‹ Histoire de Russie, d'après les chroniques nationalesChapitre 7 sur 24 · BÈ6NB. — (De 1320 à · texte numérisé non relu

BÈ6NB. — (De 1320 à

Quelque rebutante que puisse paraître cette série de crimes et de trahisons , notre deroir d'historien nous oblige à ne dissimuler que tout ce qui ne se lie pas intimement à notre plan. Nous sommes donc obligés de continuer à présenter en analyse les horreurs et les calamités qui surchargent le tableau de Thistoire russe de cette époque.

Georges, arriYé par un crime au trAne » en fut bientôt précipité par un autre crime semblable. Dmitri, fils de Mikhaïl ^paraissant oa-

Sommtfi de comparattre dans la horde > ila étaient forcéi de s'y rendre , ei y trouraient souvent rignomiiale et la mort. Les redevances , que les khans n'exigeaient d'abord des Rosses que par forme de dons gratuits , furent con* rerties dans la suite en tributs ordinaires. BÀreU-Khan, successeur de Batou , fut le premier qui fit faire la lev^ des tributs par wn propres officiers. — Le receTeur^gd^^ n^ral de cet tributs, qui ^talt en même temps commandant des troupes tartares en Russie , s'appelait grarut' baskake; il siégeait 2i TUdimir , dans le propre palais da grand-duc, et tous les baskake^ â«t autres villes lui étaient subordonnés. — Les successeurs de Bdreké- Kban appesantirent encore le fardeau des taxes; ilsanui étirent même les princes russes ii des services militaires» (KocH ,t,l, pages ajS et 276.)

Uier la mort de son père, ayait cfaarj^ loaci de payer aux Tatars le tribut auquel il était obligé. lonri , aussi cupide que cruel , s*était appropné la somme, sans en faire compte an khan.Usbeck, déjà mécontent de louri, accueillit la dénonciation de Dmitri, qu'il nomma ans* sitôt prince de Vladimir. Georges voulut se justifier, et prit le chemin de la borde; mais ayant été rencontré par les troupes de Dmitri, il fut battu, et obligé de se réfugiera Pleskow, où il résolut d'attendre le moment de ressaisir le trône.

C'est après une expédition contre les Suédois, dont il repoussa l'armée en 1322, qu'ayant remarqué à l'embouchure du Ladoga une tle nommée Orekhof , qui en était comme la clef, il résolut d'y opposer une barrière aux incursions des Suédois et des cberaliers porte-glaives. Il y fit en conséquence élerer une Tille nommée d'abord OrekhoTctz, et depuis célèbre, sous le nom de Schlusselbourg , par la détention du jeune et malheureux Ivan Yl.

DMITRI II, MIKHAILOVITCH.

ad"* RÈGNE. — (De 1323 à 1326.)

Dmitri fit son entrée à Vladimir, suivi d'une armée de Tatars ; mais à peine s'était-il fait reconnaître, qu'il apprit le départ de louri pour la grande horde. Redoutant tout des intrigues

de son ennemi, il se rend lui-mtoe pupvès d^tbfck 9 qui le reçoit parfaitement. Dmitri , bien accueiUi par le khan, présuma trop.de sa faveur, et poussa. la haine et Taudaee Jusqu'à faire assassiner louri, sous la tente même d*Us* beck. Cette action indigna le khan , qui le fit lui-même saisir et jeter dans un cachot. Au bout de deux ans de détention , il fut mis à mort (I32ft}, à rage de Ting^sept ans.

ALEXANDRE II MIKHAILOYITCH.

40* BfiGNB. — (De 1326 à 1328.)

Alexandre, frère de Dmitri, reconnu pour pifince de Vladimir et de NoTgorod, fixa sa résidence à Trer. Malgré Tempressement qn*il avait montré A se concilier les bonnes grâces du khan , ce prince ne pouvait aimer lesTatars, ces cruels ennemis de la patrie. Il avait vu son père, son frère, et tant d'autres princes de sa race, mourir sans défense, ^sassinés par l'ordre de leur chef. Un prince nommé Scheykal d'Usbeck, fut envoyé à Tver sons le titre d'ambassadeur: il était accompagné d'une bande de pillards qui répandirent l'effroi sur leurs pas et menacèrent l'existence du souverain luimfym : du moins le bruit en courut-il. Alexandre accuse les Tatars de projets et de com»

plots, peufe-étreimaginaires : La religion lui four« nit d'ailleurs de sufflsans prétextes, a Scheykal

a jiiré gaerre«it CMst » et yent subttftn^rau adtechréttenrabominable culte deMahonetl »

Des armes sont distribuées au peuple $ le Jour est choisi de tirer une éclatante yengeance de la horde et de ses suppôts. Le 15 août , les ma* tines moscorites ont sonné comme, à une autre époque , sonnèrent , pour d'autres yictimes, les yépres siciliennes. Dès Taube du jour, le grand-prince conduit ses gens, affamés de carnage, au palais de l'étranger, et les Tatars se réveillent au bruit de l'insurrection, au cliquetis des armes. Il en est fait un horrible massacre. Affidblis par leur perte, les Tatars se réfti^ent autour de leur chef, s'enferment aweiui dans son palais, et veulent vendre leur vie. Alexandre incendie leur dernier asile , et Scheykal et ses gens tombent et périssent dans lesflnunes.

IMbécb, à cette nouvelle, frémit dlndigoatlOtt, et médite une affk'esse vengeance. Des princes russes ne rougissent pas de s'offrir comme ittstrumens de sa colèrcp II met sur pied une armée formidable, dont il confie le commandement à Ivan, frère d'Iouri, assas* sine par Dmitri , à la horde du Kaptchak (ia2§). Cette armée dirigée sur Moscou, puis sur Tver, signale son passage en mettant tout à feu et à sang. —Alexandre, trop faible pour résister à ce torrent, trouva un reftage cheas les habitans de Pleskow, qui le reconnurent pour leur prince.

Cependant les TaUrs» do»t la pplitiqae était d*armer sans cesse les princes russes les uns contre les antres, iNirtagèrent les dépouilles d'Alexandre. lYan, déjà prince de Moscou, eut, avec le titre de grand-prince, la souveraineté de Vladimir et de Novgorod, et Constantin ^ fils de Mikhaïl, celle de Tver.

IVAN I", DANILOVITCH , DIT KAUtA.

41* RÈGNE. — (De 1328 à 1341.)

I?an, lors du détrônement d'Alexandre, était déjà prince de Moscou , où il continua à faire aa résidence. Le métropolitain y transporta également son siège, établi à Vladimir depuis la chute de Kiew; et de cette manière, Moscou fut bientôt reconnue pour la capitale de la Russie.

Le malheureux Alexandre, quoiquedépossédé, inspirait cependant de l'ombrage à son successeur, qui porta de nouvelles plaintes contre lui à la horde. Menacé de voir le pays qui l'avait accueilli en proie à l'invasion, Alexandre partit| accompagné de son fils Phédor, dans l'intention de se justifier, mais avec l'appréhension de n'y pas réussir.

(1339.) En effet, at^vés au Kaptchak, il donna sur sa conduite des explications qui forent mal reçues. Cîondamnés à mort , . son fils et lui subirent courageusement la sentence prononcée contre eux.

Aucun des 8ouTerains tatars ne fit périr au* tant de princes russes qu*Ubeck. En 1330 , il condamna également à mort Féodor» fils de M ikhail de Starodoub, dans la persuasion que ces terribles exécutions consolideraient à ja* mais la puissance des Mongols en Russie. Mais il n*en fût point ainsi. Ce ne ftat pas le khan, mais le grand-prince » qui cette fois profita de la mort d'Alexandre en s'emparant de la principauté de Trer. Usbeck ne Toyait pas que favoriser la puissance de Moscou , c'était préparer rindépendance de la Russie et l'empire de la horde.

Kan, resté maître paisible de la souyeraineté, s'occupa dn soin d'agrandir et de fortifier Moscou. Il mourut eu 1341, reyétu de l'habit monastique qu'il avait pris aussitôt qu'il avait senti sa fin approcher. Ce prince, auquel l'histoire reproche de grands vices, se fit pourtant bien venir des pauvres, qui lui donnèrent le surnom de K€Uita (la bourse), parce que, diton, sa bourse était toujours ouverte aux indigens. Son règne répond à celui de Philippe de Valois , qui monta sur le trône de France U même année quivan sur celui de Russie.

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