CHAPITRE V
luves, une partie de leurs mœurs, de leurs usages , et ces saints dont ils idolâtrent les images, et cette religion souveraine. Jadis, une princesse grecque les leur apporta ; elle fît de leur Vladimir, de ce grand d'ici-bas, un grand d'en-haut , de ce maître de leurs destinées sur la terre , leur saint protecteur dans le ciel. Aujourd'hui que Byzance est tombée captive des Turcs, rhabile Iwan veut qu'une seconde princesse grecque vienne faire de Moscou lliéritière de cette Byzance ; qu'elle en apporte comme dot à son Grand-prince les armes de sa famille, cet aigle à deux têtes, symbole d'autocratie , et ce titre de tzar, identique, selon les R.usses, à celui ^autorité suprême^ . W veut qu'elle introduise dans son palais l'orgueilleuse hiérarchie de la somptueuse cour de Constantin , et ses pompeuses cérémonies , moins vaines qu'on ne
Moravie. L'alphabet russe y fut alors invente par un philosophe nommé Constantin. Ce savant avait été envoyé de Byzance pour traduire les livres saints dans la langue du pays. On voyait à Kief, du temps de Vladimir, vers 981 , des inscriptions gravées dans cette écriture.
\ V. Karamsin.
pense ; enfin , ce despotisme de droit divin , qui va corroborer et même sanctifier en Russie ie dévoûment au prince. Ce pouvoir ihéocratique, avec le joug de fer dont Iwan III vient d'hériter des Tatars , et la constitution toute militaire qu'un grand homme y joindra bientôt, doit un jour compléter leconcours le plus singulier de circonstances qui ait pu former des princes au despotisme, et des peuples à l'esclavage.
Ce n'est pas tout encore : par son union à cette main impériale, la main habile et puissante d'Iwan semble avoir retourné la face de son empire d'orient en occident. 11 a porté le poids du trône russe dans la balance de l'Europe. La Russie , détachée de la civilisation depuis près de trois siècles , va s'y rattacher par les liens de la politique , et par ceux des arts et des sciences.
Ce sont les Grecs réfugiés de Constantinople en Italie qui vont apporter ces arts dans Moscou, sur les pas de leur souveraine. En effet , par une singulière conformité de position, ces Grecs, vaincus à leur tour près de fantique et homérique conquête de leurs pères , venaient, comme jadis Enée et ses Troyens , d'illustrer aussi l'Ita lie , en s'y réfugiant avec leurs pénates.