CHAPITRE Ml. Siy
Mais cette suprématie durera peu ; c'est une dernière lueur que jetera de ce côté le génie de la Pologne. Bientôt son flambeau pâlira devant l'éclat des armes d'Alexis , et, cinquante ans plus tard , il passera aux mains de Pierre-le Grand , pour s'éteindre , avant la fin du même siècle, dans celles de Catherine II.
Ainsi , la Pologne a long-temps l'avantage sur la Russie ; mais malgré ses grands hommes , malgré la généreuse et fière élévation de son génie national , et son audacieuse et héroïque valeur , c'est une supériorité accidentelle , dont la plupart des causes sont hors d'elle ; qu'elle ne tire pas de sa politique , de la nature de son gouvernement ; qu'elle ne doit pas à sa position géographique. Elle la doit aux querelles intestines des Russes , à l'écrasement de ces rivaux par les Tatars ; comme encore au bonheur de sa propre réunion à la Lithuanie , qui , bien plus qu'elle, avait profité des malheurs de la Russie.
Du reste , tout en elle a été contre elle ; sa position géographique , qui l'a obligée de faire face de toutes parts, quand la R.ussie , adossée aux glaces du Noid, y était inaUaquabl ; sa
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religion latine , qui déconsidéra sa dynastie , en la mettant aux pieds de ses prêtres, tandis que les Rurick puisèrent dans leur culte grec leur droit divin ; enfin , jusqu'à cette longue rareté de princes du sang de Piast , quoique d'abord elle eut donné à la Pologne la supériorité sur la Russie , divisée plus tôt qu'elle en apanages.
Car chez les Russes, l'éternelle querelle du pouvoir s'étant d'abord et exclusivement établie entre princes du même sang , y dut être encore moins funeste à la dynastie régnante et à l'esprit monarchique qu'en Pologne , ou , à défaut de cette multiplicité de princes de la famille régnante , celte grande et inévitable querelle s'éleva entre le roi et ses nobles
Ajoutez les prétentions de ceux-ci, qu'excitaient, ou leur contact avec cette fière aristocratie allemande , de nos jours encore souveraine ; ou peut-être, l'origine évidemment élective de leur première race, qui dans ce cas, fut moins respectée en ce qu'elle avait de plus respectable.
Remarquons, surtout . l'abaissement devant leurs évêques, de ces rois déjà vaincus, dès io35, par leurs nobles. Ils succombèrent encore , et