‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 133 sur 189 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

corps , à cause de cette union intime du corps et de l'ame , qui est la \'ie. Or, quel sentiment demande à l'ame plus de sensibilité, de susceptibilité, d'irritabilité, que l'indépendance ? C'est pourquoi un climat tempéré veut, engénéral, un gouvernement tempéré. N'est-ce pas dansnoscliniats tempérés, où cette irritabilité morale et physique se trouve le plus également balancée, que la liberté s'est établie et maintenue le plus long-temps ? En Afrique et dans l'Inde , où un climat extrême produit les mêmes effets physiques qu'en Russie, on retrouvera la servitude.

Et puis , si Rurick-le-Grand n'avait pas été despote , de ce despotisme militaire qui suit la conquête , les Grecs et surtout les Tatars , auraient bien appris à ses successeurs à le devenir. C'est pourquoi l'ascendant militaire des chefs varègues , qui n'avait pas pu se naturaliser à Novgorod, s'établit sans obstacle dans le Sud, que l'oppression asiatique avait préparé au gouvernement militaire, qui descendait du Nord.

A toutes ces causes favorables au despotisme , les Grands-princes de Moscou joignirent leur machiavélisme.

Mais dans cette histoire de l'esclavage , quelques traits de la figure morale de ce peuple à cette époque deviennent nécessaires.

Après ce qui a été dit , on s'étonnera peu que les Piusses d'alors fussent enclins à la dissimulation. Ils y avaient été portés par un long esclavage , par l'habitude de cacher leur gain , pour qu'il ne leur fût pas enlevé par leurs maîtres.

Ils étaient intéressés et fraudeurs, parce qu'ils étaient pauvres , parce que la plupart avaient à racheter leur Hberté , et que tous les moyens leur paraissaient bons pour se procurer de quoi faire l'acquisition d'un droit si naturel.

Les prêtres , seuls instituteurs d'alors , étaient trop grossiers pour inspirer de la moralité. Le peuple ne recevait donc aucune éducation , pas même celle de l'exemple ; car les nobles, de tout temps celui des peuples , étant environnés d'esclaves dès leur berceau , ne se trouvaient guère plus civilisés que le reste.

Pour se faire une .Jée de l'ignorance des Russes sous Iwan IV, il .aut les voir se persuader, parce qu'on venait, dans le seizième siècle, chercher leurs blés . leurs bois . leur chanvre et

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