‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 123 sur 189 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

capitale, en en dépouillant, au milieu de Thiver, les anciens possesseurs. Inquiet encore après tant de précautions , la crainte de Dieu , jointe à celle des hommes , car le monstre a toutes les peurs, lui fera fuir Moscou, et il retournera dans Ale.xandrowsky se faire moine avec trois cents de ses sicaires.

En même temps , il abandonne aux boyards tremblans , l'administration de l'empire ; il les nomme , par dérision , boyards de la commune, ne gardant que la puissance militaire , celle qui frappe. Et pourtant sa pusillanimité, qr^ s'étend à tout, couvre de honte les drapeaux russes, jusque-là vainqueurs des Tatars et des Turcs. Dans cette troisième partie de son règne , Moscou et plusieurs centaines de milliers de Moscovites sont encore brûlés par les ïatars.

L'insensé qui a dit aux Russes : Je suis votre Dieu comme Dieu est le mien; dont le trône, comme celui du Tout-Puissant , est environné d'archanges ailés , et qui fait marcher des armées de trois cent mille hommes et de deux cents canons contre ses ennemis , tremble aux menaces du kh^n de Crimée. Une incursion de Sibériens l'effraie ; il ne se rassure qu'en appre I. 11

nant qu'Yermack , un brigand , et six cents cosaques ses complices , soldés par un marchand , et fuyant la rigueur des lois russes , ont suffi pour soumettre à ses lois ce nouvel empire '.

Mais c'est surtout la colère de Battori qui l'épouvante ; il envoie porter à ce prince ses lâches soumissions , ses supplications abjectes ; il s'offre même , dans ses ambassadeurs , aux injures et aux coups dont il plairait à ce roi de Pologne de déshonorer la Russie et son czar.

Cependant , la Suède a enlevé l'Esthonie à ce vil tyi^.î, tandis que Battori lui arrache la Livonie. Dès i556, ces provinces, près d'être conquises par l'habileté d'Adascheff , s'étaient réfugiées, l'une sous le sceptre suédois, l'autre dans les bras de Sigismond- Auguste de Pologne ; et Rettler , dernier grand-maître des chevaliers

» Cet Yermack montra, tout vivant, en lui le rapprochement qu'on a fait tant de fois du conquérant et du malfaiteur. Cosaque méprise, détestable chef de brigands, tant que sou génie fut restreint dans sa patrie, et conquérant admiré, des qu'il fut libr? d'étonner les hommes en accomplissant audehors et en grand, les mêmes actions qui l'avaient avili, quand il les avait commises au-dedans et en détail.

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