‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 29 sur 189 · CHAPITRE VII. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 5l

nels, ni même celui des ennemis de la patrie.

Toutefois , on le fait bientôt revenir de cette exagération ; alors enfin , il fonde des villes dans lesquelles il transplante ses sauvages sujets. Il établit des écoles où il fait traîner les en fans des principaux Russes : car son pouvoir paraît sans bornes.

Ce colosse informe méritait une page d'histoire , puisque la Russie lui doit une religion toute spirituelle , ses premiers germes d'instruction et de civilisation , et sa plus grande gloire gothique.

Mais il gâta tout par le partage de l'empire entre sesenfans. laroslaf, l'un d'eux , lui refusa le tribut de sa principauté. Sa révolte le fît mourir de douleur ; elle le punit de cette division de l'empire en apanages.

Cette faute est répétée si obstinément depuis ce Grand-prince , qu'il en faut chercher la cause dans les mœurs des temps et dans la nécessité des circonstances , plus encore que dans l'imprévoyance de tels hommes.

Ces partages étaient indispensables. On donnait une ville à un prince pour satisfaire à telle partie de sa subsistance ; une autre ville pour

telle autre partie de sa dépense : il n'y avait pas d'autre raoyen d'y subvenir.

Et puis , les chefs de guerre , tels que Rogvûlod de Polotsk , Sweneld , et ces ducs dont il est question dans les premiers traités avec Byzance , ayant des fîefs ou des gouvernemens , il n'était pas naturel que les princes du sang en fussent dépourvus. Il y aurait même eu plus de danger à laisser de si grandes et de si lointaines portions du pouvoir , entre les mains d'hommes qui eussent été étrangers à la dynastie.

On peut croire, à ce propos , que le massacre de la famille de Rogvolod par Vladimir , et la brutalité que ce prince mit à forcer la seule héritière qui en restât , à l'épouser, vinrent de ce que cette famille , alliée seulement aux Rurick , s'était déjà fait de Polotsk un fief inamovible.

D'ailleurs , qu'aurait-on pu faire des princes du sang russe? Les forcer de vivre à la cour et aux frais du Grand-prince , sans commandement, et <:omme de premiers sujets! JNIais ceci était alors contraire à la nature des choses , et n'est praticable que lorsqu'une longue expérience et une civilisation avancée ont fait prévaloir les intérêts généraux. Enfermer ces prin-

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