‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 122 sur 189 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

cription du despote de Tyr, n'a point approché de cette réalité.

Celui d'Alexandrowsky, dont la peur fait trembler tout son empire , dénonce au clergé et au peuple les crimes des grands pendant sa tutelle , les projets nouveaux que son égarement leur suppose contre sa vie et celle de son fils , et déclare enfin l'abandon que son cœur ulcéré fait d'un Etat rempli de tant de traîtres.

A celte lecture, le peuple, qu'en même temps l'astucieux despote a gagné par des flatteries . demeure consterné , éperdu ; il se croit abandonné : Qui désormais pourra le défendre? De leur côté , les prêlres , les grands , soit effroi que ce peuple leur inspire , soit esprit de servilité universelle , s'écrient : Que leur czar a sur eujc un droit de vie et de mort imprescriptible y qu'il les punisse donc à son gré; mais que l'Etat ne peut vii>re sans maître; quiwan est leur soui^erain légitime, celui que Dieu leur a donnée le chef de l'Eglise. Sans lui, qui conserverait la pureté de la religion ? qui sauverait des millions d'ames de la damnation éternelle? Et tous partent , tous vont lui porter leurs têtes; ils en frappent la terre à ses pieds ,

espérant le toucher de leurs gémissemens et le ramener par leurs prières.

Les lâches obtiennent ce malheur. Iwan repaient dans Moscou; mais, à son aspect, tous demeurent saisis d'étonnement. Leurs historiens peignent leur surprise. Un mois seul, disentils , s'ttait écoulé depuis l'absence d Iwan, et ils eurent peine a le reconnaître. Son corps grand et 7'obuste, sa large poitrine, ses épaules hautes , s'étaient ajjaissés; sa tête, qu'ombrageaient d'épais cheveux, était devenue cliauve; les restes rares et parsemés d'une barbe qui, naguère. J'ai sait i ornement de son visage, le dejigurent. Ses yeux sont éteints; et ses traits y empreints d'une férocité dévorante^ sont déformés.

Les actes de son esprit répondent à ce désordre de son extérieur. iVon content de se composer un service domestique, une cour et une garde toute nouvelle , il abandonne le palais de ses pères pour se construire, dans Moscou même , une autre forteresse ; puis il chasse tous les habitons des rues adjacentes, pour y placer ses satellites. Bientôt, il donnera à ceux-ci les douze mille propriétés les plus voisines de sa

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