‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 28 sur 189 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qu'avait pratiquée son aïeule Olga , et que vint lui prêcher un philosophe de Byzance , fixe son attention ; il rassemble son conseil , prend l'avis de ses Boyards, des anciens du peuple, et en envoie dix examiner au loin ces rehgions jusque dans leurs temples.

Jusque-là , malgré leur Beli-Bog et leur Tcherno-Bog ( dieu blanc et dieu noir ) , et ce qu'ils avaient dû recueillir des zélateurs de Zoroastre et d'Odin , on assure que les Slaves n'avaient pas même songé à l'existence et à la lutte perpétuelle d'un bon et d'un mauvais principe ; ces païens, avec d'autres dénominations, avaient une mythologie semblable à toutes les autres ; c'est-à-dire qu'ils avaient divinisé leurs passions , jusqu'à leurs goûts et tous les principaux objets de leurs craintes et de leurs espérances.

Cependant, les envoyés du Grand-prince, hommes simples , partent et reviennent ; ils n'ont aperçu le mahomélisme et le catholicisme que dans des provinces pauvres et barbares, tandis qu'ils ont vu la rehgion grecque dans sa magnifique métropole , et parée de toutes ses pompes : ils n'ont point hésité. Aussitôt Vladimir convaincu , est allé conquérir des prêtres I. 5

et des reliques dans Cherson ; puis, par ses menaces , il arrache à Tempire grec une princesse, qu'il épouse en se faisant chrétien.-

Quant à ses divinités païennes , tyrannisant le ciel comme la terre , celles qu'il venait de faire toutes d'or et d'engraisser du sang chrétien, il les dépouille en faveur du Christ, comme des favorites disgraciées : il les fait ti'aîner au supplice à la queue de ses chevaux ; elles sont chargées de coups par ses gardes , et précipitées dans le Dnieper.

Le prince qui traite ainsi les dieux de la Russie, n'en ménagera pas plus les hommes; il leur a ordonné de devenir chrétiens à tel jour, à telle heure : il commande , et des peuples entiers sont poussés comme des troupeaux , et réunis sur le bord des fleuves , pour y recevoir le baptême grec. Une foule succède à une autre foule ; chacune d'elles y reçoit en masse le nom d'un saint. Ensuite il outre les vertus chrétiennes , comme il a outi'é les vices du paganisme ; il dissipe les revenus de l'Etat en aumônes - en fondations pieuses , en repas publics, par imitation des agapes des premiers chrétiens. Il n'ose plus verser ni le sang des crimi-

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