CHAPITRE
Tous viennent se ranger sous la protection de Moscou ; tandis que leur prince , au désespoir , n'a plus d'asile qu'en Lithuanie , où il meurt sans postérité.
Twer réunie à Moscou , tout arrive bientôt a ce centre d'attraction. Le temps des ménagemens est passé ; Iwan marche rapidement à son but : il parle , et les souverains de Rostof et d'Iaroslaf n'en osent plus être que les gouverneurs. Un accès de sa colère suDlt pour épouvanter si fort le prince de Vereïa , qu'il fuit en Lithuanie ; et l'autocrate le punit aussitôt de cette terreur et de cette fuite, en forçant le père mourant de ce malheureux à le déshériter de plusieurs villes , qu'il s'approprie.
Cependant, deux frères du despote vivent encore; mais l'un, effrayé, se soumet, et bientôt son apanage retourne encore par testament à la Grande-principauté ; l'autre , quoique plus remuant, était sans défiance : il se livrait, près du Grand-prince, à la douceur d'épanchemens qui lui semblaient réciproques, quand tout à coup on l'arrête, on le charge de chaînes, sous le poids desquelles il meurt , sans autre vengeance que les remords de son meurtrier ; I. 19
ai 8 LIVRE IV.
remords tajrdifs, qu'un synode d'évéques étouffe par une inique et lâche absolution.
Mais enfin , l'hvdre féodale est vaincue ; tous . ces princos du même sang qu'Iwan , et qu'en montant au trône il a trouvés presque aussi souverains que lui, sont ou expalriés, ou morts, ou tellement soumis, qu'ils ne prétendent plus qu'à l'honneur d'être ses serviteurs les plus empressés. Ils ont été courbés d'une main si puissante , que depuis , confondus dans la haute noblesse, nul d'eux n'osera même rappeler leur commune origine avec leur superbe dommateur.
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