CHAPITRE Mil
Étaient esclaves à perpétuité, ainsi que leur postérité , tout prisonnier de guerre et tout homme vendu par des étrangers ; esclave à terme, tout homme qui se vendait , tout débiteur insolvable, tout homme libre qui épousait sans conditions une esclave, tout serviteur sans engagemens , tout serviteur à gages qui manquait à son contrat , enfin tous les faibles qui se faisaient esclaves des forts pour vivre et pour en être protégés.
Qu'on juge de la rapidité avec laquelle devait s'étendre cette peste de l'esclavage, en voyant, d'une part, le débiteur devenir esclave, et, de l'autre, l'intérêt légal de l'argent être de quarante pour cent.
La deuxième loi ^ rend le district garant de la sûreté publique sur son territoire, quand il ne peut livrer au prince le meurtrier, sa femme et ses enfans : loi alors utile , mais qui semble amener cette observation , que plus la civilisation s'étend , plus dans sa justice elle individualise , et que plus la barbarie existe , et plus sa
1 D'Iaroslaf suivant Karamsin , et dlsiaslaf son fils suivanl Lcclerc.
justice est forcée d'augmenter les responsabilités collectives.
La troisième loi ' estime la perte d'un membre presque autant que celle de la vie. Cela est d'un peuple guerrier et chasseur. Elle met quatre fois plus de valeur à la perte d'une mèche de barbe qu'à celle d'un doigt. Ceci rappelle l'importance que les Goths et les Germains attachaient à leur chevelure , et peut servir à prouver une même origine ; comme aussi la punition du vol d'un cheval, par la perte de la liberté ; loi saxonne. Il existait encore une autre loi toute jutlandaise, fond et forme , contre l'usage d'un cheval sans la permission de son propriétaire. Ajoutons que nos épreuves par l'eau bouillante et le fer chaud se retrouvent encore dans ce code =".
» Suivant l'ordre que leur donne Karamsin.
2 V. Ewers , das àlteste Recht der Russen, où il prouve la ressemblance de l'ancien droit russe avec celui des Germains, f^. Struwe , Discours à l'Académie des Sciences , en 1706, quoique réfuté récemment en Russie [Ann. patriot.j 1826, janv.), mais sans qu'on ait pu expliquer autrement la singulière conformité des lois russes et Scandinaves , qu'en leur donnant une origine commune et germanique.