq ans qu'il passa , détrôné et fugitif, tant en Pologne que dans d'autres provinces d'Allemagne.
Isiaslaw, dit la chronique, était beau de visage, d*une haute stature : il avait l'âme sensible et le cœur droit : il détestait le mensonge et les trompeurs : il n'était ni artiâcieux , ni dissimulé» et rendait le bien pour le mal : la preuve en est dans la clémence dont il usa à
regard des'Kiëriensqoii'aTaieiit tant offensé et anr lesqueb il n'exerça :aucune vengeance.
VSÉVOLQD lAROSLAVITCH (1).
W BfiGNE. — (De 1078 à 1093.)
•Ysévolod , prince de Tcheruigoff , succéda à son frère au trône de Klew , ce qui prouve que le droit d'hérédité n'était pas établi en Russie d'une manière invariable, laropolk , le plus jeune des deux fils d'Isiaslaw, reçut en apanage les principautés de Vladimir et de Rostow. Quant à l'alné, Syiatopolk, il fut regardé comme héritier du trône , et n'eut pour se dédommager que l'expectative de la souveraiueté de Kiew^
laropolk cependant tourna ses armes contre son oncle Vladimir, fils du grand-prince (celui qui plus tard se rendit si célèbre sous le nom de Monomaque), le força de prendre la fuite et de se sauver en Pologne , refuge ordinaire des princes russes dépossédés.
(i) Ce prince est le premier qui ait ajouté k &od nom celai de son père , aYec la terminaison vitch , qui si" gnifie FILS DE. Cette manière de parler est encore , ches les seigneurs en Russie, d*un usage gênerai i on ajoute toujours au nom de baptême de la personne à qui Ton parle , le nom de baptême de son përe : Â.nton-Ivanovitcb , Antoine , fils de Jean ; Vsévolod-IarosIaTitch , Vsévolod , fils diaroslaw.
1093. — V.séi^lkêd régna qnin». ansà JKiew, et mcnirut à Tâge de 8oiiaiite-*qttaftEe ans. La chronique le peint comme un prince Tertueux, ami de la paix et de ses peuples.
« Ce prince^ dit Nestor, élevé dès son enfance dans des sentimens de piété, chérissait la justice et la Térité; il prenait soin des pauvres qu'il nourrissait ; il honorait les évéques et aimait extraordinairement les moines. Il était ennemi de l'ivrognerie et de la volupté : enfin, ses bonnes qualités l'avaient rendu l'objet des prédilections de son père. Il éprouva sur le trône d'amères contrariétés, voulant le bien, et ne pouvant em- ]>écherle mal. Ses parens, pleins de mauvais desseins , lui suscitèrent de nombreux ennemis, essayant tantôt une chose et tantôt une autre , pour lui ravir la souveraineté. Ces inquiétudes réitérées causèrent sa maladie, et le firent vieux avant le temps. Ses cousins, livrés aux conseils de jeunes insensés, méprisaient les conseils des gens expérimentés ; ils ne rendaient raison à personne, vendaient la justice, et rançonnaient le pauvre peuple. Vsévolod , malade, ignorait tout cela et ne pouvait remédier au mal. »
Sous son règne, la Russie fut encore ravagée d'une horrible peste*, qui diminua considérablement la population de Kievr .
SyiATOPOL£ II, ISIASIAVITCH.
12' nàGNE. — (De 1093 à 1113.)
Ce règne est remarquable dans les annales de la Russie par les maux que la dîTision de ta souveraineté continue à y faire naître. Le caractère faux et cruel du fils d*Isiaslaw, la perfidie de quelques princes apanages , les assassinats, les meurtres commis de part et d'autre , les incursions des PoloTtsi , étemels ennemis du peuple russe, les infâmes trahisons commises contre eux en temps de paix, la peste et les tremblemens de terre qui jettent Teffroi parmi les populations , tout contribue à faire de ces temps une époque horrible à retracer, mais pourtant curieuse et importante à connaître, n faut lire les récits touchans et nalfe que fait Nestor des maux qui affligeaient alors sa patrie, maux dont il fut témoin (t). Il cite, au sujet des Tictoires que les princes russes coalisés remportèrent enfin sur leurs ennemis les PolOTttI , un trait qui mérite de prendre place Ici. L'armée des païens était en fuite, et Yeldjusa, l'an des chefs , avait été fait prisonnier.
(i) Toyes la Irtdoctioa de ce chroniqueur, que nous publions en ce moment>cl , et qui paraît pour la premikn foia en France, a vol. in-8*. Ches Heideloff et Gempd , rue Yîyienne.
Gondait deyant Sfiatopolk , il offrît au grandprince, pour racheter sa Tie , de l'or , de l'argent, des chevaux et d'autres précieux objets , s'en gageant en outre à ne plus jamais porter les armes contre la Russie. Sviatopolk répondit qu'il ne pouvait disposer de lui : que sa vie appartenait à Vladimir y son cousin, dont les troupes l'avaient fait prisonnier. En même temps le grand-prince fit conduire le captif à la tente de Vladimir. Veldjusa se hâta de faire les mêmes offres à ce prince, a Que de fois, lui répondit Fladimir,Vo\oytL\ damnés, n'avez-vous point juré de ne plus faire la guerre à notre pays 7 Pourquoi n'avoir poipt appris à vos enfans et à vos neveux à conserver inviolable** ment la foi jurée ? Que de sang chrétien n'avezvous pas versé ! Allons !, que le tien coule aujourd'hui et que ta tête nous venge!» Incontinent il fit signe de le tuer, et en un instant Veldjusa fut mis en pièces.
1113. — Sviatopolk , qui régna vingt ans, mourut dans un âge très-avancé , après avoir donné à la Russie le spectacle d'un congrès où se réunirent tous les princes mécontens, afin d'aviser aux moyens de concilier les prétentions respectives et les haines des partis. Ce congrès, comme tant d'autres modernes plus célèbres, n'eut d'autre résultat que d'embrouiller davantage les affaires. Sviatopolk, que l'histoire représente sons des couleurs peu favorables, se
JodiÉtéeli Mtettté^hw^erauM, el ne em- Bafesiât ^tmtre règle qtte celle de son intérêt.
Cvéot tous le v^ne Ae ee prinoe que Ikiit le tnmdl de Nestor. Sa tibranique fM d*flbord eentinnés par Sylvestre, abbé de Saint-Hicliel» ensnite par denx antres moines dont on ignore le nom.
Son règne eorrespond à eelui de Phffippe P^ et an oonunenoement de eelni de Lonis VI, dit ie Gros.
VLADIMIH U, YSÉVOWDÙVnCM, MT Mûn NQAUQUE»
I3« BÈ6NE. — (De 1113 à 1125.)
Autant qu'on pe«t le supposer y d'après l^or» dre de soeoessioBr suivi Josqu'è présent en Rassw^ la sonTorainelé de Kiew apparlaurft à Talné des «cnfcres de la> fànùlle régnante. GTest ainsi ^e les oncles passaient avant les nereux, les cousins avant les fils du prinoe décédé , et toujours suivant le degré d'âge : movs'en avons oift la preuve han de^Ja moit d'isiaaiaw !«'. En vertu de ce prinâpe, le trène de Kiew rereiiala de droite à Ja «tort. de. Sviatopolk, non point à Vladimir » mais ,à David on Oleg, neveu d'l« siaslamr V% et les alnéade la maison de RmUL
Toutefois» rnfloence dmit Vladtm» Vsévoio>
' tîtch Jouiasait d^uls tong^tempsi son oarae»
tère fera^e et ses belles. qualités lui opnoiliè»
liO
rent de nombreux suffrages. Dans un oourt interrègne qui snirit la mort de SYiatopoIk, des troid^es 8*étant élevés à l'occasion des Joife dont les usures boule?ersaient les fortunes»
Vladimir crut devoir céder aux yoeux de ses partisans, et prendre en main la direction 4es affaires. C'est de cette époque que prit naissance cette implacable haine entre ses descendans et ceux de la branche des princes frustrés y haine qui troubla la Russie durant de loBg:ues années. Il est bien rare , en effet, qu'une branche cadette usurpe impunément sur une branche ainée les droits de la souTcraineté : celle-ci en conçoit toujours un dépit et une soif de ▼engeance y dont les effets retombent habituellement sur la nation elle-même.
Au surplus, Vladimir II, connu sous le nom de Monçmaquf, vraisemblablement parce que sa mère était fille de Constantin Monomaque, unissait la sagesse au courage, et sut gagner l'amour de ses sujets. Il mourut en 1125, Âgé de 71 ans,- laissant huit enfans, dont il' avait réglé les droits dans un testament fort curieux que nous, ont laissé les chroniques.
Les Russes prétendent, quoique la chronique contemporaine n'en dise rien , qu'Alexis Com*nène, empereur de Constantinople, envoya à Vladimir la couronne et les autres marques de la dignité impériale : ils ajoutent que le gra nd^ prince prit alors le titre de tzar. Ceci parait au
«oins déateux puisque les soUTer&ins rosses ne -se'dédfirèrent'de-ce titre que queiques ifèoles après Vladîmi#.
, HSTI3IAW YLADIMIROYITGH.
14* RÈGNE. — (De 1 125 à 1 132.)
• M stislaw^ fils atné de Vladimir, devenu dief 4e{àliranéhe'nottTenement régnante y prit possession de la principauté de Kiew. Héritier des heureuses qualités de son père, il sut comme lui contenir Tlmpatiente humiliation de la famille prétendante* Les PoloYtsi y les Tchoudes et les Lithuaniens , contre qui il tourna ses armes , serrirent à releirér Téclat de son règne, par les succès quil obtint sur eux.
La Russie se f At entièrement rétablie, sous ce prince, des secousses des guerres civiles précédentes, si des inondtttions affreuses n'eussent causé une horrible, famine qui désola principalement NoYgdrod-et ses dépendances.
Les chroniques de cette ville qui Jouissent aussi d'un' grand crédit en Russie, font de cette calamité un effrayant tableau : « Le peu dé grains, 4it Ificon, qui pouvaient rester, se vendaient un prix exorbitant et les riches seuls pouvaient à peine s'en procurerpour leur usage... Bientôt cette dernière ressource vint à manquer. Les bestiaux moursMPt , faute de pâturages : on fut réduit à broyer les feuilles et les
éceveef de tiilralA : oé en fit ii«e iort6de|Mài ^iie les mtOÈmfittm^. habitaosrdéi onitet Jinde> ment. On se nourrit de la chidr idégotlaiite des plus Tils animaux. Les rues étaient jonchées de cadavres tombant en pourriture^ et le nom> bre des nvans ne suffisait pas à enterrer les morts. »
La Tie de Ustlslaiw fut tim^ceurtf^^ctor le repos de la Riiefiîe. Ce prinûe 'inoiiiiit tm 1131» après un règne de sepCanfL : /
UBOnOLK U; yuouui^YiîCH.
15« RÉGNE. — (De 1132 à 1139.)
La suoces^n an trtee de Kjb^ reprit sa marche accoutumée , non point /qpie les Qaiôd et <Heg reoeuTrassent Mi» dt#i^^ B»aîs parce qolel Fooele fat. emcoré. pnéteé aux nerevx»
b'iest^dire, laropolà, fllSideVaaâtanir et Iràre du decnier graiiM|*pnnceV qui 'tut 9ev^u4e U suprême autorité, ^uoiqne MstiislaiBr e^t laissé deux filB. '
LldsrtoirepelanAieeiiflace seins ce lifne de grandes guerre» ^ntre la Russie et la VfAoff^^; mais les chvonKfaey russes ate.idisent iâcni» Bovs imiterons Json silenoe»
Le règne' dThHropoik ne fut pat. exempt d# troubles. La ftmsllled^lrg etide Deffid seMant avec tous lès ennAirîs «du trftoie de Kiew, e^ dta-des troit^les^ Ifons la principânlé-de !!«¥'•
â3 ffÊfoéf tt les t^pdpagea Risque dans le midi de laiMMiîe. À
ImûU d'Oleg, é9m nm de leurs ^oeArsMAy avalâBi pria Sdtttoflaw lirère d«, gr«»d^rioc« <|ue lefl .No9gti9odi«nS peu façitoi.«dBaâenl de càkâaer ^e leur princâf a^té. laropoIlL «Fne aossildt : pooF. pfuiir lus dgoHtclis : il se met en marche sin!lFçher9Hgpttlear o^pitafte. Vaé* folo^ qiil a^ treavait , «ff^-ayé des forces der Ptinnémi, ae disjposait à f air : « Eh quoi» lui disevt les habitas, tu ^eta. fuir chez les Pdtonâ et nous livrer à laltireur des Kiénens?
Allons, point de fattsse honte! nous oomiaissons la bonté diaropolk et savons qu'il ne se plaît point à répandre le sang. 11 t'accordera la paix si tu la lui demande^ au nom dé ])îeu, ear c'est par Dieu qu'il gouverne toute la Russie. »
VséTolod y consentit : il s'humilia et demanda la paix que laropolk lui accorda, 11^ baisèrent la saintç croix en signe de réconciliation et se irent de mutuels présens, après quoi laropolk et son frère revinrent à Kiew.
Iar<^o]k mourut le |8 février 1135» après un règne de sept ans. La chronique le peint comme un pmice ami de la Jtistice et de la paix.
VIATCHESLAW, VLADÏMIROVITCH.
A la mort dlardpdlk, Tiatcheskiw, son Irtre, rtxiènie flis tle l^Aéimir, ftt ses dispositions.
pour monter sur le trône : mais les prinecs cle la branche aînée, qai n'ayaient rien perdu de leors prétentions, se mirent en marche à la tète d'un parti oonsidérable, et Tinrent assiéger Kiew. Vsévolod , le chef des Olgovitchs , y entra sans résistance, et s'empara des rênes dit gouyemement, que Yiatcheslaw n'ayait tenue»
que douze Jours. Ce prince détrôné se con»
tenta d'un apanage que lui assigna son yainqueur. C'est ainsi que la souyeraineté de Kiew retourna, pour quelque temps, à la branche aK née de la famille régnante, qui l'ayait perdui» sous les trois derniers règnes.
VSÉVOLOD n, OLGOVITCH.
17« BAGNE. — (De 1139 à 1146.)
L'histoire n'a pas assez obseryé- I)i politique de ce prince. Éclairé sur le danger des apanages et sur la nécessité d'abaisser les grands» ses premiers efforts tendirent à mettre les priti^ ces de la race de Vladimir dans Firapossibilité de troubler à Tayenir le repos de la Russie.
Pour y panrenir, il ne fallait rien moins que réunir sous sa puissance les différentes provinces qui se gouyemaient, soit par élles^mé<mes, soit par des souverains particuliers. Cette tentative était violente, usurpatrice peut*étre ; mais nul doute que la Hussie n*eùt gagné à ce duuigement:legouyemQmei|t féodal, source étemelle de guerres et de divisions, se trouvait
anéanti, et la monarchie absolue, telle que Henri lY la concevait chez nous, devait sauver à rëtat des déchiremens horribles auxquels nous le Terrons bientôt en proie.
Ysëvolod , assez habile dans ses rues politiqaesy ne fut point assez fort sur le champ de bataille. Son armée fat battue et sa puissance resserrée dans les limites étroites de la souveraineté de Kiew. Il ne fut pas plus heureux dans son expédition en Ftolog^e. Yladislas avait conçu pour ses états le même plan que Ysévolod en Russie, auquel il avait demandé des secours : cette entreprise réussit encore plus mal h Yladislas, que les Polonais détrônèrent, après avoir anéanti ses alliés , les Russes.
Ce fut une des dernières entreprises de Ysévolod, qui mourut après un règne de huit ans, peu regretté de ses parens et de ses sujets, qui le regardaient comme un tyran. Pendant son expédition en Pologne, Ysévolod eut d'autres guerres à soutenir contre les princes de sa na* tion,et surtout contre celui de Galitch, Yladimir. Mais conune elles se terminèrent sans rien changer à la face des affaires y nous n'en parlerons point» (Quelques auteurs prétendent que Ysévolod fut couronné, et que c'est la première, fois qu'il est fait mention de cette cérémonie, en Russie. Son règne correspond à celui de Louis YIl.
se IGORTÏ, otGOvnrcH.
18'REGSE.— (De 1146.)
Ce prince , prévoyant les difficiiRés qui deyaiettt s'opposer à son aération , assembla le penple,et se fit prêter serment 4e fidélité, promettant lui-même de fonvemer avec Justice et loyauté, et de délivrer la nation des impôts onéreux que les guerres de son Ijrère avait fiait peser sur elle» Ces promesses respectives no ftirent point observées. Isiasiaw , petit*Als de Vladimir, jugeant, aox dispositioBS da peuple» llnsUnt la^raUe^ soulève une partie des mé* oontens et marehe sor lUew. A.* son approche, Igor , abandonné des siens » et craignant de tomber entre les miôns de son ennemi , prend la foitCy et abandonne un trêne qu'il n'avait occupé que six sentaînes.
ISIASLAW II, MSTISIAVITCH.
10* sàOBiK — (De 1146 à 1154.)
La principanté de Kiew rentra de nouveau dans la branche cadette,*en la personne d^siaslaw, qui fit aussitôt marcher à la poursnite d'Igor. Le malheureux ftigitif, trouvé dans un marais où fl s'était réfugié , fttt amené devant son vainqueur, qui le fit mettre dans un cachot. Plus tard, à la snlte d'une tentative en sa fa* veur, il ftit contraint de se faire moine, et fut transféré au monastère de Kiew (1147).
Cependant tm fils de Monomaqae, loarf, prince de Soutdàï, que l'amfaltion déTorait , et ^i n'ayait rien ptgtié k Ja dernière révolntkm, conftmdit ses hilérétB afec ceux des Olgo»
rîtdtè f et, de iconoert avec 9mtQslaw > ttén ^ttgoT , résôlnt de venger œ prince et de le tirer de s<m cloître pour te replacer sor son tr^ne.
'A la nouvelle des succès des conjurés^ le grand-prince en appelle au peuple, et l'excHe à prendre les armes pour sa catise. Igor n'était pas aimé. Avant daller combattre les Olgo* Tîtchs sous les murs de Tchemigolf , la pépu« lace voulut exercer un de ses droits, coHiideiê jostice imprescriptible. Oft Sait ce que c'est q«e îa Justice du peuple.Les ruess^eneorabrentdhiBe foule exaspérée ; l'air retentit des cris de mort et de sang, le massacre d'Igor et de ses .partisans est résolu. «Le grand-prince, dit unei>ôiyt^ nous prescrit de marcher sur Tchernigoff; mais ftotre ennemi n*est-il point dans nos murs^ Tandis que nous irons au loin chercher desad^ versaires , le ptus perfide de tous ruiner» nos maisons, désolera nos fhmines! n faut d'ilbord en finir avec lui : tuons fgot, puis ensuite, allons où le prince voudra.» ^Tiadlmir, frère dlsiaslavr , s'indigne de cette cruauté \ « Le grand-prince, dit-il au peuple, n'exig« pas cela de vous : d'ailleurs , Igor est sous les verroux et bien gardé. —Nous savons biett, reprend un
des turbttlens , que ton frère ne nous a pas dit de tuer Igor,., mais nous, nous irouloos le tuer , car nous savons par expérience ce qu'on peut espérer de lui et de sa race. » A ces mots , la foule se précipite vers les prisons. Gepen^ dant Vladimir monte & cheval , et prenant une rue détournée , arrive avant la foule au mona^ tère qui renferme Igor. Ce malheureux prince était alors en prières dans Téglise de Saint- Théodose, et ne se doutait pas du sort qui l'attendait.^ Le peuple impatient , force Ventrée et vient saisir sa victime sur les marches de Tautel. « Mon frère ^ s'écrie alors l'infortuné» que TCttlent >faire de moi ces gens? » Vladimir veut le défendre» le couyrir de son corps : il le soustrait un instant aux fureurs des meurtriers , et le conduit vers le palais de sa mère... La populace, d'abord vaincue par l'ascendant du prince» reprend toute sa fureur» enfonce les portes-, pénètre dans la chambre de la princesse , en arrache Igor , i'égerge sans pitié ^ le traîne par les pieds et abandonne .son corps sur la voie publique , en disant : « Notre Seigneur i^ Sainte-Sophie ont puni le crime : puissent-ils ainsi frapper tous nos ennemis et , ceux de notre prince ! »
. Ce meurtre ne pouvait rendre meiUeure la cause dlsiaslaw : il parvint cependant à apai- ^ ser le frère d'jgor, Sviatoslaw, en lui donnaat sa nièce en mariage.
loari, réduit à ses propres forces, eut recour» aux PoloTtsi , troupes mercenaires, dont cha* que parti réclanudt tour à tour Vappni. Isiaslaw, d*ua caractère pacifique, se décide pourtant à lui disputer le trône. « S'il était venu , dit-il, seul, ayec son fils, je lui eusse Tolontiers cédé le trône; mais il vient, soutenu des Polovtzi, les ennemis de la Russie et des fils d'Oleg qui me veulent tant de mal... Allons, il faut combattre! » Cependant les Kiéyiens résistaient. « Prince, lui disaient-ils , la paix! la paix! car nous ne marcherons pas !» — La paix se fera , reprend Isiaslaw, mais il faut rimposer ,. et non rimplorer. » Isiaslavf ayant décidé ses gens au combat , sort, et vient se poster derrière les jardins de la ville, au milieu de plaines marécageuses... te lendemain, il entend la messe dans réglisede Saint-Michel, et, malgré les supplications de Tévéque, se dispose au combat.... L'affaire s'engagea donc et lui fut favorable d'abord : mais de nouvelles combinaisons stratégiques de Tennemi renversèrent ses colonnes, et son armée se vit bientôt taillée en pièces. Isiaslaw, suivi de deux des siens, gagna Kiew, dont il fit à la hAte sortir sa femme, ses enfans ' et set trésors , puis de là se réfugia à Luzk. .-> Le triomphe d'Iouri fut de courte durée., Isias- Xkw y que regrettait le peuple, rentra bientôt, dans la capitale avec le secours des Hongrois. Ce qui lui conèilia tout-à-fait l'amour du
peupte^ e*e8t qa'aïusitôt après tan retablîsae* ineiit , it associa à son ppoTt^r Viatciieslaw ¥ladiiiiiro:ntch » détrésé par Vséfidod II. Toutefois, l'esprit ambitieax dloori et les attaques oostinueltes des Poiortsi obligèrent Isiaslanr d'aToir tooioiirs les armes à la main. Il mon* rat à^ de 58 ans, après-mi règne des plus agités (1154).
VIATCHESIAW VLADIMIROVITCH ET ROSTISLAW MSTISIAVITCH,
20* RÈOKB. --(11540
lotiri Tojait ponrtantla eounmne de Escw se baisser vers lai par la mort de son ennemi et par la fin prochaine du Tieax Yiateheslaw^ Mm frère , -dont il e^rai^ recoeittir rhéi^tnge. Mats celai-ei, qne ses wnes paeifiqiiesélotgûÉiefiC du tiirbulettt foori, se voyant trop faîUe pour sontenir lui seni le poids da gonfemementt appela son neven Rostislaw, lils deMstislaw»
prince de Smolensk, à l%onnear de partager son trôné.
Ces divisions survenaes parnri le» menbres de la brttute cadette ne-ponvaient qn'encMirager f espoir et les prétentions de la branche atnée qui subsistait toujours. Isiafilaw, fils de Darid , qiifi se trouvait alor9 le chef de la mtâr son des (MgbvitGhs, profitant dn désordre excité par les dfvisions des Monomaqnes , se met en ntarcbe contre Kiew* Yiiitobestaw Tenait d&
moarir. Rdstîslaw, priréderappiiiinieltaiyafatt U popularité de Viatcheslaw, ne fut point en état de tenir tète aux troupes d'Esiaslaw, et prit la faite , abandonnant le trône à son com^ pétiteur.
ISIASLAW III DAYIDOYITCH.
2PBfteBIB. — (1164.)
Isiaslaw eut & peine le temps de se féliciter de ses succès. Limpatient louri n'était pas homme à Yoir de sang-froid les rérolutions de Uew. n se mit donc en marche pour reconquérir ce trône dont il aTait connu les douceurs , et qu'il arait perdu depuis quatre ans. A son aippreche, Isiaslaw, fhible représentant d'une illustre maison , fait ses soumissions , et proteste qu'il n'a pas l'intention de garder un trône sur lequel les circonstances l'ont placé malgré lui. En conséquence , irabàndonne les droits que lut ont transmis ses ancêtres , après un règne de quelques semaines, et se retire dans sa principauté de TchernigefT.
lOURI eu GEOftGÈ DOIjGOROUKI.
2r H£6]». — 0>e 1164 à MM.)
louri était âgé de soiiante-trols ans quand il remonta sur le trône de Kiew. Son règne , de courte durée, flit, eonmie avait été toute sa fie , un combat continuel. Les MoTtsi d'àbord t qui rangèrent les entirons de Kiew ; le»
KoTgorodiens ensuite, qui se réroltèFcnt goiv» tre M^tUlaw, son fils, le contraignirent à se tenir toujours sur un pied de guerre. Il mourut en marchant au ccmibat.
Le Jour de sa mort fut un Jour de réjouissance publique. Le peuple fit éclater sa haine contre ce guerrier , en pillant , en incendiant ses palais, et en massacrant tous ceux qui avaient été les instrumens de ses ordres. louri n'était certainement point un prince yertueux. Ses débauches flétrirent sa gloire , et son am* bition lui aliéna le cœur de ses sujets , qui lui donnèrent le surnom de Dolgorouki {longuemain.)
Cependant il eut des qualités , et les Tilles dont il fut le fondateur ont perpétué son souvenir. La Russie lui doit la création de louriew Polskol » de Péréjaslew» de Kostroma y d'Iaroslaw et de Vladimir, qui bientôt devint la capitale de l'empire, et qui plus tard n'en céda le titre qu'à la superbe' Mosùon , dont louri fut aussi le fondateur.
Ara>RÉ F% lOURlÉYlTGH-BOGOLIOUBSKI.
23' RÈGNE. —(De 1157 à 1174.)
Aussitôt après la mort de louri , André, vraisemblablement mécontent de la haine que les Kiéviens venaient de manisfester pour la mémoire de son père, transporta le siège de la première principauté à Vladimir ( sur la
KUasma), qui, comme nous Tenons de le dirr^ étfiit une fondation de lonri. Kiew, affaiblie par tant de guerres intestines et par les continuelles attaques de PoloYtsi , cessa d*étre regardée comme la capitale de l'état. Cette malheureuse cité passa successivement au pouToic de divers usurpateurs. Isiaslaw^ que nous aTons ¥u céder si humblement ses droits à louri, et se retirer à son approche dans sa principauté de Tchernigoff » Isiaslaw , le chef des Olgo* Yitchs , s'était , aussitôt après la mort du grand-prince, emparé de nouveau de la triste Kiew. Mais , trop faible pour résister aux ennemis dont il était entouré, il se vit de nou«> yeau contraint d'abandonner cette conquête , qu'André, prince de Vladimir, assigna à Gleb, son oncle , après ravoir livrée au pillage pendant trois jours (1168).
* C'est sous le règne de ce prince en 1162 , qu'un schisme affligea l'église de Russie. Léon, dk la chronique, avait été créé évéque de Souzdal , du vivant de Nestor , évéque titulaire. La doctrine qu'il enseigna différait essentiellement de celle suivie jusqu'alors. Elle prescrivait, entre autres choses , l'abstinence de viandes , même les jours de Noël et de la fête des Rois , quand ces fêtes tombaient un mep« eredi ou un vendredi. De vives plaintes furent portées au pieux André. Réfuté par le métropolitain de Tchernigoff, Léon fut mandé k
Gonstantinople, où, en présence de Tempereiir Emmaiiuel, ayant été oontdlncii «Thérésie, il fat sur le point d'être précipité dans la mer par les Grecs irrkés.
Sous le règne d'André y T9k>tgorod fat attaquée par les Suédois qui venaient de faire fa conquête de la Finlande, sous la conduite d'E' rîk leur roi. Les succès qu'obtint contre eu'x la belKqueuse Novgorod augmenta la puis* sance de cette ville, qui , depais cette époque, entra dans la ligue des viltès anséatfques.
Ceipendaiît une conjuration se formait dan»
le palais d'André (1174). Ses bëaiix*flrères, mécontens de la mort de fun d'eux , ▼ouluriïnf la Tenger sur Celui qui Fatait ordonnée : ils l'assassinèrent. Lffvftleet les maisons des grand» furent livrées au pillage , et le corps du prince resta plusieurs jours sans sépulture» eipooé aux insultes de la populace. Ce prinice était d'un caractère doux et modéré : sa fMié lui ayait ftdt donner le surnom de Bofolioub^i (qui aime Dieu).
MIKHAÏL lOURÉYITCH.
^i"" A&ONE. — (De 1174 à 1177.)
Il y eut à la mort d'Audré un interrè^^ de prè9 de deux ins. Le. peuple, sans avoir ^ard aux drolttdrbâ*édiléetdesn£cmsiott qu'avaient à fsire tàloir les prluces^ée la fimille régaante, choisit pour souverains Mstislaw et Yar^polkt
neveux d*ài»drë , il est vrai , ttiais touieMs oMitrairettent «uidretts des frères de ce prince Mikhaïl et Ysétolod. Les oncles et les frères ne tardèrent pas à se ttàBe la gaciTc. Yaropolt et Mstislawy dans leurs attaqoes centre leurs ondes » commirent tant d'excès et d'ahomina* Uons y qae les habitans de Vladimir, indignés, les abandonnèrent biattût , et rappelèrent MikluHl qu'ils mirent à leur tac (1175.) Ce prince justifia l'attente de ses sujets , en dispersant l'armée de ses nereux , et en rétablissant le <:àtane et la paix.
Son nègne» qui promettait d'être heureux , ftit extrén^ment court : il mourut en 1 177, laissant un fils qui ne lui succéda pas , Tusage le plus constant, comme nous l'avons défà remarqué , voulant que l'ai né de la famille en devint aussi le chef.
TSÉVOLOD m, lOURtVITGH.
25* BÊGNB.— (De 1177 à 1212.)
Vsévolod, que son droit d'aînesse appelait au trône, y fut encore placé par le vœu du peuple. Son premier soin fut de venger la mort de son frère.-— Les Bulgares, qui depuis long-temps déjà faisaient peser leur voisinage sur la Rus^ sie , l'inquiétèrent une partie de son règne. La principauté de Kiew, déchue de son ancienne splendeur, luttait encore contre l'obscurité à
laquelle elle était Yoaëe : ses derniers momeira étaient venus (1201), Les Polonsi, à la suite de l<»igues agressions y s'en étant rendus maîtres, y exercèrent d'affreux ravages. Le rang, ni l'Age , ni le sexe, ne furent respectés. Tout fut passé au fil de l'épée ou réduit en esclavage.
Dans ces temps de troubles et de malheurs pour la Russie , le règne de Ysévolod fut un des plus agités et des plus malheureux. L'historien ne sait oà tourner les yeux pour éviter les scènes de carnage et de désolation qui bouleversèrent cette contrée. Il n'est pas étonnant que, fatigué de» hideux tableaux qui frappent de tous côtés sa vue, il renonce à les décrire , et se borne à indiquer les époques et les règnes.- Quel est l'homme assez impassible pour voir de sang-froid tant d'horreurs et de calamités.' Condamnée par sa position géographique aux plus grandes rigueurs de la natore , il semble que la Russie ait encore été dévolue aux plus inhumains et aux plus cruels des hommes. Le moyen-Age, chez eux, offre peu d'hcnnmesqne l'histoire puisse proposer en exemple aux na^ tions.—Ysévolod, après un long et malheureux règne de trente-cinq ans, mourut Agé de soixante-trois (1212).
ft7
lOURl 11, VSÉVOLODOVITCE- W RÈGNB .— (De 1212 à 1216.)
A la mort de VséTolod.,, chacun de ses iil»< prit possession des apanages qui, suivant la coutume, leur avaient été désignés. Ce fut, comme d-ordinaire , le signal des combats.
Constantin, Tainé d'entre eux , mécontent de sa part, et blessé de voir louri sur le premier trône de Russie, se joint à Mstislaw, prince de IHovgorod , marche sur Vladimir et contraint sonfrère d'abandonner cette ville et de se rendre à discrétion. Cependant, en son absence , les turbulens Novgorodiens secouent le joug de son autorité et fout offrir leur couronne à laroslaw, l*un des frères de louri. A peine celui-ci est-il entré en possession du trône de Novgorod , qu'il fait îe procès aux partisans de Mstislaw. Le peuple pille et livre aux flammes leurs propriétés. Les femmes et les enfans ne peuvent échapper aux proscriptions; les citoyens sont égorgés dans les rues y le désordire est au combre, et le nouveau prince lui-même se voit bientôt obligé de fuir une cité que la peste, la famine et le froid achèvent d'accabler et de ruiner. Tels sont les tableaux qu'offrirait à chaque règne, l'histoire de P(ovgorod,s'il était donné à quelque écrivain, d'en retracer l'histoire.... C'est une tâche que nous ne saurions entreprendre.
Maître de la souveraineté de Yladimir, Gonstanthi exila loari dans un petit apanage (1216), où celur-ci contentit à aller attendre une occasion plus favorable de reparaître sur la scène, fl ayaH régné cinq ans.
CONSTANTIN VSÉV0L090VITGH.
27* BÈIGlM. — (De 1216 à |2t8.)
Constantin avait été privé du trâne de Vladimir, quoique Talné des enfans de Ysévolod, par suite de sa désobéissance envers son père, qui lui avait prescrit d'abandonner son apanage de Rostow, en prenant le titre de souverain de Vladimir. Mais à peine eut-il regagné ce que le testament de son père lui avait fait perdre» qu'il fut attaqué d'une maladie mortelle. Croyant assurer le sort de ses enfans encore en bas âge, il rappela Umri, qu'il avait détrôné, le désigna pour son successenr, en lui reconmiandant la fortune de» siens (1218).
Le règne de ce prince correspond à une partie de celui de Pbilippe-Auguste.
lOURl 11.
RBPAI8E DI7 26* BiSGlfB. — (De 12^8 à 1238. )
Cest sous ce règne que l'histoire de Russie va prendre une physionomie particulière. Ce ne sont plus les Russes seuls qui vont 8*entredéchirer et mourir les uns par les autres: un
eammi ^«e précèdent Xa terreur et le eamafe «oeoiirt leur dlspvtér te» restes ftiinaw de leur Infortunée fMitrlei. Ce triete^ pays , depuis si Kmg^emps divisé en une imiltituâe de petites principaatés, ne ponyait long-temps résister à nn ennemi puissant qui entrepràidrait de l'asserrir. Cet ennemi ne tarda pas à pAraitre. Ce fût le terrible Gengis-Kltan ( Tcitin-giiiskhan), cet Attila du moyen -âge , dont les troupes Tenaient de francbir les limites qui séparent TAsie de l*Europe. les Alains et les PoloTtsi, peuples limitroplies, avaient en rain tenté d*arréter le torrent près de tout engloutir : ces troupes légères et peu nombreuses retardèrent, à peine de quelques jours , llnvasion des Tatars - Mongols en Russie. Et cependant que faisaient alors les princes de Vladimir, de Kiew et fie Novgorod? Divisés par de misera»
blés querelles intestines , au lieu de songer à parer les coups d*un rainqueur formidable, ils s*ëpuisaient mutuellement et se mettaient ainsi à la merci de leur ennemi commun.
Les Tatars entrèrent en Russie sans résistance (1223). La principauté de Kiew tomba la première soiis leurs coups, et seule perdit plus de soixante mille habitans. louri, loin de donner l'exemple^ et d'engager les princes ses parens]à la concorde et à Tunion, n'avait pas même songé à voler au secours de Kiew (1230). D'un autre côté, Novgorod , que son éloigne-
ment semblait mettre pour long-temps encore A Tabri des étrangers, était en proie à la i^us horrible famine , tandis qu'une guerre civile divisait ses habitans. — Les Tatars , fatigués de leurs succès , s'étaient un instant retirés ; mais les Russes, loin d'être instruits par l'expérience, se livraient de nouveau à leurs dis* sensions. — (1236) Gengis-Khan venait de terminer sa carrière : cependant, sa mort n'assura point le repos de la Russie: ses fils, Ogta! et Bâti, se partagèrent la conquête du monde. Ogtaï , enrichi des trésors de la Perse et du Katai , acheva de subjuguer la Chine, et Bâti ramena ses pas vers la Bulgarie, la Russie et autres contrées. Sa marche fût celle d'un torrent dévastateur. Et pourtant les Russes continuaient à fermer les yeux sur les dangers qui les menaçaient. L'armée des Tatars s'élevait , sur les bords du Don , à plus de six cent mille hommes. La ville de Rézan tombe sous leurs coups, est réduite en cendres, et Moscou, encore à son berceau, éprouve le même sort. C'est alors que louri commence à juger sa position : il abandonne Vladimir, où il laisse sa famille, et s'occupe avec son frère Sviatoslaw du soin d'assembler une armée (1237). 11 n'était plus temps. Vladimir, au pouvoir des Mongols, était livrée au pillage, à l'incendie: les princes, les princesses, tout ce que la ville renfermait
de plus ceasidérablc^ réfofiés dans les églises, devinrent la proie des flammes. Le malhear parut rendre un peu d'énergie au grand-prince. Il attendit les Tatars de pied ferme; mais les efforts de ses troupes ne purent un instant balancer la victoire : massacré lui-même au fort du combat, sa mort fut le signal de Vasservissement de sa patrie.
Les barbares, continuant leur marche Tictorieuse, se dirigeaient vers Novgorod , dont ils n'étaient plus qu'à vingt-cinq ou trente lieues, quand tout à coup , fatigués vraisemblablement de poursuivre un ennemi qui fuyait tou> jours (1238), ils revinrent sur leurs pas, vers les bords du Yolga, séjour qu'ils s'étaient réservé, et semblèrent avoir renoncé au projet d'opprimer plus long-temps la Russie.
MŒURS ET USAGES DES RUSSES SOUS LES GBANDfi-PRINGES DE LA SECONDE PÉRIODE.
11 est temps de revenir sur nos pas , et de jeter un coup d'oeil sur la situation morale de la Russie, depuis le règne de Vladimir-le- Grand jusqu'à l'époque fatale où son existence politique, menacée déjà depuis long-temps par les guerres intestines, va disparaître pour quelques siècles sous le joug avilissant des Tatars.
Le titre de grand-prince n'était pas spécialement affecté au principal souverain de Russie.
Ocpuls la dyvUi«i éè Pempire en apanaget, fe ebcC de chaque prindpaaté prenait cette qualité reMvement amc prineea particiilteiv qiri se tre«i?aieiit sens sa dépendance. Geinl de Kiew eu de Vladimir, depnie rabaissement de la première de ces deux TiUes , n'arait , ainsi que nous l'avons tu , qu%ne supériorité de convention et bien souvent contestée.
Gouvememeni. -r- Il eit facile de deviner que, sous les princes de la péirfi^ que nous venons de parcourir, le gouveniement réunis*sait les avantages et leç abus des deux prin* cipes opposés , du despotisme et de la démocratie. <}uand des wraveratns puissans , qu'entourait une auréole de gloire , occupaient le trdne , le peuple , soumis au Joug , subissait la volonté suprême du monarque ; mais la division du territoire en petitesf principautés tendant toujours à affaiblir Fautorité des chefs , Taudace et la résistance du peuple en devenaient plus fortes, et le BOttverain.vo7ait alors des limites très-étroites posées à «a puisavùt^. Le prince , à Texemple de Yiadîmir- MonooMique qiû, le premier, avait «ru devoir en a^r ainsi» pour valider son uSuapalioB, convoquait des assemblées générales^ qù le»
grands, et souvent le peuple , promettant secours et appui au grand-prince, lui imposaisnt aussi le sacrifice d'une partie de son autorité. L'avènenent du souverain était or-
dinaifenieiit consacré par des oérâttonies re* Yid^euses.
' >rrm^0.— Quant à Tarméé, les gentilshommes » comme on le présume bien , y occupaient toujours le rang le plus életé. Chaque ville arait ses. hommes de guerre: les simples citoyens et les habitans des campagnes ne «'armaient qœ dans des cas extraordinaires :
ceox-ci seoleme^it étaient obligés de fournir des ftherauz pour là cayalerie. Dans les campagnes» ie soldat n'endossait la cuirasse qu'au moment du combat; les chariots, les caissons portaient les armes et lesl machines de guerre.
Commerce. — Le commer<fe de ces temps réclame aussi notre attention. La mer Noire y la mer Caspienne, le Dnieper et le Volga offraient d*importans débouchés aux produits de la Russie. La célèbre Tille de Novgorod commerçait avec le Danemarck, et avait une église dans nie de Gothiand, pour ceux de ses habitans qui fréquentaient cette contrée. Les Gothiandais et les Allemands tenaient eux-mêmes un comptoir dans cette riche cité, et beaucoup d'entre eux y avaient domicile. Ils se divisaient à Novgorod, en négocions d'hiver et négocions tVété, Soumis à leurs propres lois , les marchands y jouissaient d'une grande indépendance. On sait que dans le courant du treizième siècle» les villes libres d'Allemagne, telles que Lubeck, Brème i Dantzickyetc, au nombre de soixante-dix, firent
fmJoejDwmw^t f^^^''^^^^ la ligne A9M)tf4tique, afin de protéger et défendre contre les attaque» de^ corsaires on dea gouTemei^eoç les entreprises et les expéditip![is du cominerce. NPTgorfMl Joua un grand r<^le daps cette asçociaUoUt e> fut uu, de» pripcipau;^ cïtttrepô^ de la soçiMf
Argent, — L'argent dont on avait déjà oon«> mencé à se servir comme monnaie, sous le riglie d*Ijuroslaw, n'arrivait toujcinrs eu Russie que par importation , les mines eipleitées dépuis dans ce payât, n^étant pas encore décoùye^teâ;:
Arts. — On pense bien ^ue les arts et les sçieucçs n'avaient pas atteint' un haut degré de perfection dans ces temps de continuelles guerres civiles, yart de la peinture n'était cultivé, çpnune chez ^ous , dans les premiers temps de la monarchie, que pour la décoration des églises. Outre les images cependant , les artistes représentaient sur parchemin et dans les livres sacrés dçs figures qui, mal dessinées, ont triomphé des siècles, et sont arrivées jusqu'à nous avec leur éclat et leur fraîcheur primitive ; tant l'art de composer les couleurs était alors periieçtiouné! Je ne parle pas de l'architecture ; les mouumens, les palais , les églises qui font encore aujourd'hui l'ornement de la Russie, prouvent qu'à cette époque les artistes venus de la Gr^ce avaient déjà trouvé en Russie des es-
prftft «apalikf d*mpffrMtt H et ai«ltre ^tm oeuTre leurs ulcDS.
Sciences.^ La médecine était en grand honneur en Russie : les Arméniens principalement y Jonlssaient du don de guérir les maladies.
L'on d'entre eux, dit-on, était si Ycrsé dans son art, qu'il n'ayait qu*à regarder un malade pour detiner si sa guérison était possible, ou, dans le cas contraire , pour prédire le Jour de sa mort. Les meilleurs remèdes Tenaient toujours d'AIeundrie. Les moines , en outre , s'appliquaient à Fétude des simples. Des prières et des herbes médicinales suffirent à Agapet , moine de Petcherski, pour guérir Vladimir H d*nne maladie réputée mortelle.
Littért$ture, -^ La littérature eU^mtet ne fut pas sans édat. Quelques gramds i^cas de ce temps sont cités. dans ia ctu:onique comme aimant beaucouprétude e^ la lecture, Monomaque écriTait ayec éloquence» et liea flllea dea grands employaient leurs loisirs k ooi^ler des liTres d'église. Les moines , livrés k Tétude dea langues anciennes» s'occupaient aussi de l'Iilstoire de leur pays. Neator» moine du monastère de Petcherski k Kiew» n^ en 1056» cemposa une histoire des j^eniiers temps de là IlMSSie avec une simplicité grave et touchante» L'auteur, nourri de la lecture des bons éorifûtts» met toujours ses penoanages en aotion : on
croirait, en paroonraat sa chronique» lire les liyres historiques de rAncien*Testameiit.
Poésie. — Mais ce qui prouve que les sciences et les belles-lettres n*étaient pas cultÎTées seulement par des moines, c'est le poème sur Y expédition d'Igor^ écrit dans le douzième siècle , par un laïc dont le nom n*est pas Tenu jusqu'à nous. Cette production, empreinte d'une couleur antique , est remarquable par la force de l'expression, des beautés sauvages, des figures hardies, et un caractère de yéritéqui peint parfaitement le peuple russe, encore si Toisin de la barbarie.
Moralité, — Quant à la moralité de la nation , la religion chrétienne , en ciTilisant peu & peu ces hommes sauvages , contribua sans doute à son amélioration. Les jeux, la musique , la danse et le vin ayalent déjà de grands attraits pour le peuple russe : ses goûts, comme on sait, sont à peu près, sous ce rapport, restés les mêmes. Tout porte à croire , au reste , que la pluralité des femmes fut chez eux fort long-temps tolérée. Il fallut toute l'éloquence de quelques saints évèques pour faire rougir les princes des désordres auxquels parfois ils se livraient, et réformer ce que les mœurs de la nation, en général, avaient de trop dissolu. ' Religion, — Dès les commencemens de la religion chrétienne en Russie, la foi y fut vive et la dévotion ardente. Les princes, les seigneurs.
les marchands faisaient constniirt; des églises, fondaient des monastères qu'ils dotaient de biens f^nds, d'omemens et d'images.Les moines, lesredusy les ermites se multipliaient et trou- Taient dans la charité publique de snffisans motifs de chérir la vie contemplatiTe. — Quand des haines particulières, des rivalités enyieuses divisaient les princes apanages, les prêtres, les moines, les évéques, manquaient rarement d'intervenir. Us demandaient, au nom de la religion et de la patrie, l'oubli des in»- Jnres et la réconciliation des partis. A leur voix souvent les inimitiés se taisaient, du moins pour un temps. On s'embrassait au nom d'un Dieu de paix, on baisait la croix, les livres sa* crés i pois tout éuit oublié.... jusqu'au Jour où de nouveaux intérêts, de nouvelles intrigues Tenaient rallumer des passions que rien ne pouvait corriger. — • La Russie , comme nous l'avons vu , qui n'est parvenue au christianisme que par le secours des missionnaires de Gonstantinopie , fut soumise aU; jiatriarche de cette ville jusqu'à la flo^^tipsêizième siècle. Le métropolitain était , > la vérité , nommé par le tzar; mais il de^it être confirmé par le patriarche de Gonstanâlinple»
teoisièuke période.
0épitM la somniMiofi à» U Htatlè par Ut Tatar< , |as->qu II Ida ailVaMbisseaieAt et l'atinction de la dynastie de Knrik^
IABOSL4W lUf YSÉyOL0]>0YIT0B.
28* RisGNE. — (De 1238 à 1246.)
A pdne laroilaw eftt»il infSiMitié de là retrait» des Tatârs , qa*il laisse son fils Alexandre goa» vemer sa principaiité de NoTgorod, et TîeBt prendra pmsenion des cendres et des déoomlires de Vladimir, où son malheureux frère arait régné. U en relève les nnirailles , et rappelle ceux des habitâtes qni avaient échappé aui glaires des Mengc^s et des Tatars.
(1239.) Cependant ces peuples, qui n'aiaient pas renoncé à la Russie » reparaissent dès raUrnée suivante , et y oontittlKnt leurs ravageai. Les villes de Tdiemigolf , de Périariavr et de Kiem sont enoora les premières victime» de ces harbares.
(1240.) G^est A cette époque que les lithua* niens , les Tchoudes ou livoniens, ligués avec les Suédois , profitant des malheurs de la Ru8> sie , essayèrent de Tenvahir de leur d^té pour s*en partager les dépouilles. Les chevaliers porte-glaives , établis en livonie depuis le mi-
lien du adti^iémë âtèele , dirïgèréttt cette ijifiéw ration. Mais le br^ive Aieitàitdre, pHiioe de NOTgofod, le» ayattt Joliitft étir lecf bdfdâ dé l« NéTâ, remporta sur ettt uùe éclatante tictoire <|iii lai fit donner le sàinom de Nêpêki*
Cet eiplbit d^Alexândre eut bien dû lai co^ éilier ralndtir de êe« lujetti k mai» llnoonstanoe dés Notgorcdiénê M Itfêsk bientôt de la rtcon* naiMance. Ils aceosèfenc le héro* de n'avoir éombattu qfue pOùf idi : fier de sa vietoire, Il ébasait de fton autorité , tiolait les pHtiléges Axk peuple, et seitiblMit Totiloir se placer au* dessus de toutes les lois. £ft un mot, le méôon* lentement des Novi^rodîens devint tel q[ue Alexandre se fît bientôt réduit à se retirer près de son père, à Vladimir. Son éloignement devint funeste à la république. Un prince de la race de Vladimir, se croyant des droits sur Nov> gorod, appelle les Anemands & son aide, se rend maître dePlesko^^et ravage tout le pays. Rap^ pelé par le peuple, Aleiandre reparaît à la tète des armées, bat les ennemis^ et remet Pleskovr sons fautorfté de Novgorodi
(h43.) Après atoîr ravagé la Hongrie «t la Mogike, BaCt^ revenu dlrtiâ lé Itapieliak , eii" géa ^ué laro^w vint lai rendre hottitiage au camp de la Horde , et que son lits Gonstaatlli pamt pottf aller fSrire aelè de vadselage entre leètualnédûèbefdela natimi tnuiHi^etaioiigideràroitiw lnl4ttéttie, oMgéd'àller reâootMer ses^
bassesses auprès da successeur d'Ogtai , mou« rat en reTenant dans sa patrie. Le bruit se répandit qu'il avait été empoisonné par les Mon- 9^.: on ne yoît pas trop Tintérét de ces peu* pies à faire périr un prince yaincu, soumis , et dmit ils n'avaient rien à craindre. Un bistorien remarque qu'Iaroslaw, malgré les malbeurs de son règne , était doué d'une rare prudence et d'un grand courage ; mais que comme il savait distinguer une croyance éclairée des erreurs de la superstition» comme il ne prodiguait pas son bien aux églises et aux moines, il ne s'est point attiré les louanges outrées de analistes» Son règne correspond au commencement de celui de saint Louis.
MIKHAÏL II, UROSLAVltCH.
29* RÈGNE. - (De 1 246 à 1 248.) Le trône était vacant par la mort d'Iaroslair m : son frère Sviatoslaw y avait des droits»
suivant l'usage adopté. en matière de succès* sions :. aussi se mit-il en devoir d'occuper Vladimir. Cependant Mikhaïl, cinquième fils d'Iaroslaw, ^a contester k son cmcle le triste avantage de régner sur des ruines : il marclia contre SviatoslaWy le renversa du trène et se mit à sa place.
• (1248.) Obligé Reprendre les armes contre les Lithuaniens qui ravageaient une partie de ses états, il leur livra une bataille sasgUqite»
dont TavaBUge resta aux siens , mais où il perdit lui-même la yie. 11 ne jouissait du titre de grand-prince que depuis quelques mois :
le trdne^ comme nous l'ayons dit, ayant été occupé, depuis la mort de son père, par StIs* toslaw qu'il déposséda.
SVIATOSIAW m, VSÉVOLODOVITCH.
30* aÊGRE.— (0e 1248 à 1249.)
Sviatoslaw ne trouTant aucun obstacle à son retour à Yladimir, crut pouvoir reprendre son titre et son trône ; mais ayant différé de faire hommage de sa souTeraineté au chef de la grande horde, celui-ci , près duquel s'étaient rendus Alexandre Neyski et son frère André, le déclara déchu une seconde fois, et conféra le titre de grand-prince à ce même André, qui n'était yenu à la horde que pour faire sa soumission, comme prince de Souzdal.
ANDRÉ II, lAROSLAYITCH.
31* RÈGNE. — (De 1249 à 1252.)
André, qui n'a? ait pas rougi d'armer les Tatars contre son prince et son pays, ne goûta pas long-temps les douceurs de l'usurpation.
Devenu suspect au khan de la grande horde, il vit bientôt ses protecteurs diriger leurs armes contre lui. Vaincu , le prince de Yladimir abandonna ses états, et alla demander
m9é en livonie , à ce» mtees cheralieM an giàhé qite son frère AlexAndre avait battus pféeédeimiieAt, et qui toatcfois hil irent a<;^ «oeil. PlQ» tard, réconcilié atec les Tatara , Il reriiit dans son premier spanafie de SMtsdal» sans pouvoir cependant reeowrer le trdne de Vladimir. Son règne fut d'environ trois ans.