‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 34 sur 189 · CHAPITRE VIII. 6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 6l

Ses deux premières lois , selon Leclerc, ou , selon Karamsin , la première seulement , ne règlent la vindicte des lois qu'à défaut de la vengeance privée. La loi ne venait donc au secours que du faible; le fort se faisait justice luimême. Les parens d'un homme tué avaient seuls droit de vengeance. Cette loi ne règle même pas les combats judiciaires ; c'était être non seulement barbare, mais même sauvage.

Cette même loi distingue plusieurs classes. S'il n'existe pas de vengeurs , dit-elle, le meurtrier paiera au trésor de l'État la double amende ( ou quatre-vingts grivnes) pour le meurtre d'un Boyard ou d'un Thioun du prince ; quarante grivnes pour le meurtre d'un Russe libre , Varègue ou Slave , d'un homme d'épée ou de plume , d'un laboureur, d un marchand , national ou étranger, et peut-être aussi pour le meurtre d'un homme à gages; car ceux-là mêmes étaient encore libres ^.

La vie d'une femme n'était évaluée qu'à la

I Le dernier paragraphe du troisième article, selon Karamsin, parait le prouver, et aussi la composition pour le meurtre d'une servante, qui est de dix huit grivnes, dont douze pour l'État.

moitié de celle d'un homme' ; loi brutale , et bien digne de ce temps de barbarie, où la force était surtout respectée.

On ne devait rien au trésor pour le meurtre d'un esclave ; il fallait seulement en payer le prix à son maître , s'il avait été tué sans des motifs sufiisans, c'est-à-dire sans que cet esclave eût insulté un homme libre.

Ce prix est évalué selon les fonctions de l'esclave. Un artisan, un pédagogue, une nourrice , un chef de village, préposé par le prince ou par un Boyard , ne valaient que douze grivnes (voyez la première loi ) , comme l'honneur insulté d'un citoyen 'voyez la troisième), comme la mort d'une pièce de bétail (voyez , d'après Raramsin , la septième). D'autres encore n'étaient évalués que six et même cinq grivnes. Ces malheureux n'étaient pas libres , ce que prouvent les testamens de plusieurs princes , puisqu'à leur mort , ils en affranchissaient un grand nombre , qui ne pouvaient guère profiter de leur liberté que pour se revendre.

I V. dans Karamsin , le troisième paragraphe de l'art, premier.

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