CHAPITRE III
patience machiavélique a reconnu tous les droits de ces princes , et jusqu'à leur indépendance ; tout ce qu'il ose , en dépit de leurs plaintes , c'est de garder ses conquêtes sans les partager avec eux, et de retenir la succession de deux de ses frères , morts sans héritiers.
Toutefois , quand , en i48o , ses deux autres frères se révoltent et se retirent en Lithuanie, en pillant tout sur leur passage ; comme il n'en a point encore fini avec la horde et les républiques , il , s'abaisse , il ploie jusqu'à terre, et les ramène à lui par les supplications les plus humbles et les plus importantes concessions.
Mais enfin, en i485, Novgorod est écrasée, la horde dorée détruite, les chevaliers livoniens vaincus , l'impuissance de la Lithuanie évidente. Les temps sont donc enfin venus ; et comme ils ont trouvé tout préparé , l'attaque a commencé aussitôt par le prince de Tvrer.
Par une conséquence de la politique constante des Grands-princes de Moscou, Iwan III, guidé par Vassili son père, avait épousé jadis, à l'âge cîe douze ans , la princesse de Twer ; à dix-huit ans . il avait eu de ce mariage un
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fils, marié depuis à la fille d'Etienne, hospodar de ^loldavie, et de ce fils un petit-fils. Mais en i485, \euf de cette première femme, Iwan est remarié à une princesse grecque. Son fils est mort ; les liens d'hvan avec Twer sont rompus , et dès long-temps il tient cette première et dernière rivale de Moscou , comme environnée et assiégée de ses conquêtes.
Ici , sa marche agressive est absolument la même que contre Novgorod. D'abord, il effraie le prince de Twer de son ambition ; et quand il l'a conduit à appeler la Lilhuanie à son secours , il crie à la trahison, il s'arme, il terrifie sa victime par le formidable aspect de toute sa puissance irritée. Sa feinte modération ne se laisse fléchir que par des concessions, qui désormais ôteront à son faible adversaire tout pouvoir de lui résister. Alors, évitant un éclat de puissance dangereux , et qu'il a su rendre inutile , c'est par une guerre sourde , par des violences soutenaines , qu'il achève cette conquête ; et suscite une foule de contestations entre les Moscovites et les Tweriens , et se fait tellement partial contre ceux-ci , que, découragés , ils abandonnent une cause se fatigante.