‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 43 sur 189 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Russes dans Constantinople ; les expéditions plusieurs fois heureuses des Grands-princes vers ce centre de civilisation ; la position de Cherson , que, sous quelques rapports, on pourrait comparer à celle de Marseille ; c'étaient là des causes de perfectionnement. Ajoutez -y le voyage d'Olga à Constantinople et sa conversion ; ces nombreuses fondations de villes et d'écoles par Vladimir et laroslaf; les lois de celui-ci, la grande quantité de prêtres et d'artistes grecs de tous genres , que tous deux attirèrent en Russie ; les soixante-dix années de durée de leurs règnes , et de leur ardeur à civiliser leurs peuples ; enfin , les esclaves qu'on ramenait des expéditions , qui repeuplaient le pays , ou qui l'éclai raient quand ils étaient Grecs ; tout cela , sans doute, devait avoir contribué à l'instruction des Russes , et commencé à les rendre supérieurs à leurs voisins.

On peut en juger par ce que les contemporains^ ont dit de cette Kief, appelée par eux la

ï V. Karamsin, et Dittmar (celui de Merscbourg , qui mourut en 1018), et plus tard Plan Carpin luimême, admirant la perfection du travail du riche Irôuc des Khans, ouvrage des orfèvres russes.

Capoue , la Constantinople du Nord , et de cette grande muraille de briques qui l'entourait, de sa porte dorée comme celle de Byzance, de ses quatre cents églises , de son luxe , des riches vêlemens qu'on y voyait briller , de ses bains d'étuve, de la mollesse de ses mœurs, corruptrices de l'armée polonaise; enfin, de ses repas somptueux , où concouraient les vins des Grecs, leur argenterie , et jusqu'aux productions des Indes. Sans doute aussi la longue possession depuis Oleg avait adouci les mœurs , formé des liens et consacré quelques devoirs.

Mais la barbarie , renouvelée par des guerres continuelles , étouffait ces germes de civilisation.

Pour concevoir les difficultés de cet empire , qu'on se figure la capitale de ces Grands-princes, au milieu de déserts où se perdaient devant eux des hordes inconnues , pour en ressortir sans cesse en soudaines irruptions. Voyez -les environnés de baibares , tout barbares eux-mêmes , et régnant sur des barbares dont peu de lois, de villes et de propriétés leur répondaient; enfin , dans l'impossibilité de gouverner des provinces si lointaines , sans les parcourir six mois par an à la tête d'une armée , ou sans en confier

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