CHAPITRE V
vernement de toute la Russie ; et qu'il se fait répondre , par l'interprète de cette même Trinité : L'empire que vous tenez de Dieu luimême.
Dès-lors, que les républicains de Pskof osent communiquer avec lui autrement que par une respectueuse ambassade , aussitôt il les épouvante de son indignation , et ne se laisse apaiser qu'après les avoir tenus assez long-temps courbés sous le poids de sa colère, pour être sûr qu'ils ne se relèveront plus de ce pli de bassesse, si longuement et si fortement imprimé.
C'est ainsi qu'aux yeux des siens , il n'accorde sa protection aux chevaliers livoniens que lorsque, au lieu de prier, ils supplient. Dans ses instructions diplomatiques , on reconnaît la fière susceptibilité d'un prince qui veut s'allier aux cours éclairées de l'Europe, mais avec toutes les précautions de l'orgueil le plus irritable; il semble craindre que la civilisation européenne ne le traite de parvenu , de barbare d'Orient, de tributaire d'une horde.
C'est pourquoi . lui, qu'on a vu s'instruire avec tant de soin de la politique de l'Europe , et attacher im si grand prix à mettre son tronc 1. 20
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en contact avec les autres trônes , c'est lui qu'on voit refuser . et même chasser de sa présence , pour une simple omission de formalités , l'envoyé d'Autriche ; il force TEmpereur de traiter avec lui d'égal à égal ; si l'on en croit ses sujets , il a même refusé sa fille au roi des R.omains , Vienne n'ayant pas consenti à toutes les concessions qu'il exige.
Quant au margrave de Bade, l'union de sa fille avec ce prince allemand , lui semble une mésalliance. Maximilien veut-il séduire son ambition du titre de roi , Iwan déclare fièrement: Quil ne veut s'abaisser à recevoir de titres d'aucun prince de la terre , et quil ne relève que de Dieu seul.
C'est alors que les boyards russes perdent l'antique droit de passer de son service à celui des autres princes encore apanages. Et quel boyard , quel prince du sang russe , s'estimerait désormais assez grand pour ne pas s'humilier devant l'éclat éblouissant de cette majesté souveraine? Déjà tous viennent s'y confondre , s'y anéantir, s'houorant, tels que des grands de Byzance, d'entrer dans les rangs de sa domesticité. Aussi, y disparaissent-ils entièrement.