‹ Histoire de Russie, d'après les chroniques nationalesChapitre 6 sur 24 · ALEXANDRE I", DIT NEVSKI · texte numérisé non relu

ALEXANDRE I", DIT NEVSKI

32^' BÈGNE. — (De 12â2 à 1263.)

L'histoire de ce règne demanderait quelques dé?eloppemens : la gloire dont a brillé le vain» qneur de la Neva, la trace qu'il a laissée dans le souvenir des Russes, qui le considèrent encore eomme Fun des plus grands princes de leur, pays; le titre de saint que lui a déféré l'église , le monastère que Pierre P', juste appréciateur de la vraie grandeur, fonda sous son invocation , et le tombeau d'argent , l'un des plus riches monumeus de l'Europe, que lui fit élever l'impéralrioe EUsafteth, tovt nous fait un deyoir de dire an lecteur les glorieuses actions qui signalèrent ce prince à la reconnaissance de Ift patrie, la renommée de ce prince , il nous faut Pavouer, nous parait bien pfntôt étaUie $ar les brillantes victoires qu'il remporta sur les Allemands, lorsqu'il n'était encore que prince de Novgorod, que snr ses hauts Aiits comme grand prince.

Nous avons vu , en effet, Alei^ndre rendant

iiotnittâ^ â«x éCrattfer» «on» le joag dtàqncfe géhiittait seni^ys. II se trouvait eMdre àla horde 9 an moniéiit oft les Tatar» prifaieiitMii frère de la «ènverAiiieté. Peu jaloux aana dowte de ne deroir le irtae 4|a'à 4on eourage et à eeii pafirietiltiie, Il aectpta dee mains du kban des Mongols riiiTestiture des prineipaatés de Sousdal et de Tladimir.

(1255.) 11 j aTait trois ans qall éuit sur le trAne de Vladimir , quand il marcha contre un autre de ses frères » laroslaw, prince de Twer, qui tlsalt à la souveraineté de Novgorod. YHinqueiir dans cette entreprise, il dirige f ardeur de ses troupes centre les Suédois »

dont II U'arrait pas o«bIië les andennes agression». Il pénètre à traders les forêts de Tbigrie et de la Finlande^ y porte le ravage et la mort, et revient chai^ de hutin. Ces victoires snr des peuples àélk punis et abaissés consolaient saxts doute Alexânèrede sescomplaisaaoes pour les véritàMesennemlsde sa patrie, Batiyleoher de la grande horde, s^étatrcontentédesmérquesde soumission des princes russes $ mais à sa mort, Bourgàlyson sueccsseur, fit faire le déuMnbrt^ méat de tout le pays^ et le soumit à un no»»

-tetftt tribut en forme de caplutioi^ (1268X Ia flène Novgorod s'opposa fortement à là pei^ eepfibii de rimpét, et leva réSendard de la rétOlte« Alexandre, ne voyant de salut pour son pays que dans la soumission , fit tant par

la Toix de la p^suasîon, que les.NoTgorodiîeiu s'humiliècent de nouyeau.. Mais il poussa plus loin le soin d'apaiser la grande horde , en dé* ployant une sérérité atroce contre ceux des citoyens qui avaient pris part au soulèTeinent. Les choses n'en restèrent pas là. Les Tatars -ayant envoyé leurs collecteurs à Novgorod : ce fut Alexandre qui, pour leur, épargner le spectacle de la haine qu'ils inspiraient, se chargea du soin odieux d'asseoir et de lever la contribution.

Cependant les Tatars , en proie eux-mêmes à des divisions! de parti , donnaient aux diflërentea^ nations qu'ils avaient conquises Tespéruice de recouvrer bientôt leur liberté. Les impatiens Novgorodiens , auxquels se joignirent :un grand nombre de Russes , jugèrent le moment venu de rompre leurs chaînes. U se forma une vaste conjuration, dans laquelle entrèrent un grand nombre de villes et de princes apanages (1262). Le jour fixé, dans tous les lieux à la fois , on massacre impitoyablement les odieux agens des Tatars. Rien ne résiste à la rage des conjurés...* L'impulsion était don* née; l'heure de la délivrance allait sonner pour la Russie. Mais à cette faUle nouvelle» Alexandre, le héros de la Neva > frémit d'horreur et d'effiroi : il entrevoit la vengeance terrible que devront exercer ceux à qui il doit le trène. U se rend maître de la conjuration , et court se

jeter seul aux genoux de Bourgal, chef de la grande horde, dont il aie bonheur de fléchir la colère. 11 reyenait pardonné dans ses états, lorsqu'il tomba dangereusement malade.

N*ayant plus que quelques jours à . tI? re , il prit rhabit de moine, sous le nom d'Alexis^ et mourut à Gorodetz, à Tâge de quarante-quatre ans, après un règne de onze à douze ans. Son corps fut ramené à Vladimir, et fut enterré dans le monastère de Notre-Dame , où il re* posa jusqu'au moment où Pierre-le-6rand~ le fit transporter sur les bord» de la Néya.

Alexandre Nevsky fut placé au nombre des génies tutâaires de la Russie. Les historiens , en effet, s'accordent à dire que, par la douceur de son caractère , la beauté de son âme, et l'agrément de son extérieur, il parvint à détourner de son pays les plus terribles calamités que lui réservaient la soif du pillage et la férocité des Tatars. L'église russe l'a mis au nombre des saints.

- Le règne de saint Alexandre correspond à cehi^ de saint Louis.

lAROSLAW in, ÏAROSLAVITCH.

33* RÈGNE. — (De 1263 à 1271.)

Le règne d'iaroslaw se passa en querelles avec les Novgorodiens , dont la fierté égalait rinconstance, et qui tantôt adoptaient, tantôt repoussaient les droits et les prétentions du

prince de Vladimir. C'est aoMi sons ce priÉoe (1269) qu'eut lien contre les <^eYaliers porte» glaires , aux enyirons de Bétal , ea Estonie, une bataille sanglante et terriMe. « Jamais, dit un anaMste , nos pères ne tirent une semblable boucherie. » Les Russes restèrent trois Jours sur les cadavres pour man{ne de leur Tictoire ; mais au lien de riches dépouilles, ils rapportèrent les corps des plus Ulustres d'entre eux.

Fier d'avoir inspiré qnel^oe terreur aux étrangers, laroslarw entreprit de restreindre la liberté des Norgorodiens^ Cenx^ n'étaient point d'humeur à souffHr la tyrannie. Le peuple s^arme, envahit les places publiques, le toc. sfn sonne, et les gens d'Iaroslaw sont: arrêtés^ Voici l'acte d'accusation porté contre ce prince par rassemblée tumultueuse. « Pourquoi f es-tu emparé de la maison d'Un éenos boyards? pourquoi as-tu pris de l'argent à d'autres? pourquoi avoir chassé de Novgorod de paisibles étrangers ? pourquoi tes oiseleurs nous défendent-ils les rives du Voikoff ,etles chasseurs te soin de nos champs? Il est temps de mettre fin à ces violences. Pars , va où. bon te semble; quant à nous, nous ne voulons plus de toi.» En vain, pour réduire les Novgorodiens , laroslaw appela-t-il à son secours les Tatars. Geux*ci, après s'être mis en marche, reconnaissant que Tautorité du khan n'était point compromis^

dans cette querelle, rehroussèrent chemin, et laiêsèrent aux parties intéressëes le âofn de la rider. Enfin) Tan 12^0, elle fut terminée par les soins charitables du métropole deKiew, qui engagea les Novgorodiens à se rendre aux soumissions que laroslaw leur envoya faire , et à ouvrir leurs portes à ses députés.

On a Vu que depuis l'asservissement de la Russie aux Tatars , chaque prince rus^e était tenu de faire au moins un voyage à la grande horde, afin d'y recevoir la confirmation de son titre (127 î). C'est en revenant de faire sa soumission que laroslaw mourut après un régne de sept ans.

VASSÎLl !•', lAROSLAVITGH.

S** RÉGNÉE— (De 1271 à 1276.)

Le règne de ce prince , frère de laroslaw, n'est marqué par aucun événement digne de figurer dans l'histoire , si Ton en excepte les guerres qu'il fit, avec l'aide des Tatars^ aux Nov" gorodiens, qui finirent par le reconnaître pour prince de leur souveraineté. Il mourut à la fleur de rage, après un règne de cinq ans.

DMITRI !«', ALEXANDROYITCH.

35' AÈ6NB. -> (De 1276 à 1294.) Dmltri, fils atoé d'Alexandre Nevski , et Fun des plus malheureux de cette fatale époque, dut tous ses chagrins à son frère André. Ce prince

intrigant et ambitieux, pour le dé{K>uillery eut recoar|i à toutes sortes de bassesses auprès des Tatars, dont il obtint Fappai, et ayec lesqneb il ravagea une partie de la Russie. .Vaincu, vainqueur y et détrôné plusieurs fois, Dmitri eut cela de singulier dans sa destinée,, qu'il recouvra son trône des mains de celui même qui le lui disputait depuis si long-temps. André , que dirigeaient de folles- passions , après avoir désolé son pays et usurpé le trône de Yladinrir, s'en dessaisit tout à coup^ et le remit à son véritable maître. Dmitri finit bientôt après ses jours, que de cruelles adversités avaient sans doute abrégés. Il mourut sans postérité, après un règne de dix-buit ans.

ANDRÉ m, ALEXANDROYITGH.

3e- RÈGNB.— (Del294àl304.)

André , à la mort de son frère, retrouva ce trône au chemin duquel nul ne lui opposait plus d'obstacles. Son règne fut asi es tranquille pour ce qui concerne la principauté de Yladl* mir. Cependant, à la fin de ses jours, il songeait à troubler le calme dont elle avait joui , et à déclarer la guerre à l'un de ses/réres , Daniel , souverain de Moscou, prince pacifique, qui ne s'occupait que de l'agrandissement de cette ville, et qui venait d'y élever la forteresse du Kreml. L'ambitieux André n'eut pas le temps

d'exécuter son iBjnste dessein: la mort, qui le. surprit , délivra la Russie d'un prince inquiet et turbulent. Il avait régné dix ans.

objet de la juste haine de ses contemporains» dit un historien russe, et du mépris de la postérité, le grand-prince mourut, en 1304, re^ fétu de rhabit monastique. Aucun des princes de la famille de Monomaque ne causa autant de maux à sa patrie que cet indigne fils du héros de la Neva. —Tout ce que la nature a de plus effroyable, contioue le même historien, des malheurs de toute espèce signalèrent en outre les dix années de règne d'André. Il y eut aussi d'affireux ouragans, de grandes sédieresses^ des incendies. La famine et la peste exercèrent leurs ravages dans quelques provinces. Les villes de Tver, de Novgorod, devinrent la proie des flammes , et pour comble d'horreur, des scélérats , profitant du désordre général , pillèrent les maisons, les églises, et commirent tous les excès imaginables. Parmi les météores célestes qui , à cette époque , portèrent la terreur dans Tesprit des peuples, il faut citer la célèbre comète de 1301, décrite par les astronomes chinois, et chantée par le poète Pachidi.

C'est sous le règne d'André que l'infortunée Kiew, ravagée tour à tour par les Tatars, les Russes et les Lithuaniens, fût enfin abandonnée de ses malheureux habitans. Quelques années après, elle cessa même de faire partie de l'état.

En 1310 , elle passa tous la domination de G«édittiin, qui, déjà maître de tonte la Yolhlnie, prit alors le titr« de duc de Russie*

G*est aossi vers cetteépoqueyen 1^00» qae les Suédois élefèrent proche Tendrait où se trouve aujourd'hui Pétershourg, le fort de LaridsKron, dont les NoTgorodiens- ne tardèrent pas à se rendre maîtres.

MIKHAÏL II, lAROSIAVlTGH.

37* BÈ6NK.— (De 1304 à 1320.)

Malgré les prétentions de plusieurs concurrensy et surtout de louri , prince de Moscou et fils de Daniel, Mikhaïl laroslavitch monta sur le trône, et obtint sa confirmation de la grande horde. Cependant louri s'était insinué dans les bonnes grAces d'Usbeck, chef des Tatars , dont il était parrenu à épouser la fille. Ayant réussi à noircir les intentions de Mikhaïl , il obtint bientôt de son beau-père la déchéance du prince de Vladimir, et des secours pour le dé* posséder. Mais la fortune, loin de seconder ses ▼ues, lui fut d'abord contraire: ses troupes mises en déroute, il fut obligé de retourner à la horde où il accusa de nouYeau Mikhaïl des plus odieuses actions , lui reprochant surtout d*a?oir empoisonné sa femme, la fille d'Usbeck, tombée en son pouvoir, et morte à Trer , où Mikhaïl, après sa victoire, Tavait fait conduire.

Mikhaïl, sommé par Usbeck de yenir se jus • tifler, ne se crut point assez fort pour résister ouvertement au khan des Tatars. 11 se rendit à la horde , où son ennemi eut le pouvoir de le faire condamner à mort. 11 fut exécuté en 1329, à l'Age de quarante-six ans, regretté de ses su- Jets comme un prince humain et pacifique (!)•

Le conunencement de son règne fut encore signalé par une expédition des Noygorodiens contre les intrépides et ambitieux che?atiers du glaive.

(r) Le< princes ra«se« , en allant k l'audience da khan, Aaitfnt oblige de marcher entre deux feux , pour se purifier eux et les pr^sens qu'ils apportaient. On les forçait mime de faire la réve'rence 2i une image exposa Si l'entra de la tente du khan.

Là digttitd grand-^ncala , ^i long-temps né fut effeetde qn'attl seuls pouessenrs des prindptutà de TU' dimir et de Kiovie, derint commune, vers la fin du ^nttortiëme si^Ie , fc plusieurs des principautés partieuU^MS qui partageaient la domination de la Russie. Les ptinces de Rësan , de Tirer, de Smolen»k , et quelques autres , se qualifiaient de grands-ducs , pour se distinguer des princes apanagds qui se trouvaient établis dans l'enceinte de leurs principauté.

Les grands-ducs , de même que les autres princes russes , étaient obliges de demander h confirmation de leur dignité au khan du Kaptschak , qui la leur accordait ou refusait ii son grtf j et les dift^rends qui s'âevaient eUtro les princes russes dtaient paiement soumis ^ sa ddeision.

lOURi m, DANILOVITCH.

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