‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 14 sur 189 · CHAPITRE m. ai · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. ai

qui sort à peu près seule du milieu de ces ténèbres.

K En ce temps-là, dit-elle (c'était au neuvième « siècle), un esprit d'indépendance agitait la )» grande ville ; Novgorod y perdit sa supréma- » tie ; l'empire, son ensemble. Les Varègues )) russes descendirent du nord avec la guerre , » et la grande ville, vaincue, fut tributaire.

)) Alors le désordre fut grand ; mais les peuples » battus par les Ugriens, affaiblis par la conta- » gion , opprimés par les Varègues , vinrent à » Gostomïelz, descendant de leurs anciens chefs, » pour qu'il les commandât. La guerre fut heu- 3» reuse aux Slaves ; le prince varègue épousa » Umila , fille de Gostomïelz , il l'emmena en » Finlande; elle fut la mère du grand Rurick.

» Gostomïelz fut un chef sage ; sa réputation » attirait, des contrées les plus éloignées, une » foule de princes qui venaient , par terre et )> par mer , demander ses conseils et s'instruire » près de lui. Le temps vint qu'il assembla les )) anciens des nations ; ceux des Slaves , des » Russes , Tchoudes , Mériens , Rrivitches , 3) Dragwischiens et Mouromiens , et qu'il leur » dit : Je ne vois point d'union entre vous ;

!• VOUS voulez vous gouverner vous-mêmes , î» mais ce sont vos passions qui vous gouver- )> nent ; la grande Novgorod pe'rira si vous ne » choisissez pas des princes dignes de vous )> conduire. Mes Croisais sont morts , et vous î> nauez de salut que dans mes neveux les prin- )i ces varègues , Rurick j Cinaf ' et Trouvor»

5> Il parla ainsi et mourut. Les principaux » citoyens , suivant ses conseils , allèrent vers i> les trois pi'inces varègues. Notre pays est » grand et fertile , dirent-ils . mais il est sans M ordre ; venez le gouverner d'après nos lois.

» Les princes hésitèrent , car ils connaissaient ;» l'orgueil et le dérèglement de Novgorod. )> Ils s'établirent cependant à Ladoga , Bielozero et Isbork ; ce ne fut que trois ans après , en 864 seulement , et depuis la mort de ses deux frères, que Rurick vint s'établir à Novgorod.

On a cru devoir laisser au récit qu'on vient de lire , sa couleur primitive ; il est cité par les uns . et décrédité , dans plusieurs de ses parties, par les autres. Ce qui est sûr, c'est qu'alors Novgorod était si puissante qu'on disait d'elle :

1 Ou Sincous.

Page 1