‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 155 sur 189 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

perdirent jusqu'à leur titre , en 1080 , devant l'alliance de cette aristocratie guerrière avec l'aristocratie religieuse des évêques polonais , armés des foudres de Rome.

Viennent alors les partages de la Pologne quand, vers logy et ii3o ou 38, ses princes du sang s'étant enfin multipliés comme enRussie, prétendent à des apanages. L'autorité royale en est encore affaiblie; la noblesse devient le seul point d'appui des princes du sang dans leurs querelles ; son importance s'en accroît si bien , que vers la fin du douzième siècle ( 1 1^3 ), souveraine arbitre de ses princes , elle dépose Miciezlas, et veut rendre la couronne élective.

Ainsi , pour une anarchie de princes qui dévore la Russie , trois anarchies , de princes , de nobles et de prêtres , désolent la Pologne. Ces germes d'autocratie d'une part, et d'anarchie de l'autre , une fois établis , le temps et les accidens qu'il amène , les développent. Vers la fin du quatorzième siècle , quand , en Russie , le pouvoir qui n'est point sorti de la grande famille de Rurick , se fixe dans l'une de ses branches, pour s'y concentrer et s'y accroître de plus en plus , pendant encore deux siècles de

longévité, la dynastie des Piast meurt en Pologne ( iS'jo).

C'est alors que la noblesse polonaise , déjà si fîère et si inquiète devant ses souverains indigènes , se choisit ou accepte un roi étranger et ennemi. Ce fait la conduit naturellement à se constituer en autorité surveillante de la sienne, et à lui imposer des conditions que déjà l'on pourrait appeler une charte ; mais comme cette aristocratie n'a de force que dans des assemblées, où le plus grand nombre décide , les grands y seront contraints de se mêler dans cette foule, et de partager avec elle cette puissance qu'ils ont arrachée à leurs rois.

Vainement, en i385, un mariage de leur princesse avec Jagellon, réunira laLithaanieà leur empire ; cette jalousie de pouvoir , cettepassion d'indépendance individuelle, tiendra tout en fermentation intérieure et comme en dissolution.

C'est ainsi , qu'en suivant la marche du pouvoir dans ces deux empires, on le voit, dans l'un, se débattre dans une famille royale, mais sans en sortir, jusqu'à ce qu'il s'y concentre et devienne formidable ; tandis que, dans l'autre,

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